78. Démocratie

Palabres interminables sur la démocratie, comme s'il s'agissait d'un objet idéal observable. L'enjeu réside, pour les tenants du pouvoir à la réduire au droit de parler sans atteindre sa capacité de décision.Citoyens ? ou assujettis ? Refus de voir les démunis. Refus de voir les blessés de la répression. Refus de voir les conditions encore imposées aux ex-colonies.

Instances de notre démocratie telle qu'issue de la Liberation, partis et groupes politiques, groupements d'intérêt, organismes de recherche et d'expression universitaire, médias, moyens de communication, expression collective...

Tout ce qui constitue la vie du pays est pas à pas sanctionné sur le critère "Ne pas atteindre la capacité de décision du pouvoir en place", pouvoir de la finance délocalisée,  pouvoir de la classe dominante et de son organe élu selon la loi électorale. Or ce pouvoir composite s'affirme transnational, incapable de penser un avenir pour chaque peuple, non plus que pour la planète.  A la politique, penser l'avenir d'un pays, d'une région, il substitue le primat du profit immédiat à tout prix.

La fonction du pouvoir néolibéral élu est de berner la masse, violenter ceux qui réagissent, et financer les forces de répression..., "au nom de la démocratie", dévoyée en droit absolu unilatéral du gouvernant ! La démocratie est retournée comme un gant. les citoyens libres et égaux sont réduits à assujettis niés dans leur être et dans leur créativité par une gestion automatisée de masse. Le Parlement et ses débats sont déplacés sur le critère absolu du meilleur profit pour les "investisseurs", mot abusivement plaqué sur des vagabondages spéculatifs. Le capitalisme mondialisé se structure spontanément en groupements mafieux appuyés sur la masse des soustraitants, utilise la force des Etats pour ses affrontements internes.

Le mouvement Gilets Jaunes est historique :  les effacés, ceux qu'on veut ignorer avec les conditions qui leur sont imposés.  surgissent dans l'espace public.

Trouble à l'ordre public : la police tire et mutile.

Des tribunaux emprisonnent.

 

La nouvelle loi restreignant le droit constitutionnel de manifester proclame interdit ce qui n'est pas autorisé, et la police a carte blanche pour " rétablir l'ordre".

Cependant le droit de penser et de parler est aussi menacé.

La police peut décider et sanctionner une prétendue  intention de participer à une manifestation avec destructions. Les interpellés présumés manifestants sont fichés S Sûreté de l'Etat. Comme l'ont constaté des lycéens Arrago, même ceux contre qui rien n'avait été retenu le 22 mai 2018.

L'information sur les tortures massives en Algérie était poursuivie pour atteinte au moral des armées. Actuellement, ce sont les multinationales d'Internet qui sont chargées de repérer et même censurer les contenus. Les critiquées est aussi assimilé à atteinte à l'ordre public.

A l'Université la censure passe par la contrainte à appeler des financements privés. Par hasard,viennent ceux que les recherches et publications pourraient gêner. 

Police et armée sont sur le pied de guerre contre

le peuple qui dans l'hexagone et dans les (ex)-colonies combat précarisation, destruction de la nature et censure. 

Démocratie et politique se trouvent congédiées :  Le grand débat opposé aux manifs nie les effacés, exige des propositions qui seront manipulées dévoyées à nos dépens.

 

Les combats conduits à égalité de tous les spoliés restent à inventer. Notamment pour agir collectivement aux niveaux dont nous avons la maîtrise : le village, le quartier, la Cité.

 

 

Lire "Je suis un émeutier".  https://blogs.mediapart.fr/macko-dragan/blog/240319/je-suis-un-emeutier

 

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