Covid-19, cas d'école ou le Gala de l'école ?

Face à la pénurie les hôpitaux, n'ont d'autres choix que la débrouille généralisée. Appel aux dons, levées de fonds, emploi de bénévoles, généreuses inventions de collégiens créatifs, une quête gigantesque au secours des soignants.

Six semaines après le cri d'alerte des soignants de l'Oise, le soutien logistique est toujours défaillant. Faute de FFP2 on recommande les masques chirurgicaux, faute de surblouses on préconise le lavage des bras entre deux malades.. Les soignants ne sont pas encore en maillots de bain mais on en est à laver leur pyjama à usage unique. Tout est mieux que rien. On fait appel à la charité publique et les directions hospitalières font ce qu'elles peuvent pour éviter le dénuement. Après les 12 tonnes de gels hydroalcooliques, LVMH annonce la confection de milliers de surblouses pour les hopitaux

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A grande ou petite échelle, la solidarité s'organise : visières de protection livrées par un particulier possédant une imprimante 3D, repas offert par un restaurant local, gigantesque atelier artisanal de de confection de blouses coton avec soignants rapportant leur machine à coudre..la pénurie généralisée entraine milles initiatives toutes plus sympathiques les unes que les autres.

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A coté des dons en nature, les hôpitaux voient affluer des bénévoles, des retraités apportant compétences et temps de travail, car les ressources humaines manquent déjà au quotidien...alors en période de crise...les étudiants catapultés en responsabilité ne sont pas de trop.

Bel élan solidaire témoin de la faillite logistique de la nation. Depuis six semaines, les annonces gouvernementales se sont succédé sur les masques qui restent rares. Impossible d'en prescrire aux patients COVID ambulatoires qu'on renvoie à domicile créer de petits clusters familiaux. Les médicaments vétérinaires ont maintenant une autorisation de prescription. Certaines déclarations laissent encore interdits : le Premier Ministre envisagera des réquisitions quand il aura « le sentiment que cela est nécessaire ». Cela ne sera sans doute pas nécessaire si on se passe de surblouses, si on lave les pyjamas à usage unique, si les français confectionnent leurs masques avec des chaussettes, si on abandonne des standards de prise en charge dans les hopitaux. Le 30 mars le Ministre des Comptes Publiques faisait, quant à lui, un appel aux dons, passant allégrement de la solidarité nationale à la charité publique malgré sa fonction. Faute d'approvisionnement national, la stratégie individuelle remplace donc l'organisation collective.

Les contempteurs de l'état, croyants de la "libération des énergies" finiront ils par admettre la pénurie et la pertinence d'une planification nationale ou maintiendront ils le mode opératoire de BDE de grande école préparant un gala ?

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