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Le Club de Mediapart ven. 30 sept. 2016 30/9/2016 Édition de la mi-journée

Rationalisation du vivant… du «trudodien» à la TAA

Rationaliser la production de soins, lui attribuer les ressources nécessaires dans un contexte de crise… les décideurs sanitaires, certains en toute bonne foi, ont ce but déclaré depuis plus de 10 ans. La tarification à l’activité -un patient ayant une maladie amène une « recette » versée à l’hôpital par la sécurité sociale- devait permettre d’atteindre ce but.

Rationaliser la production de soins, lui attribuer les ressources nécessaires dans un contexte de crise… les décideurs sanitaires, certains en toute bonne foi, ont ce but déclaré depuis plus de 10 ans. La tarification à l’activité -un patient ayant une maladie amène une « recette » versée à l’hôpital par la sécurité sociale- devait permettre d’atteindre ce but. Conscients des limites du système de tarification à l’activité, certains de ses thurifétaires ont proposé «d’ ajuster le revenu des hôpitaux en fonction d’une batterie d'indicateurs et de la réussite d'objectifs convenus à l’avance » (dépèche APM du 30/11/2012 sur le 16ème séminaire de l'Etude nationale des coûts).

La rationalisation d'un travail de main d’œuvre a déjà été menée avec succès dans l’industrie automobile de Taylor à Toyota. Pour la production d’un bien touchant au vivant, et non à un bien industriel automobile, c’est plus ardu, mais ce n’est pas la première tentative….

En 1928, Staline décida de collectiviser les terres et de constituer des grandes parcelles, afin de les exploiter avec un équipement moderne. Pour organiser rationnellement le travail, après avoir éliminé les paysans éventuellement opposés à cette politique (notamment les petits propriétaires terriens),  les planificateurs soviétiques définirent une journée théorique de travail « le trudodien » et comptabilisèrent pour chaque exploitation et chaque type de production les « trudodnis » nécessaires. Débarrassée des paysans expérimentés, soumise à des indicateurs de production calculés de façon rationnelle par ses experts, l’URSS connut ensuite plusieurs années de famine.

Nul besoin d’être un savant agronome pour comprendre que la production agricole ne pouvait être identique d’un bout à l’autre de l’URSS…entre climat, pluviosité, terres et reliefs différents…les planificateurs durent peu à peu complexifier leurs indicateurs. Soixante années durant, de Gosplan en plans quinquennaux, les soviétiques fixaient des objectifs obligatoires de production, et l’URSS finit par disparaître, étouffée par sa bureaucratie.

Avant que les chantres de la TAA n’aient produit la version idéale de leurs batteries d’indicateurs, est-il encore possible de tirer profit des échecs humains antérieurs ?

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