Pas de fax pour les pompiers

8h30, entrée du pavillon : trois vigiles, trois pompiers, un infirmier, un malade...et un médecin qui arrive (pas encore en blouse).
Le malade a arraché sa perfusion. Il est non francophone, passablement énervé et exige (merci au vigile qui traduit) d'avoir sa prise de sang prévue pour que le médecin (tiens, celui qui vient d'arriver justement) puisse avoir le résultat pour la consultation prévue de longue date... le 19 décembre. Certes il est hospitalisé ailleurs mais pas question de rater son rendez vous.

Le médecin explique avec l'infirmier (grâce au vigilant vigile traducteur) que ce n'est pas grave, la prise de sang se fera dans le service où est hospitalisé le patient, mais oui allez, faut remonter, pas besoin d'une émeute dans le hall quoi !

Le malade finit par accepter de s'asseoir dans une chaise roulante (le pavillon est loin du service d'où est descendu le patient).

Les pompiers et l'infirmiers hèlent des brancardiers qui viennent de ramener dans ce pavillon un peu extérieur un patient et reparte vers le batiment principal "à vide". Evidemment le malade énervé n'est pas prévu dans leur programme, certes ils vont rouler "à vide" mais ils n'ont pas le sacrosaint fax qui leur permet de transférer le malade. L'infirmier explique la situation, mais non pas question.

Finalement c'est le médecin et les trois pompiers qui ramèneront le malade dans le batiment principal...le temps médical peut être consacré à brancarder et heureusement, pour les pompiers, aucun fax n'est encore exigé.

Vive l'hôpital et adieu le bon sens.

 

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