Plusieurs raisons pour lesquelles Claude Guéant doit démissionner

Jamais élu, jusqu’à preuve du contraire, Claude Guéant n’a d’autre légitimité que celle d’avoir été nommé par son maître présidentiel, que le suffrage universel a, lui, oint. C’est donc à ce dernier qu’il convient de demander de congédier son fidèle serviteur, sous la forme de la pudeur républicaine, c’est-à-dire celle de la démission.

Jamais élu, jusqu’à preuve du contraire, Claude Guéant n’a d’autre légitimité que celle d’avoir été nommé par son maître présidentiel, que le suffrage universel a, lui, oint. C’est donc à ce dernier qu’il convient de demander de congédier son fidèle serviteur, sous la forme de la pudeur républicaine, c’est-à-dire celle de la démission. Plusieurs considérations l’imposent, qui toutes ont trait à l’intérêt supérieur de la nation, celle-là même dont le ministre de l’Intérieur aime à roucouler le nom, mais dont il flatte la peur et les bas instincts.

La politique en matière de sécurité et d’immigration, à laquelle Claude Guéant s’est voué corps et âme, au point de perdre celle-ci, est un double échec. D’une part, elle n’a en rien amélioré la sécurité, comme le confirment ces statistiques dont raffole tout gouvernement néolibéral (hausse des cambriolages, des vols, des violences aux personnes par exemple), quand toutefois il daigne les publier (le nombre des voitures brûlées la nuit de la Saint-Sylvestre est maintenant tenu secret, car il est sans doute trop accablant) (1). La politique du chiffre que Nicolas Sarkozy et Claude Guéant ont imposée à la police pour évaluer ses agents et ses unités a même accru le sentiment d’insécurité de la population, dans la mesure où les commissariats et les gendarmeries refusent désormais d’enregistrer les plaintes relatives à un nombre croissant de délits dès lors que ces affaires ne sont pas aisées à résoudre dans l’immédiat, ou ne correspondent pas à la priorité de la Place Beauvau et de l’Elysée : la chasse à l’immigré en situation irrégulière pour que soit remplie l’obligation de résultat des 30 000 reconduites à la frontière (2). De ce fait, le citoyen lambda, dans sa vie quotidienne, se sent de plus en plus délaissé par l’Etat, pour le plus grand contentement électoral du Front national… ou de Nicolas Sarkozy lui-même.

Car un premier doute s’installe : la politique du président de la République et de son ministre-serviteur consiste-t-elle vraiment à faire reculer l’insécurité, ou à entretenir, avec la collaboration complaisante des principales chaînes de télévision et des entreprises de vidéosurveillance, un climat de peur qui leur soit bénéfique dans les urnes et dissimule l’aggravation de l’inégalité, de la précarité des emplois, du chômage, de la pauvreté, en bref de l’insécurité sociale? La question mérite d’être posée en marge de toute théorie puérile du complot. On s’étonne en effet d’une contradiction. Comment Nicolas Sarkozy et Claude Guéant peuvent-ils espérer faire baisser la délinquance en supprimant des postes de policier, comme ils s’y sont employés au nom de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) engagée en 2007? A moins qu’ils ne croient vraiment à ce qu’ils disent : que l’on peut, par exemple, améliorer le fonctionnement de l’Education nationale en diminuant le nombre des enseignants. Mais nous serions alors dans la pensée magique, ce qui serait une autre raison de demander le renvoi des apprentis sorciers (3). D’autant que, dans le même temps, ceux-ci, à grand renfort de subventions publiques, fourvoient nos collectivités locales, déjà lourdement endettées, dans une politique obligatoire de vidéosurveillance dont tous les chercheurs soulignent l’inanité pratique, singulièrement s’il y a pénurie de policiers pour intervenir sur le terrain (4).

D’autre part, le bilan de la politique d’immigration à laquelle s’est identifié Claude Guéant est plus accablant encore. Cette dernière, loin de lutter contre les sans papiers, fabrique de la clandestinité puisqu’un nombre croissant des migrants dont notre économie a besoin ne peuvent plus entrer, ou demeurer, en France dans des conditions légales, en raison des conditions administratives et financières extravagantes auxquelles ils se voient soumis. Certes, une partie du patronat fait ses choux gras d’une telle main d’œuvre taillable et corvéable à merci, en particulier par le biais de l’intérim (5). Mais une autre partie ne s’en contente pas, comme l’a montré le soutien de certains employeurs aux mouvements sociaux des sans papiers, par exemple dans la restauration (6). Et, de toute façon, cette politique est coûteuse en termes de cotisations sociales, de rentrées fiscales, de santé publique, et même de sécurité dans la mesure où la chasse à l’immigré en situation irrégulière – qui n’est pas nécessairement un délinquant, faut-il le rappeler ? – détourne la police de ses autres tâches, dans la mesure aussi où le recours à des travailleurs non déclarés par des entreprises de sous-traitance au service des grands groupes de BTP proches de Nicolas Sarkozy compromet la sûreté de chantiers très sensibles, comme dans le nucléaire, par exemple à Flamanville.

Un chiffre suffit à résumer l’absurdité de cette politique. Chaque reconduite à la frontière coûte au contribuable 27 000 euros, selon la Cimade qui s’appuie sur un rapport sénatorial et une étude de la Cour des comptes (7). Mesure là aussi vaine, en particulier dans le cas des Roms roumains, érigés à leur corps défendant en emblèmes du style musculaire du président de la République, puisque les expulsés reviennent tôt ou tard. Or, 27 000 euros correspondent grosso modo au traitement annuel d’un jeune chercheur, instituteur ou infirmier, charges sociales comprises, en début de carrière. Nicolas Sarkozy, Claude Guéant sont des hommes qui préfèrent expulser tous les douze mois 30 000 immigrés – 32 912 (+ 17%) en 2011, plastronne le locataire de la Place Beauvau – dont nous avons souvent besoin, plutôt que de recruter 30 000 agents dans la santé, l’éducation ou la science! Cela à un moment où l’on nous parle, avec des accents churchilliens dans la voix, de la nécessité de réduire la dépense publique. Tout comme la généralisation de la vidéosurveillance, le productivisme en matière d’«éloignement forcé» est une pure gabegie. Et quel national-libéral nous parle-t-il du coût économique des heures perdues dans les préfectures, ou sur les trottoirs jouxtant ces dernières, par des travailleurs ou des étudiants obligés de se livrer tous les six mois, ou tous les ans, et parfois tous les mois, à des procédures bureaucratiques kafkaïennes dans le seul but d’obtenir, et de plus en plus souvent de se voir refuser, la prolongation d’un titre de séjour auquel ils auraient automatiquement droit dans une République rationnelle ?

Ce coût de la politique de l’immigration n’est pas que financier ou économique. Il est aussi social et civique. La condition de sa légitimation, aux yeux de l’opinion publique, est de frapper de suspicion l’étranger, tout étranger, et, par glissements successifs, tout Français d’origine étrangère, voire tout Français non chrétien si l’on se réfère à certains propos de ministres visant des hommes politiques ou des militants dont le nom juif ou musulman ne fleurait pas bon le «terroir». Cela s’effectue naturellement au détriment de l’intégration à laquelle on prétend aspirer, mais contre laquelle on lutte dossier après dossier en se donnant comme objectif la diminution des naturalisations (- 30% en 2011, s’auto-congratule Claude Guéant, décidément bien meilleur que le trop mou Brice Hortefeux). Plus concrètement, cela passe par le déchirement de familles, la dislocation d’amitiés et de carrières professionnelles, l’interdiction de mariages, la privation de leur retraite pour les «vieux migrants» vivant en foyer et faisant des allers-retours avec leur pays d’origine, une remise en cause systématique des libertés publiques en matière de circulation des personnes, de droits civils et de surveillance généralisée de la population par le biais d’un fichage proliférant auquel n’échappe plus la Sécurité sociale (8). En outre, l’institution de la police et ses fonctionnaires sont entraînés dans des violations grandissantes des procédures et des droits de l’Homme qui dégradent leur métier et leur conscience, et laisseront des séquelles pendant des décennies comme les précédents de Vichy et de la guerre d’Algérie peuvent nous le faire craindre.

Enfin, le coût de la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant est aussi d’ordre diplomatique. En 2010, les mesures anti-Roms ont sali l’image de notre pays en Europe. Plusieurs correspondants de la presse étrangère ont parlé de «dégueulasserie» (9). Seul le retrait précipité d’une circulaire nauséabonde et anti-constitutionnelle, dont on ne s’étonnera jamais suffisamment qu’elle ait pu être signée par un haut fonctionnaire, soixante-dix ans après le régime de Vichy, a évité une condamnation de la France en bonne et due forme, à l’initiative de la Commission européenne. Mais le mal était fait.

Par ailleurs, nos consulats sont devenus des machines à produire de la haine à l’encontre de notre pays, tant les requérants de visa y sont bureaucratiquement maltraités et confrontés à des exigences impossibles à satisfaire. Nos diplomates sont de toute façon dépossédés de leurs prérogatives qui ont été transférées aux fonctionnaires de la Place Beauvau et même, dans certains pays comme le Maroc, la Tunisie et l’Indonésie, sous prétexte de lutte anti-terroriste, aux services d’autres pays européens, auxquels les dossiers de demande de visa doivent désormais être transmis en vue de leur validation (10). Notre Université et nos centres de recherche éprouvent les plus grandes difficultés à inviter des collègues étrangers des pays émergents et a fortiori du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne. Notre politique de coopération scientifique et culturelle, notre ambition d’affirmer notre soft power sont sacrifiées sur l’autel dont Claude Guéant, jour après jour, alimente la flamme.

En réalité, la lutte contre l’immigration est devenue l’un des paramètres fondamentaux de notre politique étrangère et du peu qui reste de notre aide publique au développement, au point de reléguer parfois à l’arrière-plan d’autres facteurs, pourtant plus importants. Elle fut l’un des principaux motifs pour lesquels Nicolas Sarkozy a soutenu les dictatures libyenne et tunisienne jusqu’en janvier 2011, y compris en leur fournissant une assistance policière. L’obsession anti-migratoire du président de la République est telle qu’il a été incapable de saluer sans arrière-pensée le Printemps tunisien et qu’il a dépêché Claude Guéant à la frontière italienne pour qu’il fasse barrage de son corps contre les quelques milliers de sans papiers qui avaient profité de l’occasion pour essayer de rejoindre des proches en France. Plus choquant encore, notre pays n’a pas assuré le service après-vente de son intervention militaire en Libye en se refusant à porter secours aux migrants africains piégés par le conflit, de peur qu’une partie d’entre eux ne se faufilent dans la Forteresse Europe (11). Et les pressions exercées sur le Mali pour qu’il se soumette à notre diktat en matière de réadmission des personnes en situation jugée irrégulière nous ont aliéné un allié dont la collaboration est nécessaire à la sécurité du Sahel et du Sahara. Plus généralement, la remise en cause de plus en plus affichée du droit constitutionnel d’asile nous met en porte-à-faux avec les traités internationaux que nous avons signés et affaiblit nos capacités dans la diplomatie des droits de l’Homme qui a toujours été un volet, au moins rhétorique, de notre diplomatie (12).

La «circulaire Guéant» du 31 mai 2011, relative à la maîtrise de l’immigration professionnelle, et co-signée par Xavier Bertrand, ministre du Travail, a démontré à quel point le ministre de l’Intérieur peut être nuisible aux intérêts internationaux de la France, de l’aveu même de certains de ses collègues au gouvernement ou de la présidente du Medef, sans parler des présidents d’Université ou des directeurs des grandes écoles qui ne sont pas tous des trublions gauchistes. Ce texte visait en particulier quelque 30 000 étudiants diplômés étrangers non européens (dont 8 500 diplômés de grandes écoles) qui représentent à peine 0,15% de la population étudiante globale (2 200 000, dont 284 659 étrangers): un enjeu migratoire considérable, comme on le voit! S’y sont ajoutés, le 6 septembre, un décret qui portait à 620 euros (au lieu de 460 euros : +30%) le montant des ressources mensuelles exigées pour l’obtention d’un visa étudiant, dans le souci surréaliste de s’assurer que «les étudiants étudient bien», et parce que «pour étudier dans de bonnes conditions mieux vaut ne pas avoir à travailler à côté» (13); et, au fil des plans d’austérité, la suppression de l’avantage fiscal qui fixait à 55 ou 70 euros, suivant les cas, la taxe prélevée lors de la transformation de leur statut en salariés (il leur en coûte désormais de 200 à 385 euros). Cumulées, ces mesures interdisent dans les faits aux étudiants étrangers non communautaires d’effectuer les stages en entreprise requis dans leur cursus, de rester en France après l’obtention de leur diplôme quand bien même ils se voient proposés un emploi hautement qualifié, ou tout simplement, pour les moins fortunés d’entre eux, d’accéder à notre enseignement supérieur (14).

De deux signatures, Claude Guéant est parvenu à ruiner des années d’investissement de la part des universités et des grandes écoles pour attirer les étudiants étrangers dont notre économie a furieusement besoin, que notre diplomatie se faisait fort de transformer en capital d’influence internationale, et que Nicolas Sarkozy appelait de ses vœux: «Nous voulons que la France devienne un pays qui attire les meilleurs étudiants du monde entier», affirmait-il en 2007, avec son emphase habituelle. Même à très court terme, le choix de Claude Guéant est absurde: au dire de l’administration, la France a besoin de 40 000 ingénieurs par an, et n’en forme que 30 000, dont 4 000 sont étrangers (15). Son intérêt immédiat serait donc d’essayer de retenir ceux-ci. Devant le tollé que ces mesures ont suscité à l’étranger, au sein du gouvernement et de la majorité, dans le patronat et bien sûr dans l’enseignement supérieur, le locataire de la Place Beauvau a fait mine de reculer en publiant le 12 janvier une «circulaire complémentaire», censée adoucir les conditions d’emploi imposées aux étudiants étrangers à  «hauts potentiels», selon l’élégante formule de Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et pourfendeur de la circulaire du 31 mai (16). Mais, dans les faits, il n’en sera rien puisque l’évaluation de ces «hauts potentiels» est laissée aux fonctionnaires de police qui sont notés au nombre de refus des dossiers et dressés depuis de longues années à la chasse aux étrangers (17). Surtout, les conséquences dévastatrices de ces textes sur une «certaine idée de la France» chez les étudiants africains, asiatiques, latino-américains et maghrébins (et chez leurs parents) sont irréversibles (18). Seul le renvoi de Claude Guéant serait susceptible de leur adresser un signal clair de l’abandon d’une telle politique imbécile de rejet de la matière grise, qui se manifeste également par des expulsions de chercheurs et des refus de visa ou de titres de séjour à des universitaires, des artistes, des architectes, et qui suscite la stupeur intéressée de certains de nos partenaires européens ou nord-américains, bien décidés à capter à leur profit tous ces talents que nous reconduisons à nos frontières après les avoir formés (19).

Beaucoup de stupidité et d’ignominie, donc, et peine perdue: la multiplication des «jungles» d’étrangers dans tous les ports de la Manche après le démantèlement de celle de Calais en 2009 et la fermeture à grands sons de trompe du centre de Sangatte, en 2002,  l’installation dans les rues de Marseille des Roms chassés de leurs campements, en 2010, signalent la faillite programmée d’une politique aussi inhumaine qu’impossible. Néanmoins, le président de la République et le ministre de l’Intérieur continuent de s’enfermer dans une alternative effrayante entre leur propre fuite en avant et la montée du vote en faveur du Front national, sans voir que la première nourrit la seconde en valorisant le fond de commerce idéologique de la firme Le Pen & Daughter et en contribuant à la légitimation insidieuse de son projet de déconnexion de la France par rapport à l’Europe. Dans le contexte économique et financier actuel, il est urgent de rompre avec cette logique infernale. Et le départ de Claude Guéant serait d’autant plus salubre diplomatiquement que celui-ci avait été le grand artisan du rapprochement avec Kadhafi et Assad, en 2007-2008, quand il était secrétaire général de l’Elysée (20). Ne serait-il pas temps, après l’échec spectaculaire de ladite politique, que l’intéressé suive les pas de son ancienne collègue Michèle Alliot-Marie et entende la clameur des peuples arabes: «Dégage!»

Il est une dernière raison de demander la démission de Claude Guéant. Comme ministre de l’Intérieur, il a la haute main sur l’organisation de deux scrutins décisifs pour l’avenir de la France. Or, il a amplement démontré le peu de cas qu’il faisait, en tant que grand flic de la République, de la loi, des usages et de l’éthique de cette dernière. C’est notamment sous sa haute autorité, directe ou indirecte, que la police s’est embourbée dans des scandales à répétition, dont le plus grave pour la liberté de la presse est celui dit des fadettes, dans le cadre de l’affaire Bettencourt-Woerth, dont le plus préoccupant pour les militants politiques est celui des modalités des investigations à l’encontre des gens de Tarnac, et dont le dernier en date est l’implication de l’Inspection générale des services dans le montage d’une affaire fictive et le trucage d’une enquête judiciaire, en 2007 (2007). Dès lors que l’on sait Nicolas Sarkozy prêt à beaucoup de choses pour être réélu, la campagne serait décidément plus sereine si son homme de l’ombre quittait la Place Beauvau et libérait celle-ci de l’aura sulfureuse qui la nimbe désormais.

Le dernier faux-pas de Claude Guéant dans l’art périlleux du parachutisme électoral – lui qui avait explicitement répondu au journal Le Monde du 16 mars 2011 qu’il ne serait pas candidat aux législatives (22) – confirme que cette demande n’a rien d’excessif. Le député-maire de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, qui lui laisse complaisamment sa place au grand dam des militants de l’UMP du cru, a diffusé, dans un courrier à ses électeurs, une lettre du ministre-candidat, à en-tête du ministère de l’Intérieur, expliquant ses motivations, alors que la loi interdit à un candidat de se réclamer de son état de ministre et, a fortiori, d’utiliser les moyens de son ministère. Il est un peu facile de déplorer «une maladresse» de Pierre-Christophe Baguet, ainsi que le fait l’entourage du ministre-candidat. N’est-ce pas son maître présidentiel qui, sans relâche, en appelle ses collaborateurs à l’obligation de responsabilité et de résultat et se clame adepte de la politique de «zéro tolérance»? L’instauration insidieuse, sous pavillon européen, d’une nouvelle dictature en Hongrie nous rappelle que la démocratie n’est jamais acquise une fois pour toutes, que notre pays a beaucoup péché en la matière dans son histoire républicaine, qu’il est d’ores et déjà pris dans les rets d’un fichage généralisé de sa population par le ministère de l’Intérieur, et que face aux forces obscures d’une droite nationaliste en pleine expansion (ou aussi bien à celles de la dictature du prolétariat, aujourd’hui en berne) la «zéro tolérance» s’impose. Oui, M. Guéant, veuillez dégager !

[1] Le Nouvel Observateur, 5 janvier 2012, p. 25.
[2]
Sur les limites et les effets pervers de la « politique du chiffre » dans la police, cf Libération, 12 octobre 2011 ; et dans le domaine, désormais indissociable, de l’immigration, Le Monde, 15 janvier 2009.
[3]
Sur les apories de la RGPP, voir Le Monde, 12-13 septembre 2010 et 1er décembre 2011.
[4]
Le Monde, 13 février 2010 et 31 mai 2011.
[5]
 Nicolas Jounin, Chantier interdit au public. Enquête parmi les travailleurs du bâtiment, Paris, La Découverte, 2008.
[6]
Le Monde, 7 avril 2010.
[7]
La Croix-L’Evénement, 2 décembre 2008 et Le Monde, 30 octobre 2009. Toujours selon la Cimade, le coût de la politique d’expulsion aurait été en 2009 de 533 millions d’euros. La même année, le seul coût annuel du maintien des étrangers dans les centres de rétention administrative s’élevait à 190,5 millions d’euros (Le Monde, 3 juillet 2009).[8] Le Monde, 29 novembre 2011.
[9]
Propos recueillis dans le documentaire Looking for Sarko de William Karel, diffusé sur Arte le 26 décembre 2011.
[10]
Il est ainsi précisé, sur le site de l’ambassade de France au Maroc, à la rubrique « Prise de RDV service des Visas » : «  En raison de la décision d’un de nos partenaires Schengen d’imposer une consultation préalable de ses autorités centrales pour toute demande de visa Schengen, les délais de délivrance des visas de ce type seront rallongés, à compter du 15 décembre 2011, de 5 à 7 jours. Le Consulat Général de France à Tanger vous prie de bien vouloir l’excuser pour la gêne occasionnée par cette mesure, indépendante de sa volonté. ». Je crois savoir que le « partenaire » en question est l’Allemagne.
[11] Sur la situation des migrants africains pris au piège en Libye, voir notamment Libération, 10 juin 2010 et 6-7 août 2011 ; Le Monde, 23 septembre 2011. Sur la collaboration entre l’Union européenne et le régime Kadhafi dans le domaine des migrations, voir La Croix-L’Evénement, 7 octobre 2010.
[12]
Le Monde, 27-28 novembre 2011.
[13]
Propos de l’entourage de Claude Guéant rapportés in Le Monde, 15 décembre 2012 : on ne pouvait avouer plus clairement que l’on veut des étudiants étrangers de milieux très favorisés, puisque cette nouvelle exigence contraint les autres à travailler (ou faire travailler davantage leurs parents) pour répondre au critère. Par ailleurs, l’obligation, pour les étudiants, de se soumettre à des formalités bureaucratiques sans fin et à répétition, dans des préfectures sous-équipées et incapables de traiter les procédures que l’on exige des étrangers, est une curieuse manière de veiller à ce qu’ils «étudient bien».[14] Voir le témoignage de la Canadienne Emilie Vézina, Libération, 13 décembre 2011, ainsi que Libération, 24 octobre 2011 et Le Monde, 21 décembre 2011.Pour le point de vue du ministre, voir Claude Guéant, «L’Etat ne restreint pas  les visas des étudiants étrangers . Contre le pillage des cerveaux», Le Monde, 24 novembre 2011.
[15] Le Monde, 7 octobre 2011.[16]  Le Monde, 5 janvier 2012 ; Libération, 5 janvier 2012.
[17] Sur les ambiguïtés persistantes de la circulaire du 12 janvier 2012, voir Le Monde, 14 janvier 2012.[18] Le Monde, 1er décembre 2011. Le Royaume-Uni et l’Australie ont adopté une politique similaire à celle de la France et en paient déjà le prix, notamment en termes d’inscription en MBA. Des Etats comme les Pays-Bas et le Canada encouragent au contraire la venue des étudiants étrangers.
[19]
Voir par exemple le cas de l’architecte équatorien Diego Romero Ortega, in Le Monde, 14 janvier 2012, et celui de Farzaneh Sheidaei, jeune et brillante astrophysicienne iranienne, in Le Monde, 11 février 2010. Il est vrai que chaque jour le gouvernement français se demande: «Comment peut-on être Persan?» Sur les difficultés des artistes étrangers à obtenir des visas, voir Le Monde, 21 octobre 2011.
[20] Le Monde, 16 mars 2011.
[21] Le Monde, 12 janvier 2012.
[22] Le Monde, 16 mars 2011.

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