Un débat sur l'éducation passionné?

Selon Luc Chatel, l’éducation devrait être « au cœur de débats passionnés » à l’approche des élections présidentielles. La publication d’ « un pacte contre l’échec scolaire » signé par nombre de personnalités et d’organisations du monde éducatif semble lui donner déjà raison…

Selon Luc Chatel, l’éducation devrait être « au cœur de débats passionnés » à l’approche des élections présidentielles. La publication d’ « un pacte contre l’échec scolaire » signé par nombre de personnalités et d’organisations du monde éducatif semble lui donner déjà raison…
Lors de ses vœux à la presse, Luc Chatel n’a pas manqué – en toute modestie – de se féliciter des réformes « structurelles » et « fondamentales » de l’Ecole entreprises au cours du quinquennat : réforme du lycée, dispositif d’éducation prioritaire Eclair, expérimentation sur les rythmes scolaires, projets de réforme de l’évaluation des enseignants et de la gouvernance des établissements.
Et le ministre de l’Education n’a  pas hésité à mettre en avant que la droite avait aujourd’hui « une vraie vision de l’éducation, ce qui n’a pas été toujours le cas ». In fine, Luc Chatel a promis une année 2012 passionnante, puisque l’éducation devrait être « au cœur de débats passionnés » lors de la campagne des présidentielles.
Il semble qu’il ne sera pas déçu. Ainsi, et toujours dans la perspective des prochaines élections présidentielles et législatives, l’AFEV vient de  publier, en partenariat avec « Libération » et « France Info », un pacte national contre l’échec scolaire signé par cinquante-deux représentants de la société civile (dont Boris Cyrulnik, François Dubet, Stéphane Hessel, Axel Kahn, Pierre Rosanvallon, Elisabeth Roudinesco, Marcel Rufo) et par des organisations de gauche du monde de l’éducation : les Cahiers pédagogiques, la FCPE, la Ligue de l’enseignement, le SGEN-CFDT, le SE-UNSA, le SNUipp  ( la présence du SNUipp - principal syndicat d’enseignant du primaire, appartenant par ailleurs à la FSU – dans cette liste étant en soi-même très significatif de l’importance de cet événement ).
« Pour un pacte national de lutte contre l’échec scolaire
La France, 5ème puissance mondiale, connaît un échec scolaire massif qui se traduit par la sortie du système éducatif de 150 000 jeunes sans diplôme chaque année. Fortement inégalitaire, cet échec scolaire menace la cohésion sociale, à une époque où la réussite scolaire est un sésame de plus en plus indispensable à l’insertion sociale et professionnelle.
Au-delà des chiffres, c’est une réalité très difficile que vivent, dans leur rapport à l’école, des milliers d’enfants et leur famille, et dans une autre mesure les enseignants eux-mêmes. Notre système scolaire est en effet caractérisé par une forte pression sur les élèves et leurs parents et par une compétition qui créent de la souffrance et nuisent à son efficacité.
Il faut passer d’un système de «sélection» à un modèle de «promotion», d’où chaque enfant, quelles que soient ses difficultés et ses appétences, pourra sortir avec la qualification et les compétences nécessaires à son futur parcours, avec un rapport confiant aux apprentissages et une image positive de soi.
Ce ne sont pas des mesures, ni même des réformes aussi audacieuses soient-elles, qui suffiront à redonner à l’éducation son rôle premier et son efficacité. Il faut aujourd’hui définir ensemble le modèle éducatif que nous souhaitons pour la société française. C’est l’un des enjeux des prochaines élections nationales ».
Le pacte, en son entier, est consultable sur le site www.pacteechecscolaire.org ( où on peut le signer ).

PS: selon une dépêche de l'AFP parue jeudi après-midi, Vincent Peillon ( en charge de l'éducation dans l'équipe de campagne de François Hollande ) a immédiatement réagi à l'interpellation des auteurs du Pacte: "Je me réjouis profondément de cette initiative. C'est pour nous une très grande satisfaction - l'Education nationale étant une des priorités de François Hollande - de voir que le débat se noue sur cette question, que la société civile s'investit en propositions sur des sujets qui sont pour nous essentiels [...]. Les sujets soulevés par l'appel, la réforme de l'évaluation des modes d'évaluation des élèves sont au coeur de nos préoccupations [...] Il faut en effet non pas détruire le collège comme veut le faire Nicolas Sarkozy et orienter encore les élèves plus tôt - ce qui sera la machine à trier - mais il faut améliorer les transitions entre l'école élémentaire et le collège" a-t-il fait valoir. Pour "donner les moyens aux élèves les plus en difficulté, mais aussi aux professeurs", l'équipe de Hollande propose d'envisager la possibilité de "plus d'enseignants que de classes, cela veut dire mettre deux enseignants par classe parfois" a souligné Vincent Peillon: "c'est fondamental au moment du CP et du CE, en particulier dans les zones où les enfants sont le plus en difficulté".

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