Rencontre avec des membres du comité executif de l'OLP

Comme beaucoup de nos interlocuteurs précédents, ces derniers nous ont confirmé l'importance de la présence d'étrangers dans les territoires palestiniens pour témoigner de la situation sur place . Chaque mois, ils reçoivent des groupes d'internationaux ou des délégations d'ONG afin d'échanger et d'informer . Ces visites sont indispensables à la compréhension de la situation locale et l'espoir des palestiniens réside notamment dans le développement de ces séjours d'internationaux dans les villes palestiniennes.

Une étude d'un psychologue allemand avait d'ailleurs révélé que ces visites dans les territoires occupés accentuaient et renforçaient la solidarité internationale à l'égard du peuple palestinien.

La solidarité avec le peuple palestinien est à dissocier des accusations d'antisémitismes

dont le gouvernement israélien use et abuse pour faire taire toute contestation de sa politique et de l'occupation en Cisjordanie. Soutenir le peuple palestinien dans sa lutte pour la création d'un État indépendant n'a rien à voir avec la haine de l’État d’Israël.

Ils abordent par la suite avec nous la situation politique actuelle. Aujourd'hui, toutes les négociations sont officiellement au point mort. En effet, l'Autorité Palestinienne refuse de reprendre toute négociation tant qu’Israël poursuivra la colonisation et tant que ne seront pas démantelées les colonies qui s'étalent un peu partout en Cisjordanie.

La veille même de notre entretien avec l'OLP, le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas avait interpellé le président russe Vladimir Poutine, lui demandant l'organisation d'une rencontre internationale à Moscou pour entamer des discussions avec la communauté internationale sur la résolution du conflit et le respect des accords d'Oslo datant de 1993. Israel refuse toujours le démantèlement des colonies.

Pourtant, le président Abbas avait fait une nouvelle proposition et cela contre l'avis de l'OLP : la reprise des négociations contre la libération des 167 prisonniers politiques palestiniens enfermés depuis plus de 20 ans dans les geôles israéliennes, ce qu’Israël a de nouveau refusé ; dans de telles conditions, il est très peu probable que des négociations reprennent, et cela ne semble d'ailleurs pas être l'objectif de l'Etat israélien ; tout dans ses prises de position pousse à croire qu'Israël ne cherche pas la résolution du « conflit », mais souhaite simplement gagner du temps pour ; premièrement étendre son projet de judaïsation de la Palestine, et secondement, faire de Jérusalem une ville Juive.

Au sein même du peuple palestinien, rien ne laisse présager un avenir plus serein : les divisions politiques risquent d'être fatales à la lutte pour l'Indépendance et à la création de l’État palestinien. Avant même la reprise des négociations avec Israël, l'objectif principal de l'OLP est l'union de l'ensemble du peuple palestinien autour d'un objectif commun.

Ces paroles nous renvoient aux propos d'Efraïm Davidi pour qui les mésententes entre palestiniens mettent en péril la possible création de l'Etat palestinien. Les tensions entre les 2 principaux partis politiques palestiniens, le Fatah et le Hamas, sont emblématiques des dissensions au sein du peuple palestinien. Selon l'OLP, le salut des Palestiniens viendra de la communauté internationale. Ils reviennent d'ailleurs sur la victoire de l'Autorité Palestinienne qui a obtenu la reconnaissance de la Palestine comme État à l'Unesco en 2011. Prochain objectif : obtenir la reconnaissance sur la scène internationale de la Palestine comme État membre à l'ONU.

En interne, l'OLP travaille à l'union des palestiniens. L'OLP rassemble d'ailleurs des factions palestiniennes et des stratégies différentes. Depuis 2007, ils tentent de trouver un accord entre le Fatah, parti numéro un en Cisjordanie, et le Hamas qui a remporté les élections dans la bande de Gaza. Un accord avait d'ailleurs été signé en 2011 au forceps entre les deux organisations. Cet accord prévoyait la création d'un gouvernement intérimaire d'union nationale, avec Mahmoud Abbas à sa tête, l'organisation des élections législatives et présidentielles, et la reconstruction de Gaza . Cet accord n'a pu être appliqué à cause de problème internes à la tête du Hamas. Malgré cela, l'OLP a décidé de passer outre et des élections se tiendront cet été dans la bande de Gaza ainsi qu'en Cisjordanie. La composition d'un gouvernement intérimaire devrait donc voir le jour après les élections.

Le printemps arabe à quelque peu chamboulé ces projets électoraux pour les mois à venir, la victoire des partis religieux notamment en Egypte ayant poussé certains responsables du Hamas a Gaza à remettre en cause l'organisation d'élections qu'ils jugent désormais inutiles.

L'OLP jugent indispensable, quant à eux, l'organisation d'élections, et ce, dès que possible.

Viennent ensuite les échanges autour des résolutions de l'ONU et de la communauté internationale.

L’OLP réaffirme  avec force que ces résolutions doivent être respectées par Israël, 20 ans après les accords d'Oslo.

Le respect des résolutions passe aujourd'hui par deux étapes : l'unité palestinienne au sein d'un comité national et l'implication de la communauté internationale, comme le président Abbas l'a demandé à Vladimir Poutine.

Cependant, la communauté internationale ne semble pas vouloir œuvrer concrètement pour la création de l'Etat Palestinien.

La position de l'Europe est problématique : d’abord parce que l'UE n'est pas une force politique homogène et elle doit composer avec les positions de 27 différents pays..

Ensuite parce que les pays européens ont tendance à calquer leur position sur celle des États-Unis, qui penchent invariablement en faveur d'Israël.

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.