105. « démocratie » néolibérale trafiquée

La "démocratie" néolibérale est l’ensemble des techniques d'obtention de notre consentement forcé contre notre intérêt. Et carte blanche à la police (ou à l'armée) contre ceux qui ne sont pas d'accord, pour les punir et leur en faire passer l'envie.

La "démocratie" néolibérale est l’ensemble des techniques d'obtention de notre consentement forcé contre notre intérêt.

Et carte blanche à la police (ou à l'armée) contre ceux qui ne sont pas d'accord, pour les punir et leur en faire passer l'envie. 

Comment était la démocratie AVANT le néolibéralisme ?

Le pays a été mobilisé sur de grands projets nationaux tels que Ariane, Le Concorde, le TGV, le réseau d’autoroutes, l’accélérateur de particules du CERN, la Recherche contre les cancers et le sida, la Culture et l’enseignement pour tous jusqu’au Supérieur, des services publics qui assuraient les droits de tous (par exemple le prix du billet SNCF était fixé selon le seul kilométrage). Les gains de productivité étaient partiellement utilisés pour réduire le temps travaillé, fonder le droit du travail, mobiliser les pays sur ses savoirs et savoir-faire locaux.

La formule des « 30 glorieuses » masquait le prix payé par les peuples « coloniaux », ignorait les actions militaires contre leur Indépendance (sauf sur l’Algérie). Ignorait les accidents de travail et maladies professionnelles.

Le récit gouvernemental mobilisateur avait ce socle.

Et après 50 ans de néolibéralisme ?

Résultant des lourdes perturbations écologiques,la crise du COVID19 a révélé que les ministères ont abandonné les politiques qui organisaient les soins, l’emploi, les approvisionnements, … et tout ce qui faisait une politique pour le pays et sa population. Désormais les ministères y compris celui dit « du Travail », n’agissent que pour les marchés et pour le MEDEF. (1)

Ce qui nécessite une incompétence maximale et l'effacement des droits.

Les discours abondants du gouvernement répercutés en rase-motte par les commentateurs des médias mettent en œuvre les techniques d’obtention forcée de notre consentement contre notre intérêt. 

Notre servitude volontaire !

Il y a les tromperies, mais surtout de subtiles manipulations :

 La force du capitalisme, c’est de récupérer tous nos rêves, et toutes les idées qui passent, pour s’en nourrir et nous maintenir sous sa coupe, pour continuer à faire fonctionner son système de prédation et de répartition injuste des richesses.

L’idéologie libérale a isolé psychiquement les individus les uns des autres pour mieux les contrôler.

La force (et désormais la faiblesse) de l’idéologie néolibérale est d’avoir détruit la notion même de « social », d’en avoir vidé tout le sens profond, jusqu'à décrire les sociétés humaines comme « des individus en interaction »

Depuis que la pandémie a envahi nos vies, nous sommes dirigés par des « conseils d’experts ». Ce n’est plus le gouvernement qui prend les décisions, ce sont des médecins… Enfin, c’est ce qu’on nous dit, pour nous rassurer…  Ce n’est pas la science qui a changé, c’est son usage politique et idéologique.

On nous dit « vous êtes libres, autonomes et responsables », mais les neuf dixièmes de nos vies sont encastrées dans un environnement contraignants qui nous dicte nos comportements, nos pensées et même nos sentiments. (2)

Le processus d’engagement est un mécanisme mental particulier qui entraîne les personnes  à confirmer leurs premières décisions en en produisant d’autres, puis core d’autres allant dans le même sens (escalade d’engagements successifs) et ne pas réussir à dire stop, même quand les choses vont trop loin et finissent par coûter cher.

Ce sont là des processus psychiques dont on ne se rend pas compte, et qui marchent massivement sous des meneurs habiles. (3)

Maniée par des êtres sans foi ni loi, l’idéologie néolibérale, est un danger pour les êtres humains.

S'y ajoute l'ignominie d'individus ayant un brin de pouvoir et l'exploitent pour leurs satisfactions personnelles, sexuelles ou autres.

Et carte blanche à la police (ou à l'armée) contre ceux qui ne sont pas d'accord, pour les punir et leur en faire passer l'envie. 

Et plus globalement faire sentir à quiconque que « la police fait la loi », et qu’on tordra les faits et le droit pour leur impunité.

On l’a vu à l’œuvre contre les Gilets Jaunes et contre les ZAD qui ont expérimenté de nouvelles formes de démocratie, et refusé le Grand débat faussé de Macron piloté de façon à faire militer pour ses réformes. Le mouvement Gilets Jaunes contestait la légitimité d’un « pouvoir » voué aux intérêts des marchés.

Un pouvoir qu’il nous faut prendre, individuellement, sur notre environnement proche, biophysique et social, pour assurer les conditions de notre existence à court terme, 

Un pouvoir qu’il nous faut prendre, collectivement, pour assurer les conditions de notre avenir et celui de nos enfants.

Mettre fin au séparatisme de la caste supranationale

qui écrase notre pays.

 ¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨

(3) Un exemple  parmi des milliers :   L'industrie agrochimique est en train de passer en force pour continuer à commercialiser des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles en France…en dépit d'années de lutte des apiculteurs, des ONG, des citoyens, et de centaines d'études scientifiques qui alertent contre les effets destructeurs de ces pesticides sur les abeilles, les pollinisateurs sauvages et l'ensemble de la biodiversité… et malgré l'interdiction ferme et définitive de ces produits, démocratiquement votée par l'Assemblée nationale et le Sénat en 2016 ! D'ici quelques jours, le ministre de l'Agriculture va émettre une proposition de dérogation pour que les néonicotinoïdes puissent être utilisés sur le sol français pour trois années encore   https://action.pollinis.org/sign/stopneonics-aucune-derogation/?t=3&akid=4266%2E1468462%2ENBzmc4

Ou la complicité du gouvernement pour la fermeture de Bridgestone, après toutes les autres fermetures et suppression massive d'emplois.

(2) exemple actuel : la frénésie généralisée pour forcer notre consentement à livrer nos données personnelles aux appétits marchands et officines de renseignement de tout poil. 

(3) Lire les récents billets de Sylkfear dans cette édition, qui étudie minutieusement ces processus : série intitulée « Outils pour penser l’action » OPA. J’en donne ici quelques courts extraits. Mais ses billets sont à lire.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.