Le PS en hésitation entre congrès et primaires

Aprés une intense agitation des "leaders" ou candidats putatifs en tous genres, ces premiers jours du moi de juin semblent bien calmes, comme si chacun s'efforçait de faire le point de cette mini "guerre de mouvement". C'est que la situation ne s'est pas clarifiée, loin de là. Le duel Delanoë-Royal patine quelque peu, les grands élus locaux semblent tetanisés par l'incertitude quant au futur vainqueur et les multiples sensibilités et courants s'apperçoivent qu'elles pourront avoir leur mot à dire finalement. C'est la bouteille à l'encre !

 

Tout semblait pourtant être prêt pour écrire un scenario comparable aux primaires des candidats pour la présidentielle 2007, avec la percée de l'un ou l'effrondrement de l'autre qui, amplification médiatique aidant, drainerait les soutiens des grands élus puis des fédérations, permettant d'aborder l'été avec des positions de force ou de faiblesse bien établies dès la phase des contributions.

Et puis la machine s'est grippée.

 

Lassitude des militants ? Résistance de certains courants autour des "reconstructeurs" ? Manque de dynamisme des candidats auto-proclamés ? Enième tactique d'étouffement de l'appareil hollandais ? Spectre du mythe du congrès de Rennes ?

Toujours est-il qu'on sent bien dans les sections que les militants traînent la patte et ne se précipitent pas pour choisir telle ou telle écurie, ce que les cadres du Parti ont parfaitement intégré.

 

On peut imaginer qu'à force que soit répété qu'il s'agit d'un congrès "refondateur" ou d'un congrès d'idées, les socialistes soient tout simplement réticents à de nouveau se contenter de "prétextes" pour choisir un candidat, les dernières primaires internes ayant finalement débouché sur quelques désillusions.On pourrait ainsi assister au grand retour du "congrés" socialiste à l'ancienne.

 

Qu'est-ce qui peut alors faire la différence entre les différentes offres politiques ?

 

Depuis maintenant au moins 20 ans, on a habitué les adhérents socialistes à laisser "l'air du temps" choisir entre les différentes équipes et les différents candidats à la direction du PS.

 

Rocard a pris la succession de Fabius pour solder l'échec du second septennant mitterrandien au détour d'un conseil national en 1993, Fabius a pris sa revanche par Emmanuelli interposé à la suite du crash rocardien lors des européennes de 1994 (avec un missile du nom de Tapie), Jospin s'est imposé en 1995 faute d'autres prétendants crédibles suite au retrait de Delors, Hollande a été mis en place "pour gérer" en 1997 puis a duré à partir de 2002 par neutralisation générale du Parti, Royal a été désignée par acclamation des sondages d'opinion en 200...

 

A aucun de ces moments les militants n'ont été placé devant un choix stratégique ou idéologique un tant soit peut consistant. Dès lors, les dirigeants du PS se sont habitués à manoeuvrer dans le Parti en mimant l'élection présidentielle, en rabotant les arêtes et en gommant toute orientation qui serait susceptible de s'aliéner des soutiens potentiels. Même Royal s'est limitée à la mise en scène "d'audaces" limitées, généralement modérées par la suite.

 

Dès lors, la question se pose de savoir si celui ou ceux qui oseront jouer un peu plus l'attaque ou la percussion ne risquent finalement pas de s'avérer les futurs gagnants...

 

 

 

 

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