Inde : Kartam Joga, emprisonné pour défendre les droits des Adivasis

 Depuis plus d'un an, Kartam Joga est en prison, poursuivi pour avoir dénoncé les violations des droits humains que subissent les Adivasis. Ces peuples autochtones sont victimes de violations répétées de leurs droits dans le cadre des affrontements entre les forces de sécurité et les milices privées d’une part, et les Maoïstes armés (aussi appelés Naxalites) d’autre part, dans l’État du Chhattisgarh, au centre de l’Inde.

 

5_Kartam_Joga_Portrait-l4100.jpgDepuis plus d'un an, Kartam Joga est en prison, poursuivi pour avoir dénoncé les violations des droits humains que subissent les Adivasis. Ces peuples autochtones sont victimes de violations répétées de leurs droits dans le cadre des affrontements entre les forces de sécurité et les milices privées d’une part, et les Maoïstes armés (aussi appelés Naxalites) d’autre part, dans l’État du Chhattisgarh, au centre de l’Inde.

En 2005, Kartam Joga a été attaqué et blessé par des membres d'une milice locale privée, la Salwa Judum. Depuis, il a orga­nisé des réunions dans les villages pour rassembler des informations sur les atteintes aux droits humains contre les Adivasis (population autochtone), notamment les plus de cinq cents cas d'exécutions extrajudiciaires, les cas de violences sexuelles et de viols, les incendies volontaires de hameaux et de maisons, et le déplacement de six cent quarante-quatre hameaux adi­vasis qui en a découlé.

Trente mille Adivasis sont toujours déplacés en Inde suite au conflit avec les Maoïstes. En savoir plus sur la situation de la minorité Adivasi.

Kartam Joga est membre du Parti communiste de l'Inde (PCI) et élu d'un organe du gouvernement local du district de Dantewa­da dans la région de Bastar, État du Chhattisgarh.

Arrêté le 14 septembre 2010, il est détenu aujourd'hui dans la prison du district de Dantewada. Sous le coup de plusieurs chefs d'inculpation - collaboration avec les Maoïstes dans une embuscade où des membres des forces de police ont été tués et à plusieurs autres attaques armées - il risque une peine allant de dix ans de prison à la peine de mort. Amnesty In­ternational estime que ces chefs d'accusation sont dénués de fondement et uniquement motivés pour des raisons politiques : les autorités de l'État de Chhattisgarh ont décidé d'emprisonner et d'inculper Kartam Joga en réaction aux critiques adressées à l'État du Chhattisgarh par la Cour suprême de l'Inde lors de l'audition de cette requête.

En 2007, Kartam Joga et deux autres dirigeants du PCI avaient en effet présenté une requête à la Cour suprême de l'Inde concernant les violations de droits humains au Chhattisgarh et l'impunité dont bénéficient les forces de sécurité et la Salwa Judum, impliquées dans des opérations contre les Maoïstes armés depuis 2005. Le 5 juillet 2011, la Cour suprême a jugé que la formation de ces milices anti-maoïstes était « anticonstitutionnelle ». Elle a interdit leur utilisation, soutien et armement par l'État de Chhat­tisgargh ainsi que leur recrutement. Elle a également ordonné aux autorités de mettre en œuvre des enquêtes concernant les plaintes déposées à l'encontre de la Salwa Judum.

banniere2.jpgL'emprisonnement et l'inculpation de Kartam Joga sont un exemple flagrant supplémentaire de la façon dont depuis 2005 les autorités du Chhattisgarh ciblent de plus en plus ceux qui cherchent à défendre pacifiquement les droits humains des communautés adivasis.

Amnesty International a connaissance de plusieurs cas de défenseurs des droits des Adivasis victimes de harcèlement de la part des autorités, ayant dû fuir la région ou, pour certains, purger des peines de prison.

AMNESTY INTERNATIONAL demande aux autorités indiennes :

- de libérer immédiatement et sans condition Kartam Joga ;

- de lui garantir un jugement rapide et en accord avec les standards internationaux pour un procès équitable ;

- de mettre en œuvre la résolution de la Cour Suprême indienne concernant l'illégalité des milices armées et les abus commis contre des Adivasis dans l'Etat du Chhattisgarh par les milices Salwa Judum et les forces étatiques.

Lire le texte de soutien à Kartam Joga écrit par Coline Serreau

Avec Amnesty International, le 3 décembre, agissez sur www.marathondessignatures.com !

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