Scandale. De sa prison Julian Assange peut envoyer une lettre à un ami

La justice occidentale se relâche. Elle laisse à un "violeur", un "espion russe", un "défenseur de Trump", un homme qui "a quitté le monde des défenseurs des droits humains" (cf Le Monde), la liberté d'envoyer une lettre timbrée ? Les libertés ont des limites tout de même. Sa lettre dit que ses droits se résument à peu près à cela : envoyer une lettre tous les 15 jours. Traduction.

Rappelons tout de même que tous les "entre guillemets" du sous-titre sont infiniment plus proches du ragot que de la vérité.

Lettre de J.Assange envoyée de sa prison Belmarsh. © Julian Assage Lettre de J.Assange envoyée de sa prison Belmarsh. © Julian Assage

  Traduction de Juliette Bouchery. 

 

« Truth, ultimately, is all we have »      Julian Assange

 

« Thanks Gordon, you’re a good man. J’ai été privé de toute possibilité de préparer ma défense : pas de portable, pas d’accès au net, jamais, pas d’ordinateur, pas d'accès bibliothèque jusqu’ici, et même si je décroche l’accès, ce ne sera qu’une demi-heure avec tous les autres [détenus], une fois par semaine. Pas plus de deux visites par mois et il faut des semaines pour faire inscrire quelqu’un sur la liste des appels approuvés, et c’est quasi impossible de faire traiter ses références par la sécurité. Ensuite, tous les appels sauf ceux des avocats sont enregistrés, durée maximale 10 minutes, dans une fenêtre étroite de 30 minutes par jour où tous essayent de téléphoner. Et le crédit ? Juste quelques livres sterling par semaine et personne ne peut appeler de l’extérieur. En face ? Une superpuissance qui se prépare depuis 9 ans et qui a mis de centaines de personnes et dépensé des millions sur l’affaire. Je suis sans défense et je compte sur vous et d’autres personnes de valeur pour me sauver la vie. Je ne suis pas cassé, bien que littéralement entouré de meurtriers, mais le temps où je pouvais lire, parler et m’organiser pour me défendre, défendre mes idéaux et mon équipe es révolu jusqu’à ce que je retrouve ma liberté. Ce sont tous les autres qui doivent prendre ma place. Le gouvernement US, ou plutôt les éléments regrettables qui en font partie et qui détestent la vérité, la liberté et la justice, veulent tricher pour obtenir mon extradition et ma mort, plutôt que laisser le public entendre la vérité. La vérité pour laquelle j’ai remporté les plus hautes récompenses en journalisme et été nominé sept fois pour le prix Nobel de la paix. La vérité, quand tout est dit, c’est tout ce que nous avons ». JPA.

La lettre a été lue en video ici : Thank you Gordon

Version Originale :

« Thank you Gordon, you’re a good man. I have been isolated from all ability to prepare to defend myself : no laptop, no Internet, ever, no computer, no library, so far, but even if I get access it will just be for a half an hour, with everyone else, once a week, just 2 visits a month and it takes weeks to get someone on the call list and a catch-22 in getting their details to be security screened, then all calls except lawyers are recorded and calls are max 10 minutes, and in a limited 30 minute window, in which all prisoners compete for the phone. A credit ? Just a few pounds a week and no one can call in. The other side ? A super power that has been preparing for 9 years, with hundreds of people and untold millions spent on the case. I am defenceless and am counting on you and others of good character to save my life. I am unbroken, albeit literally surrounded by murderers, but, the days where I could read and speak and organize to defend myself, my ideals, and my people are over until I am free ! Everyone else must take my place. The US government, or rather those regrettable elements in it that hate truth, liberty and justice, want to cheat their way into my extradition and death, rather than letting the public hear the truth, for which I have won the highest awards in journalism, and have been nominated 7 times for the Nobel Peace prize. Truth, ultimately, is all we have ».

JPA.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.