Allemagne toujours....un article du Frankfurter Allgemeine Zeitung traduit par Tobias Gauss

Frankfurter Allgemeine Zeitung 30/05/2012

Nouveau rapport : Beaucoup d’interventions sont motivées par des intérêts économiques

30.05.2012 Peut-on être certain en tant qu’assuré d'avoir été endormi et opéré pour de bonnes raisons ? Un rapport de l’assurance maladie affirme le contraire. Les hôpitaux sont plus motivés par leur revenu que par l’intérêt du patient.

Jan Grossarth, Berlin

Il semble qu’une grande partie des interventions dans les hôpitaux ne sont pas indiquées, mais motivées par les intérêts économiques des hôpitaux, selon un rapport de la fédération des assurances maladies publiques (ndt : la GKVgesetzliche Krankenversicherung, publique non-benefit) présenté à Berlin. Le nombre d’interventions a augmenté entre 2006 et 2010 de 13% (ndt : l' introduction DRG=diagnosis related groups ou équivalent de la tarification à l'activité date de 2003) et les interventions lourdes ont augmentées encore plus. Or selon un rapport d’un institut de recherche en économie indépendant (RWI) : seulement 40% de cette augmentation peut être expliquée par le vieillissement de la population, 60% doit avoir d’autres explications notamment l’effort des hôpitaux à faire du chiffre.

Ci dessous : nombre d'interventions chirurgicales entre 2006 et 2010, courbe inférieure : prix des interventions

« En tant que patient, il faut faire de plus en plus attention de ne pas se faire opérer », selon Wulf-Dietrich Leber, directeur du département hôpitaux de la GKV. Souvent le travail des médecins dépasse ce qui est judicieux d’un point de vue médical, et aboutit à des interventions sans réel bénéfice ou apportant un réel danger. Des exemples fréquents sont les interventions sur le rachis ou l’implantation de prothèses articulaires qui ont augmenté d’une manière disproportionnée (ndt: 30 à 40% en plus pour ce type d’intervention en Allemagne par rapport à la France et la Suisse pour la même période).

En 2011 les dépenses pour l’hôpital étaient la source principale de l’augmentation des dépenses de la GKV. Néanmoins les assurances de maladie publiques ont réalisé un bénéfice de plusieurs milliards d’euros, mais cela grâce à la bonne situation macroéconomique. Les dépenses pour l’hôpital par tête ont augmentées de 3,7% en 2011, les dépenses pour les médicaments étaient en baisse. Les prix des interventions restaient relativement stables, mais le nombre d’interventions était augmenté. Des hôpitaux-entreprises (ndt : de grandes chaînes d’hôpitaux privés, mais ayant « mission de service public », étant souvent le seul hôpital dans leur territoire sanitaire) comme Fresenius, Helios, Sana, Asklepios ou Rhön ont réussi d’améliorer leurs recettes.

Selon les experts une raison serait l’existence de matériel médical sophistiqué. Si un appareil est acheté, la pression est forte pour l’utiliser. Selon l’économiste Boris Augurzky, l'autre raison pourrait être le progrès médical qui permet le diagnostic de plus de cas.

Même parmi les médecins le concept de la tarification à l’acte est de plus en plus critiqué. La fédération des conseils de l’ordre a appelé récemment les hôpitaux de rejeter une logique économique qui vise à augmenter les chiffres. Les contrats de plus en plus chefs de service les incitent dans ce sens. Le ministre de la santé Daniel Bahr (FDP) disait que : "on fait de plus en plus du chiffre sur le dos des patients. » (ndt : Daniel Bahr menait avant les négociations des assurances privés…..)

http://www.faz.net/aktuell/wirtschaft/neues-gutachten-viele-operationen-angeblich-oekonomisch-motiviert-11768045.html

...tant de choses rapprochent nos deux pays !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.