Les livres de Mediapart

Mediapart a publié plusieurs livres. Retrouvez leur présentation ci-dessous et des extraits:

Avec Finissons-en !, qui sort cette semaine aux éditions Don Quichotte, Mediapart achève l'inventaire du bilan de la présidence Sarkozy commencé avec un premier tome, N'oubliez pas ! (voir plus bas), paru il y a deux ans. Manuels civiques, ces deux ouvrages donnent la mesure de la dégradation française depuis 2007, aussi bien sociale que démocratique, morale qu'internationale. En avant-première, voici son introduction qui fixe les enjeux de l'élection présidentielle.

Lire ici la préface d'Edwy Plenel.

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Il est l'un de ceux, l'un de ces très rares candidats, qui peut faire dérailler le scénario trop bien huilé de la campagne présidentielle. Jean-Luc Mélenchon est un « plébéien », un tribun du peuple et de cette plèbe qui, sous la Rome antique, faisait et défaisait les pouvoirs : la formule est de Stéphane Alliès, que les lecteurs de Mediapart connaissent bien puisqu'il suit depuis notre lancement, en mars 2008, les aventures de la gauche, et de notre confrère de Libération, Lilian Alemagna. Les deux journalistes publient ce 19 janvier une biographie extrêmement fouillée du candidat du Front de gauche à la présidentielle (chez Robert Laffont). On croyait connaître l'homme, son tempérament éruptif, ses qualités de tribun, ses exaspérations à l'encontre du parti socialiste qu'il a quitté en novembre 2008, ses habiletés manœuvrières et ses inébranlables convictions.

Lire les bonnes feuilles que nous avons publiées.

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Le passé entre la France et la Tunisie où se mêlent cynisme, aveuglement politique, compromissions, affairisme et corruption, deux journalistes de Mediapart l'explorent méthodiquement dans un livre, Tunis Connection, qui paraît publié le 5 janvier aux éditions du Seuil. Dès son lancement en 2008, Mediapart avait accordé une large place à la Tunisie (ce qui nous avait valu d'être interdit dans ce pays). Depuis janvier 2011, nous avons intensifié cette couverture, suivant pas à pas la chute de Ben Ali et la première des révolutions citoyennes et démocratiques arabes.  Dans Tunis Connection, Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix reconstituent le détail des liens politiques et d'affaires d'une partie des «élites» françaises – intellectuels et journalistes compris – avec le régime Ben Ali. Plus de cent entretiens ont été conduits qui dessinent le paysage accablant d'une France accommodante et ignorante. Ignorante du peuple tunisien d'abord, et des opposants qui envers et contre tout tentaient de résister au régime.

Lire les bonnes feuilles que nous avons publiées.

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Les éditions Galaade avaient déjà publié le 7 avril, Tunisie, une révolution arabe, un livre de Pierre Puchot, reporter Maghreb et Moyen-Orient à Mediapart. L'avocate Radhia Nasraoui, présidente de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, et l'historien Saber Mansouri, disciple de Pierre Vidal-Naquet, l'accompagnent de leurs amicales préface et postface.

Lire en cliquant ici la présentation d'Edwy Plenel

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Depuis 2007, nous savons de quoi la France est malade : du présidentialisme qui est au régime présidentiel ce que l'intégrisme est aux religions. Ce n'est pas le fait qu'il y ait une Présidence de la République, c'est que la République soit aux mains du Président.

Déjà partenaires de Mediapart pour deux précédents livres (N'oubliez pas! et L'Affaire Bettencourt), les éditions Don Quichotte publient, cette semaine, Le Président de trop. A travers une analyse du sarkozysme, cet ouvrage (510 p., 19,90 €) propose une critique du présidentialisme français, soulignant les enjeux démocratiques et sociaux de l'élection présidentielle de 2012, loin des batailles narcissiques ou boutiquières. Les débats publics ou les émissions audiovisuelles autour du livre sont indiqués sur le site de l'attaché de presse des éditions Don Quichotte, Gilles Paris (c'est ici, quant au site des éditions, c'est là). 

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Le pouvoir conduit une stratégie déterminée d'étouffement du scandale Bettencourt-Woerth-Sarkozy. Y parviendra-t-il? C'est l'enjeu du livre publié par le 7 octobre la rédaction de Mediapart aux éditions Don Quichotte. Ce livre est disponible en librairie et aussi à la vente en ligne, par exemple ici

L'incendie qui menaçait le palais de l'Elysée est-il éteint ? On pourrait le penser au vu du soudain silence qui entoure ce qui a été depuis le mois de juin l'un des plus grands scandales de la Ve République. Le sort de l'affaire Bettencourt-Woerth se joue désormais dans les huis clos bien gardés de procédures judiciaires opaques et de manœuvres politiques décidées à l'Elysée.

L'opinion, nos lecteurs et abonnéss'étonneront sans doute de ce quasi coup d'arrêt donné à une actualité qui a mobilisé durant des semaines les médias, la classe politique et une bonne partie de l'appareil d'Etat. Une actualité chasse l'autre ? C'est ce à quoi s'emploie le pouvoir, avec une méticulosité certaine.

Deux choix ont été faits à l'Elysée. Le premier est d'avoir remis au pas l'appareil d'Etat avec un objectif unique : verrouiller toute la communication autour de procédures judiciaires certes toujours en cours mais qui sont largement sous le contrôle de l'exécutif. Le second a été de bousculer le paysage politique avec le discours de Grenoble pour créer un agenda gouvernemental et informatif tout autre : immigration, délinquance, sécurité, terrorisme, islam.

Sans vouloir être désagréable avec nos confrères, on peut constater ci-dessousles réels succès engrangés par l'Elysée dans cette reconquête de l'agenda :

Eh oui, nous revoilà avec les marronniers sur l'islam et l'Occident, l'échec de l'intégration, les « ce qu'on n'ose pas dire sur l'immigration », la « poussée des fondamentalistes », la menace terroriste... et même un reportage entièrement bidonné sur les familles polygames (dans Le Point) et ce, dans deux des principaux hebdomadaires d'information de ce pays !

Au même moment, les députés consacrent l'essentiel de leur mois de septembre à voter des textes interdisant le port du niqab (qui concerne quelques centaines de personnes), à faciliter les procédures d'expulsion, à instaurer un « bannissement », à priver de droits les étrangers malades (quelques milliers de personnes concernées). Et, sommet de l'ignominie, à voter un texte (voué à l'inconstitutionnalité) créant deux catégories de Français, les « bons Français », selon Eric Besson, et ceux qui pourront être déchus de la nationalité.

Voilà donc les urgences officielles de ce pays telles que vues par Nicolas Sarkozy (et lui seul, le gouvernement étant moribond et le premier ministre sur le départ). Le dossier des retraites, et le blocage spectaculairement organisé par le pouvoir sur ce sujet, sert quant à lui à faire oublier la vraie urgence : celle de l'emploi.

Et l'affaire Bettencourt, donc ? La mise sous contrôle s'est faite en plusieurs étapes.

-       Contrôle policier d'abord en recourant, semble-t-il en dehors de tout cadre légal, à une surveillance téléphonique mise en place par la DCRI, chargée d'enquêter sur les journalistes et leurs possibles sources dans l'appareil d'Etat. La plainte contre X... déposée le journal Le Monde mettra des mois à être instruite.

-       Mise sous contrôle de la justice enfin puisque près de quatre mois après la révélation de l'affaire par Mediapart, aucune enquête sur les faits révélés ou suspectés n'a été confiée à un juge indépendant. Fraude fiscale, trafic d'influence, financements politiques illégaux, pression sur la justice. Chacun de ces dossiers demeure dans les mains exclusives du procureur de Nanterre Philippe Courroye. Et ce dernier s'est permis d'écarter de quelques phrases catégoriques la recommandation faite par le premier parquetier de France, Jean-Louis Nadal, d'ouvrir une information judiciaire.

Ainsi, à l'exception du travail de la juge Isabelle Prévost-Desprez, dont l'enquête a un champ strictement délimité – l'éventuel abus de faiblesse dont a été victime Liliane Bettencourt –, l'affaire Bettencourt est soumise au bon vouloir du procureur de Nanterre lui-même soumis au bon vouloir de sa tutelle directe, le pouvoir politique.

Il n'est donc pas exclu – pour ne pas écrire qu'il semble acquis – que Philippe Courroye classe sans suite, après le remaniement gouvernemental par exemple, les dossiers qui menacent Eric Woerth, l'UMP et Nicolas Sarkozy, et décide de renvoyer en citation directe devant le tribunal correctionnel le majodorme, auteur des enregistrements pirates, ainsi que l'ex-comptable des Bettencourt. Quant à la fraude fiscale, révélée par les enregistrements et confirmée par Liliane Bettencourt, une négociation avec le ministère du budget pourrait suffire...

Le scénario de l'étouffement aurait été alors mené à la perfection. De cette affaire complexe, tentaculaire mais visant le cœur même du pouvoir, il ne resterait qu'un « Pschiiittt », comme dirait Jacques Chirac.

C'est justement pour rétablir les faits, mesurer pleinement leur ampleur et expliciter la stratégie de riposte du pouvoir que Mediapart publie ce jeudi 7 octobre un livre aux Editions Don Quichotte, L'Affaire Bettencourt, un scandale d'Etat.

Ce livre est d'abord signé par Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, qui ont minutieusement exploré la teneur des enregistrements clandestins pour n'en retenir que les informations d'intérêt public, puis ont révélé les innombrables tentatives du pouvoir politique pour empêcher la justice de progresser. Mais ce livre est aussi celui de toute la rédaction de Mediapart, ses journalistes s'étant tous emparés de tel ou tel volet de l'affaire pour enrichir l'enquête, la prolonger et contribuer à faire émerger un monde enfoui : celui où l'argent et le pouvoir, émancipés de la Loi commune, fusionnent.

L'Affaire Bettencourt, un scandale d'Etat reprend ainsi les principales enquêtes que nous avons publiées depuis le 16 juin. Il reprend également les analyses et les éditoriaux qui ont permis de fixer les enjeux de cette affaire. A ces textes déjà publiés sur le site Mediapart, nous avons joint une chronologie détaillée et les notices biographiques des principaux acteurs de l'affaire. Au-delà des grandes thématiques qui structurent le livre, nous avons conservé le fil chronologique de cette affaire. Pour mieux montrer et faire comprendre qu'une nouvelle étape est aujourd'hui engagée. Et que Mediapart n'a aucunement renoncé à enquêter. Malgré l'ampleur des moyens mis en œuvre par le pouvoir pour empêcher les journalistes d'informer.

«L'Affaire Bettencourt, un scandale d'Etat», éditions Don Quichotte, 308 pages. 18,90 euros.

En librairie, et aussi disponible à la vente en ligne, par exemple ici

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Ce livre de 296 pages, paru en janvier 2010, est le prolongement du travail éditorial de l'équipe de Mediapart: 33 longues analyses inédites – fouillant aussi bien la politique économique, sociale, judiciaire que les réseaux d'influence, les mensonges du président ou les ravages à droite (voir le sommaire complet en fin de ce billet) – y jouxtent une quinzaine de contributions de lecteurs publiées sur le site et offrant des opinions, des regards experts et des sensibilités diverses.

Le tout s'appuie sur une chronologie de quelque 300 dates retraçant par le menu la période qui court du 6 mai 2007 au 6 novembre 2009 et qui a vu: un divorce et un mariage à l'Élysée; des vacances sur le yacht de Vincent Bolloré; l'injonction de lire la lettre de Guy Môquet dans toutes les classes; le retrait du fichier Edvige; la plus longue grève des universités et les plus grandes manifestations de salariés depuis des décennies, etc.


 

Pourquoi ce livre? Un extrait de la préface y répond:


«Tout a été dit de l'extraordinaire capacité de Nicolas Sarkozy à dicter l'ordre du jour du débat public, à maîtriser l'agenda médiatique, à imposer que le système d'information de ce pays tourne tout entier autour du nouveau soleil élyséen. Avec deux conséquences: la première est un activisme échevelé puisqu'un flot d'annonces ou de mesures doit sans cesse alimenter la machine à fabriquer des histoires; la seconde est une personnalisation extrême, un “je” sans cesse affirmé et revendiqué puisque tous ces récits doivent converger vers l'acteur principal, le président.
Pour rendre compte de cette politique, il fallait donc briser le charme, échapper à ces techniques d'enchantement, passer les filtres et les écrans pour s'immerger autrement dans cette présidence inédite de la Ve République, inédite car la plupart des codes traditionnels de représentation, de décision et d'action ont été transgressés. C'est le projet de ce livre, oublier l'instant qui efface l'autre, les stratégies de communication et les péripéties de la saga sarkozyste, pour en revenir, tout simplement, au réel.
Car le réel frappe aujourd'hui à la porte de l'hyperprésidence. A mi-mandat, Nicolas Sarkozy est confronté à l'équation qu'ont eu à résoudre tous les présidents de la Ve République. Le projet initial, celui qui a porté la campagne électorale, s'épuise. Et le bilan émerge, par bribes, incomplet, discuté et forcément disputé puisque c'est à partir de ces éléments de bilan que se reconstruira l'entreprise sarkozyste. D'où l'urgence d'un inventaire et d'une autopsie des politiques menées durant les trente premiers mois de cette présidence. D'où l'urgence de ne pas oublier, alors que s'élaborent les stratégies de campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2012.»
Pour entrer davantage dans les détails, voici le sommaire (les astérisques signalent les contributions du Club de Mediapart)

– Préface: Retour au réel par François Bonnet, Sophie Dufau

– Des amis du Fouquet's à la promotion du fils Jean, par Antoine Perraud

– La singulière ouverture d'un gouvernement, par Gérard Desportes

– Le discours de Dakar: derrière le scandale, le néant de la politique en Afrique, par François Bonnet

– La loi Travail, emploi et pouvoir d'achat (Tepa), les riches vont pouvoir gagner plus, par Mathieu Magnaudeix et Martine Orange

– Justice: une mise au pas sous couvert de chambardement, par Erich Inciyan

– Les mots de l'absolutisme ordinaire, par Antoine Perraud

– Un géant du renseignement policier et l'extension du secret-défense, par Erich Inciyan

– OGM, taxe carbone... L'écolo-sarkozisme à l'épreuve de ses promesses, par Jade Lindgaard

– La faillite du slogan “Tous propriétaires”, par Michaël Hajdenberg

– La grande offensive contre la laïcité, par Gérard Desportes

– Avec Fadela Amara, l'invisible politique de la ville, par Michaël Hajdenberg

– Le journalisme pris au piège, par Edwy Plenel

– A Gandrange et ailleurs, des engagements jamais suivis d'effets, par Mathieu Magnaudeix

– Education: des réformes qui se résument à la suppression de 40 700 postes, par Louise Fessard

– Qui veut la peau de Carla Bruni, par Mathieu Potte-Bonneville*

– Union pour la Méditerranée, un mirage qui coûte cher, par Pierre Puchot

– Avec Obama, l'entente très distante, par Thomas Cantaloube

– La casse des services publics, par Martine Orange

– RSA: la naissance d'un régime de précarité assistée, par Serge Paugam *

– Service de l'Etat ou petits services entre amis, par Erich Inciyan

– “Réguler le capitalisme” sans rien en changer, par Ludovic Lamant

– La crise, une belle aubaine pour justifier les déficits, par Martine Orange

– Internet et création: des dogmes aux possibles, par Philippe Aigrain *

– Les zéros sont fatigués, par Dominique Conil *

– Obama ou le deuxième pas sur la Lune, par Ben Boukhtache *

– Le “fou dangereux”, nouvel argumentaire pour un discours sécuritaire, par Sophie Dufau

– La fin du droit des enfants, par François Colcombet *

– Sabotage des lignes TGV: du sacrilège religieux au sacrilège laïque, par Luc Boltanski* et Elisabeth Claverie*

– Immigration: l'état d'expulsion, par Carine Fouteau

– L'âme de la France au musée, par Nicolas Offenstadt*

– Aux Antilles, la rupture s'efface devant les réseaux chiraquiens, par Stéphane Alliès

– Petit lexique à l'usage des demandeurs d'emploi dans le vent, par Grain de sel *

– Universités: la stratégie du pourrissement, par Jade Lindgaard

– 367 morts, 365 jours, par Christophe Louis *

– Antilles: le texte intégral du Manifeste des neuf.

– Emploi: six promesses et leur bilan, par Mathieu Magnaudeix

– Recherche: Sarkozy a raison!, par Michael Löwy *

– Aux affidés, tous les cadeaux sont permis, par Laurent Mauduit

– Les mots ont un sens: Bilan de deux années, par Dominique Wittorski *

– Portiques à l'école et corps de garde, par Claude Lelièvre *

– La réforme des institutions au service d'une hyper-présidence, par Mathilde Mathieu

– Molex: “On se fait enfumer comme il faut”, par Frédéric Bourgade *

– Disparition du juge d'instruction: et l'indépendance?, par Renaud Chazal de Mauriac*

– De la poupée vaudou au procès Clearstream, la longue liste des plaintes d'un intouchable, par Fabrice Arfi

– Casse-toi, pauvre jeune, par Michaël Hajdenberg

– Des régions au Grand Paris, le retour à l'Etat centralisé, par Gérard Desportes et Michaël Hajdenberg

– L'arrogant président européen a dû rentrer dans le rang, par François Bonnet

– Un chapelet de mensonges

– Maltraitée et effarée, la droite se prend à douter, par Marine Turchi

– Postface: Une honte nationale, par Edwy Plenel

  • N'oubliez pas! Faits et gestes de la présidence Sarkozy, décryptage au jour le jour d'une contre-révolution.

Par la rédaction de Mediapart
Ed. Don Quichotte
296 pages, 19,90 €

En librairie, et aussi disponible à la vente en ligne, par exemple ici

 

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