RC 77. Squats, Friches culturelles, Zads, Ronds-Points : la VIE renaît.

Les vies broyées par le profit sans entrave,« La Modernité », sortent de leur isolement. Sur les Ronds-Points, il faut un peu de temps pour que les gens s'instruisent les uns les autres, se politisent au sens noble du mot. Signe avant-coureur d'une crise mondiale de civilisation

 

Les vies broyées par « La Modernité » du profit mondialisé et sans entrave, sortent de leur isolement.

Parler pendant des heures sur les ronds-points en plein hiver, apprendre, échanger, jouir de la présence des autres autour d'un feu, retrouver la joie d'être ensemble, enfin libéré des contraintes de la matière, de la technologie, de l'argent, du pouvoir, du chiffre en général.

C'est cela qui signe cet événement et c'est sa véritable revendication.

C'est en cela, loin du prix du diesel, qu'il est le signe avant-coureur d'une crise mondiale de civilisation.

Comme Watts fut le signe avant-coureur de 68.

 

Composés d'une grande majorité de prolétaires, ces regroupements ne ferment pas la porte aux intellectuels. Les idées les plus inutiles, les plus obtuses, les plus superficielles, sont exprimées, mais elle ne tardent pas à être critiquées et peu à peu abandonnées.

Il faut un peu de temps pour que les gens s'instruisent les uns les autres, se politisent au sens noble du mot.

 

En échappant aux cases idéologiques dans lesquelles un système de pensée biaisé les enfermait. C'est pourquoi les installations des ronds-points sont vite évacuées par la police. C'est pourquoi il faut faire très mal, faire peur, décourager une fois pour toutes.

 

La voie ouverte par ces mouvements est celle d'une prise de conscience générale d'un système qui broie l’être humain, dans laquelle se trouvent immédiatement liées les questions environnementales, politiques, culturelles et simplement humaines.

 

Effondrement moral et idéologique des pays dominateurs qui sont aussi des puissances policière et militaires de mort, dirigées par des fantoches cruels.

L’humanité broyée, dispersée sur les routes de l’exil et les mille souffrances endurées sur tous les continents aggravées par la haine raciale et par le machisme, (1)

font renaître partout les fraternités et la Vie.

 

(1) Lire l'article du 7janvier de Mathilde Mathieu "Périple de jeunes Guinéens qui réclament protection".

Pour composer ce billet, j'ai pris des phrases de Nicolas Roméas dans son magnifique billet à lire en entier. Et j'ai mondialisé le propos. A suivre aussi la revue L'Insatiable.         https://blogs.mediapart.fr/nicolas-romeas/blog/210119/gilets-jaunes-et-noirs-de-watts-debord-et-nous-0

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.