Assange : Extradition Day 0 - Citizens 5. Manifestation 2X juin : Objectif ++++

Le compte à rebours de la procédure démarrait le 14 Juin. Pour le symbole nous étions présents devant l’ambassade de Grande Bretagne à Paris, histoire de tchatcher avec son baron d’occupant, de dédier un chant à Julian, et de faire la revue policière.

Gardien seul (pas pour longtemps) de l'ambassade de Grande Bretagne. © Basic_FreeOfUse Gardien seul (pas pour longtemps) de l'ambassade de Grande Bretagne. © Basic_FreeOfUse

DERNIÈRE MINUTE : UN RASSEMBLEMENT SE CONFIRME À PARIS CENTRE LE JEUDI 27 JUIN à 16H00. Plus de détails dans un billet appel dédié.

Dans un rassemblement, on arrive puis on se compte. Quand il n’y a pas eu d’appel, il faut s’attendre à se retrouver seuls. Et quand il en arrive une avec en mains Free Julian noir sur blanc, échanges de regards, le monde se repeuple instantanément.

Puis trois. 13 minutes 56s plus tard, le premier van de police appelé par le gardien en guérite arrive, sans laisser le temps au retardé citoyen de la 24ème minute. Quel manque de savoir-vivre.

En 13 minutes nous avons le temps :

  • D’informer les passants du kick start de la procédure d’extradition.
  • D’entonner un chant confraternel à l’endroit de Julian ; pas n’importe lequel : celui du poète ouvrier syndicaliste Ralph Chaplin emprisonné au nom de la loi d’exception alors très fraiche, celle de l’Espionage Act que Donald Trump a recyclée pour totaliser 175 ans de prison potentielle au bénéfice du cryptologue-journaliste Assange. En voici deux vers :

Do you not know the West is dead ?

And freedom is not there nor here.

  • De signifier aux passants que la presse leur ment, sur la question du « viol » notamment.
  • D’invectiver le tenancier de la maison Grande Bretagne à Paris, le baron Llewellyn de Steep, proche de David Cameron, moins proche peut-être du populo anglais. Mutique au sujet de Julian Assange, pour sûr.
  • De crier sa honte à Emmanuel Macron, qui de son asile élyséen refuse l’asile à Julian, père d'une fille de mère française et bienfaiteur de nos libertés à venir.
  • De préciser que l’impérialisme guerrier des États-Unis qui “justifie“ la traque assangienne, comporte quelques similitudes avec le toujours actif néo-colonialisme de France en Afrique, dont la face militaire au Mali ou au Tchad montre sa capacité à envenimer une situation que l’on prétend pacifier. D’où un deal hypothétique du genre : « Je te laisse Assange, tu me laisses un bout d’Afrique ». Pure conjecture bien sûr.
  • …..

Devant l'ambassade de Grande Bretagne, 14 juin 2019, dans un monde à l'envers. Devant l'ambassade de Grande Bretagne, 14 juin 2019, dans un monde à l'envers.

  • De fraterniser avec les quatre camarades, puis de négocier avec les keufs : « Je te donne mon nom sans te montrer mon passeport, et tu fais en sorte que ça n’atterrisse pas dans des fichiers occultes » (*). On a eu du bol, le supérieur et son collègue étaient des gars bien. Le chef nous a donné son nom ! (je vous jure, c’est rare). Et quand le sans-cervelle de la deuxième brigade est arrivé, avec une propension certaine à vouloir nous faire gouter la gard’av, ça nous a bien servi de savoir le nom du gradé qui s’était éloigné.

Devant l'ambassade de Grande Bretagne à Paris, contre l'extradition de Julian Assange. 14 Juin 2019. © Basic_FreeOfUse Devant l'ambassade de Grande Bretagne à Paris, contre l'extradition de Julian Assange. 14 Juin 2019. © Basic_FreeOfUse

Bilan des courses

Rendement 200% : cinq péquins pour une présence symbolique, c’était largement suffisant. Ça a mobilisé 10 policiers.

L’info circule : RÉUNION PRÉ-MANIF PRÉVUE LE 23 JUIN DE 15H à 18H. Lieu :  L'AGECA, 177 rue de Charonne, Paris 11ème. C'est une réunion-publique organisée par un collectif de soutien à Julian Assange et Chelsea Manning, dans laquelle plusieurs d'entre nous nous rendrons pour débattre et convenir d'une date de manifestation dans les plus brefs délais, fin juin à priori. Il est temps que l'on se rassemble nombreux de nouveau, dans un lieu symbolique ; le site d'un Média pourrait être, du moins sur Paris, un choix pertinent. Ce qui veut dire en semaine aux heures d'ouverture des bureaux, pour ne pas s'adresser à des murs. Idéalement, des actions rapprochées dans le temps pourraient être improvisées dans d'autres villes (il y en déjà eu en Bretagne face aux locaux de Ouest France, par exemple). L'idée serait de partager des photos/témoignages des différentes manifs, et de faire une communication globale. Pour Paris, le jeudi 27 juin pourrait être une date. Nous mettrons à jour cette page au plus tard le 23 juin. Dans les autres villes cela peut être aussi des lieux de représentation anglaise ou américaine, ou médiatique, mais l'important est que l'on commence à échanger les initiatives de manière plus systématique. Trop d'information est confinée à Facebook, nous tenterons sur ce site de concaténer les initiatives.

Comme d’hab : Dans le lot il y avait une gilets jaunes… à double diplôme 1968-2018… qui a rameuté une journaliste indépendante de “Vécu“ pour une petite interview filmée d’impro en direct… les GJ commencent à bien connaître les médias indépendants…

Précieux échanges, contacts et autres promesses de lendemains chantants.

Last but not least : Lire absolument le dernier billet de Céline Wagner Julian Assange : La presse craint-elle les féministes ?

(*) : Il serait illusoire de penser qu’un flic maitrise toute la chaîne. Où atterrirons nos noms seul le diable Castaner le sait. Mais nous faisons entièrement confiance en la promesse du gradé, quant à ses intentions. Et la relation de confiance c’est ce qui compte, avec quiconque.

 La législation internationale nous aurait permis de manifester plus sereinement et longuement. Le mix avec les lois nationales est compliqué, le conseil d’un avocat serait bienvenu.

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