Des mots sur les maux: «L'Hôpital en réanimation» à se procurer d'urgence

L’hôpital public va mal, vraiment mal. Son personnel le sait, le vit au quotidien. Poussés au rendement, pardon, à l’efficience, les soignants ressentent chaque jour un peu plus la dégradation de leur environnement : sentiment de moins bien soigner, de course pour éviter les catastrophes. Cette dégradation des conditions de travail, mais aussi de la qualité du travail fourni, démotive.

L’hôpital public va mal, vraiment mal. Son personnel le sait, le vit au quotidien. Poussés au rendement, pardon, à l’efficience, les soignants ressentent chaque jour un peu plus la dégradation de leur environnement : sentiment de moins bien soigner, de course pour éviter les catastrophes. Cette dégradation des conditions de travail, mais aussi de la qualité du travail fourni, démotive. L’image de soi qu’un personnel soignant rêve d’avoir s’altère, aggravant la démotivation. Les reproches qui leurs sont faits par les malades et leurs familles sont de plus en plus légitimes. Les managers désorganisent puis la désorganisation vient justifier les décisions managériales

Quand des mots viennent expliciter les maux du quotidien, c’est un instant de soulagement…même si cela n’y change rien. Mais les médecins le savent : il faut connaître la cause du mal pour le traiter efficacement. Il faut donc soignants, malades, famille, tous, lire et faire lire le livre « l’hôpital en réanimation » qui sort en librairie jeudi 17 novembre (éditions du croquant).

Des sociologues, des économistes se penchent au chevet de l’hôpital, posent leur diagnostic…pas vraiment de remèdes mais une explication simple et pédagogique à la portée de tous. Christian Laval, que des ignares comme moi avaient pu découvrir récemment (Libération le 22/10/2011) pour son analyse de la transformation de l’école publique, apporte son éclairage qui vaut pour l’hôpital, comme pour toute la sphère publique « La rationalité néo-libérale a pour originalité d’étendre la logique du marché à toutes les sphères de l’existence humaine, …de transformer toutes les institutions sur le modèle de l’entreprise. L’État lui-même est enjoint de se transformer en une entreprise soumise comme toutes les autres aux règles du droit privé. ».

On comprend alors les règles du « new public management » décrit par Philippe Bezes. Pourquoi cette mutation ? Y aurait il une raison économique impérieuse à ces transformations ? Frederic Pierru explique clairement que « l’Assurance-maladie, deuxième poste des dépenses sociales après les retraites, représente 174 milliards d’euros. Ces masses financières énormes ont pour «défaut » .. de ne générer aucun profit…. » Et la volonté des assureurs de mettre la main sur cette manne devient évidente.

Nicolas Belorgey, déjà cité pour son excellente enquête « l’hôpital public sous pression » (éditions la découverte), nous expose le travail des agences (AAES, ANAP) et l’entrée des cabinets conseils dans le « marché de la réforme de l’état ».

 

La recension de cet ouvrage riche ne pourra être exhaustive : Jean-Paul Domin, Julien Duval, Brigitte Dormont, Didier Tabuteau, Catherine Sauviat, Daniele Linhart… la liste des excellents auteurs et chercheurs est trop longue.

 

 

Après le manifeste pour une santé égalitaire et solidaire qui voulait porter le débat politique sur le thème de la santé,

 

cet ouvrage collectif est à se procurer d’urgence.

 

 

Il met les clefs pour comprendre à la portée des citoyens…il n’y a plus qu’à tourner !

 

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