Un demi master pour un demi cadre

La FNESI (Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers et Le CEFIEC (Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres) réagissent vivement au rapport de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) intitulé : Quelles formations pour les cadres hospitaliers, qui remet en cause la fonction des cadres formateurs d'IFSI laissant augurer que les scenario d'avenir les plus sombres, jusqu'alors refoulés par un CEFIEC plutôt optimiste de nature, pourraient s'avérer juste. Autrement dit : la disparition pure et simple de la fonction de cadre formateur.

La FNESI (Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers et Le CEFIEC (Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres) réagissent vivement au rapport de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) intitulé : Quelles formations pour les cadres hospitaliers, qui remet en cause la fonction des cadres formateurs d'IFSI laissant augurer que les scenario d'avenir les plus sombres, jusqu'alors refoulés par un CEFIEC plutôt optimiste de nature, pourraient s'avérer juste. Autrement dit : la disparition pure et simple de la fonction de cadre formateur.
Le CEFIEC a diffusé auprès de ses adhérents une lettre riposte adressée à la ministre au bas de laquelle (la lettre, pas la ministre, un peu de respect !) elle invite tous les cadres formateurs et les directeurs d'IFSI à apposer leur signature.

Le paradoxe est énorme car tous les IFSI (Instituts de Formation en Soins Infirmiers) et les terrains de stages sont actuellement confrontés à la gageure ô combien difficile de la mise en œuvre d'un nouveau référentiel de formation signifiant ni plus ni moins la ré-ingénierie (je déteste ce langage) de l'ensemble du dispositif de formation, une paille !
Rajoutons à cela que les formateurs subissent depuis quelques années une pression constante de leur hiérarchie vers des formations de Master, laissant entendre que ceux qui ne passeraient pas par les fourches caudines de l'université risquaient fort de quitter les IFSI à terme, n'y ayant plus leur place. La masteurisation comme label de qualité ? Parlez-en à mes collègues de l'IFSI du CHU de Toulouse, ils vous en diront quelque chose !

Ce rapport accumule les injures vis à vis des cadres, d'abord en proposant une formation au rabais, une sorte de demi-master (60 ECTS alors qu'il en faut 120 pour un master), qui n'a aucune valeur au niveau européen alors qu'il nous est rabâché par rapport aux études d'infirmières une incontournable normalisation à ce niveau. Ensuite, les rapporteurs osent remettre sur le tapis cette ancienne pourtant très éculée d'une alternance du cadre entre le terrain et les Instituts comme si cette fonction comprenait automatiquement les deux compétences (management et formation) aux niveaux élevés auxquels elles doivent être de part et d'autre. Comme si chacune de ces fonctions, dont nous savons à quel point elles nécessitent expérience et expertise (il faut au minimum trois ans pour former un formateur en soins infirmiers), était interchangeable quasi du jour au landemain car ce n'est pas l'obole d'une insignifiante formation à l'emploi qui fera la différence.

 

5486200119_2246437ae1_m.jpg1/2Master = 1/2Cadre

 

Flexibilité, souplesse, adaptabilité. De qui se moque-t-on dans l'hexagone ? De qui se moque ce ministère ? Tout cela laisse une inquiétante impression de n'importe quoi !
Mais ça n'est pas vraiment n'importe quoi car ce pouvoir n'a de cesse de chercher à réduire les coûts engendrés par les Services Publics de la nation de toutes les façons possibles, même si cela doit passer par une déstabilisation dangereuse de ceux-ci.

Carence chronique en personnels, mise en œuvre d'une nouvelle gouvernance génératrice d'un niveau de souffrance au travail sans précédent. Averses régulières d'injonctions contradictoires. Diviser pour mieux régner, insuffler du flou et de l'incertitude à tous les échelons tout en essayant de nous faire croire (nous ne sommes plus dupes) que des experts maîtrises ce bazar sans nom. Ces messieurs dames les rédacteurs de ce rapport ne sont-ils pas des experts justement ?

Un vent de colère enfle de jour en jour qui pourrait bien balayer le royaume de France si l'on continu en haut lieu à nous arranger le Secteur Public à la sauce américaine !

 

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