C’est ici que je vais mourir : emprisonnement à vie des mineurs aux États-Unis

Aux États-Unis, une personne âgée de moins de 18 ans ne peut ni voter ni être jurée ni acheter de l'alcool ou des cigarettes mais elle peut être condamnée à mourir en prison.

rapport.JPGAux États-Unis, une personne âgée de moins de 18 ans ne peut ni voter ni être jurée ni acheter de l'alcool ou des cigarettes mais elle peut être condamnée à mourir en prison.Le dernier rapport d'Amnesty International sur l'emprisonnement à vie des mineurs aux États-Unis sort aujourd'hui. Il dénonce le profond isolement international de ce pays dans son application aux mineurs d'une peine d'emprisonnement à vie sans libération possible, bafouant les principes du droit international en matière de justice des mineurs. Ce rapport dévoile à travers trois histoires individuelles dont celle de Christi Lynn Cheramie le caractère totalement disproportionné et inapproprié de ce type de condamnation.

Seul pays à imposer cette peine à des personnes pour des crimes qu'elles ont ou auraient commis alors qu'elles étaient mineures, les États-Unis comptent plus de 2500 personnes enfermées à vie, alors qu'elles étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés. C'est en 2005 que la Cour Suprême des États-Unis a déclaré l'exécution des mineurs délinquants contraire à la Constitution. Jusqu'à cette date, pour échapper à la peine de mort, bon nombre de mineurs poursuivis pour crimes n'avaient que la possibilité de plaider coupable, ce qui entraînait obligatoirement leur condamnation à l'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Le cas de Christi Lynn Cheramie en est une parfaite illustration.

Les trois cas présentés dans le rapport : Jacqueline Montanez incarcérée dans l'Illinois, David Young emprisonné en Caroline du Nord et Christi Cheramie purgeant sa peine en Louisiane ne rendent pas compte de la situation des 2 500 condamnés (par exemple il y a plus de mineurs de sexe masculin que de sexe féminin). Mais ils sont l'illustration de situations différentes ayant en commun le déni de toute réinsertion possible alors que les actes commis dans le passé reflètent souvent des antécédents familiaux lourds (abus sexuels, drogues, pauvreté extrême...) et essentiellement leur immaturité, une des caractéristiques de l'enfance qui rend encore plus inacceptables de telles condamnations.

banniere2.jpgEn publiant ce rapport, Amnesty International souhaite convaincre les États-Unis de ratifier la Convention des Droits de l'Enfant qui interdit de telles condamnations et donc à renoncer à l'usage d'une telle sentence y compris pour les personnes déjà emprisonnées, condamnées alors qu'elles étaient mineures.

A ce jour, seuls deux pays n'ont pas ratifié la Convention des Droits de l'Enfant ; les États-Unis et la Somalie. Il est temps que les États-Unis, qui se veulent comme remplissant leurs obligations internationales renoncent définitivement à l'usage de l'emprisonnement à vie sans possibilité de liberté conditionnelle.

En savoir plus sur Christi Cheramie, mineure emprisonnée à vie

Voir en vidéo le témoignage de Christi Cheramie

Lire le texte que Gérard Mordillat a écrit pour Christi

Avec Amnesty International, le 3 décembre, agissez sur www.marathondessignatures.com !

 

 

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