Le pacte de stabilité enfoncera l'Europe dans la dépression

« Avec la concurrence sociale, fiscale et environnementale maintenue voire aggravée, le Pacte budgétaire bloquera durablement la transition sociale et écologique tant nécessaire », dénoncent Thomas Coutrot et Aurélie Trouvé, les deux co-présidents d'Attac, alors que l'association tiendra son université citoyenne du 24 au 27 août à Toulouse.

« Avec la concurrence sociale, fiscale et environnementale maintenue voire aggravée, le Pacte budgétaire bloquera durablement la transition sociale et écologique tant nécessaire », dénoncent Thomas Coutrot et Aurélie Trouvé, les deux co-présidents d'Attac, alors que l'association tiendra son université citoyenne du 24 au 27 août à Toulouse.


 

Ce vendredi 24 août, à Toulouse, l’Université citoyenne d’Attac va s’ouvrir dans un contexte qui a rarement été aussi incertain. La crise écologique s’aggrave mais les États affichent de plus en plus ouvertement leur renoncement. Le chômage explose et l’Europe vacille sur ses bases mais les gouvernements se soumettent toujours plus à l’hégémonie de la finance, cause de la crise. La gauche en France a gagné les élections mais la nouvelle majorité n’a manifestement pas compris l’ampleur des ruptures nécessaires.

Alors que l’exclusion de la Grèce de la zone euro semble désormais une question de mois, le nouveau Traité (ou Pacte budgétaire) concocté par Angela Merkel avec l’aide de Nicolas Sarkozy veut radicaliser les règles de Maastricht qui ont mené l’euro au bord du gouffre. Ce traité prétend interdire tout déficit public ad vitam aeternam, et donne à la Commission européenne un pouvoir inédit sur les politiques budgétaires nationales. Il  sacralise une notion de « déficit structurel » totalement arbitraire et instaure des sanctions automatiques contre les États indociles. Avec la concurrence sociale, fiscale et environnementale maintenue voire aggravée, le Pacte budgétaire bloquera durablement la transition sociale et écologique tant nécessaire. Il enfoncera un peu plus l’Europe dans la spirale de la dépression.

Attac ne peut accepter ni l’escamotage du débat démocratique en France, ni l’actuelle dispersion des résistances sociales en Europe. Contre la tentation de l’attentisme ou de la résignation, nous voulons contribuer à faire monter le refus de l’austérité et de ce pacte mortifère. Le gouvernement Ayrault prévoit de le faire ratifier à la hâte, tel quel, par le Parlement en septembre, malgré la promesse de renégociation du candidat Hollande. En France, nous proposons donc à tous les mouvements sociaux et aux partis de gauche de construire ensemble une campagne-éclair contre cette ratification, avec une interpellation des parlementaires, des dizaines de réunions publiques dans tout le pays et une mobilisation d’ampleur le jour du vote.

A plus long terme il est décisif que les résistances et alternatives en gestation dans chaque pays européen trouvent un espace commun de construction et d’expression, un véritable espace public européen. La construction européenne ne peut survivre que refondée sur des bases démocratiques. L’Europe néolibérale s’est construite dans le dos des peuples, ils peuvent en reconstruire une, qui soit solidaire, écologique et démocratique. C’est pour y  contribuer que nous proposons le lancement d’un processus de Tribunal européen de la dette et de l’austérité, qui pourrait être initié lors d’une assemblée des mouvements sociaux européens qui se tiendra à Florence à la mi-novembre. Le Forum social mondial de Tunis, en mars, et un Alter-Summit européen qui est en projet pour le printemps en Grèce, permettront d’amplifier la convergence des résistances et des alternatives. D’ores et déjà, de très nombreux représentants d’organisations et militants des mouvements sociaux français, européens et internationaux seront présents à Toulouse du 24 au 27 août pour préparer ces initiatives.

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