Billet de blog 25 juil. 2014

17. Identité. Intégration. Communautarisme

Identité. Intégration. Communautarisme. Ces mots ont tous plusieurs significations contradictoires. De Sarkozy à Valls, les ministres de l’Intérieur, ont abusé de ces termes pour s’efforcer de dresser la population contre les Roms, contre les musulmans, contre les jeunes à capuche, contre les blacks, etc. Mais cela ne marche qu’auprès d’une frange déjà sous influence.

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Identité. Intégration. Communautarisme. Ces mots ont tous plusieurs significations contradictoires. De Sarkozy à Valls, les ministres de l’Intérieur, ont abusé de ces termes pour s’efforcer de dresser la population contre les Roms, contre les musulmans, contre les jeunes à capuche, contre les blacks, etc. Mais cela ne marche qu’auprès d’une frange déjà sous influence. Le néolibéralisme (1% de profiteurs directs) puise dans l’arsenal de l’extrême-droite pour fractionner le peuple qu’il a en face de lui.

  1. Une « identité nationale ancrée sur des racines chrétiennes », ça n’existe que dans l’imagerie d’extrême-droite. Depuisla Renaissance, la connaissance, la science, les techniques, la médecine, la sociologie, l’Histoire, … ne se sont développées qu’en proclamant qu’il n’est point besoin d’un dieu pour expliquer la nature, comprendre les évènements. Construite hors calculs sérieux et expérience solide, une cathédrale très pieuse s’écroule sur ses croyants !

L’apport d’autres religions, et l’apport des athées de toutes époques est largement le plus important.

 2.  « S’intégrer » au sens de se fondre, la contraainte à renoncer à sa culture d'origine, la contrainte de tout accepter, de devenir transparent sert à démarquer les étrangers, les ennemis de l’intérieur potentiels. Sarkozy et Valls se sont donnés en exemple… et nous ont livrés aux appétits de la finance !

 3.  L’imagerie d’extrême-droite désigne des « communautés » et leur attribue un marqueur identitaire : le même regard réducteur et utilitaire ou méprisant qu’avait le colon sur chacune des ethnies autochtones. Aujourd’hui cela se constate dans les discriminations à l’emploi : les Noirs au gardiennage ou au bitume, les Asiatiques aux cyanures, les Yougoslaves à l’étanchéité, les Turcs aux moellons ou à la confection, les Antillaises comme aides-soignantes, etc…, les Roms comme mendiants, les musulmans au djihad que les services secrets sont incapables de repérer, mais les a comptés cependant par plusieurs centaines, juré, craché. Tremblez braves gens !

Le marquage de terrorisme a été entrepris sur toute une partie de notre jeunesse déjà fortement discriminée. Une intox incessante.C’est là une fabrique de sous-hommes, dont l’humanité est même niée comme le montre l’affaire de la candidate du FN qui vient d’être condamnée par un tribunal dela République.

 A tout cela s’opposent les principes de notre république : Egalité de tous en droit ! Fraternité ! Liberté (droits individuels et collectifs) !

 5.  Des groupes « identitaires » ?

*  Des religions qui re-lient des personnes et des collectifs dans le « vivre ensemble », doivent être respectées bien évidemment..

Il en va autrement de sectes, de « religions » dégradées et instrumentalisées par l’extrême-droite pour asservir. Ce sont les populations musulmanes qui souffrent le plus des fondamentalistes fous de dieu, qui prétendent leur imposer des schémas de vie archaïques. Les religieux des trois religions monothéistes s’unissent sur un schéma de famille qui fige la soumission des femmes dans des rôles sociaux que la société civile a largement dépassés.

*  Lorsqu’un collectif développe des pratiques culturelles nouvelles non hostiles, cela enrichit toute la société. Les peintres de Barbizon ont eu bien raison de se grouper pour travailler ensemble…pendant un temps. Emmanuelle Laborit voit se développer une culture particulière autour du langage des signes.  Dans les années 60, les psychiatres et soignants de Laborde ont collectivement créé une nouvelle psychiatrie, ouverte.  Bravo. Ce n’est pas du communautarisme replié sur lui-même. Toute la société en profitera !

 6.  Quelle identité personnelle ?

* Sauf ceux qui se vouent à une pensée unique,

* Chacun de nous s’est construit une personnalité et une identité spécifique, complexe. Celle-ci s’enrichit sans fin de toutes les expériences, de rencontres et de toutes les découvertes que chacun fait. De la même façon, chacun invente sa propre façon de se vivre homme, femme, (ou intermédiaire). Chacun a son originalité unique.

Et notre capacité à vivre ensemble se déploie ! C’est ainsi que s’opère l’intégration que nous appelons Fraternité, dans le respect de la diversité de chacun et dans une réelle Egalité de droit.

7.  Un fort sentiment national en France s’est soudé à travers les combats que le peuple mène depuisla Révolution,la Commune, la lutte contre l’antisémitisme autour de l’affaire Dreyfus, les luttes ouvrières et le Front Populaire,la Résistance et les luttes contre le colonialisme, Mai-juin 68. Et aujourd’hui, le soutien au peuple palestinien. Tous ces combats ont uni toutes les nationalités présentes constitutives de notre peuple, dans sa fraternité.

L’identité de droite-extrême-droite s’enracine dans la nostalgie de l’Ancien Régime et des « grands personnages » mythifiés, et la nostalgie de la domination coloniale. Une constante volonté de revanche, jusqu’à s’acoquiner avec l’occupant nazi pour dominer les peuples de France et des colonies.Et aujourd’hui, la classe politique au pouvoir (PS comme UMP hier) épouse la finance néolibérale, et simultanément, manigance de faire passer toute une partie de notre jeunesse, mais aussi toute forme de contestation comme potentiellement terroristes.

 On constate de multiples convergences entre les réformes du néolibéralisme et les idées du fascisme. Par exemple, haine de la démocratie et mépris des valeurs de la république, mépris du peuple (la racaille)

 Ainsi, notre long passé de royaume centralisé a gravé dans les habitudes de notre pays une opposition binaire (exploiteurs et chiens de garde) / peuple.   (Cela ne décrit pas les classes sociales, bien plus complexe.)

Cependant, la donne a changé :

Le néolibéralisme n’est pas un pouvoir centralisé. 

C’est un biotope, un écosystème non localisé, mondialisé, sans attache « nationale » qui baigne tous les pays, et qui s’enrichit de nos différences.

Nos «gouvernants » à Paris roulent dans un rail tracé par l’UE, et par les puissances financières. Ils doivent en plus accepter les injonctions de conclure des contrats de partenariat  PPP, imaginés par les industriels : autoroutes, TGV, palais, méga hôpitaux, métropoles, caméras à profusion, (qui tombent en panne quand c’est la police qui cogne), éthylotests et détecteurs de fumées, ronds-points à profusion ; sucres à gogo et traitement du diabète ; chimie dans les aliments et détection des cancers, etc…

Tout un fatras ruineux qui ne fait pas une politique publique. Seules les actions de police conservent un cadre national.

 Cela oblige à ne plus penser les luttes dans le seul cadre national, conduites par des organisations politiques ou syndicales centralisées face aux gouvernants, à Paris.

Mais à passer à des modes d’action et de regroupements plus souples, horizontaux, ouvrant de larges champs d’initiatives.

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