Ce soir, 18h30, à la BNF, Salman Rushdie

World fiction : si l'expression n'était pas devenue aussi péjorative pour certains, c'est ainsi qu'il conviendrait de qualifier l'œuvre de Salman Rushdie, sans doute au monde l'auteur qui s'emploie le plus à écrire les contes et légendes de notre planète, le grand écrivain de la globalisation.
Cette mondialisation contemporaine bien sûr, qu'il décrivait avec virtuosité, par exemple, dans son dernier roman, Shalimar le clown, entre le Kashmir et Hollywood, mais aussi les racines de cette histoire qui fut toujours commune des relations incessantes de l'Est et de l'Ouest (titre d'un de ses recueils d'essais).
L'Enchanteresse de Florence, son dixième roman, qui paraît cette semaine en français, se déroule au XVIème, époque de deux Renaissances simultanée, l'Européenne, Italienne surtout, celle qu'ici nous connaissons tous plus ou moins, mais aussi l'Indienne, celle de la cour du Grand Moghol dont nous, Européens, n'apprenons pas grand chose à l'école. Un peu comme Italo Calvino qui avait imaginé dans Les Villes invisibles la rencontre entre Marco Polo et Kublaï Khan.

C'est ici le petit fils de Kublaï Khan que met en scène Rushdie, le grand moghol Akbar, installé dans sa nouvelle capitale de Fathepur Sikri et à la rencontre duquel arrive en char à bœuf un personnage non moins incroyable, un Vespucci prénommé Niccolo, réfugié de l'autre Renaissance, l'italienne, et surnommé Moghol de l'amour. Flamboyant, riche, rythmé, L'Enchanteresse de Florence prend davantage la forme d'un conte ou d'un conte de contes bien plus que d'un roman au sens classique, Rushdie y fait, comme à l'habitude, un florissant commerce d'histoires entre plusieurs continents et traditions. Un peu à l'image d'Akbar qui fantasme sa reine et fini par la faire exister, il écrit la légende d'un monde qui ne fait qu'un, et dans lequel ce qui rassemble dépasse largement ce qui nous divise.

 

Bonus:

  • un entretien réalisé en 1996 (4 pages)

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  • Un entretien réalisé en 2005 (5 pages)

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Jeudi 16 octobre à 18h30
Entretien / Lecture
BNF, 11 quai François Mauriac, Paris 13e
M° Bibliothèque François-Mitterrand/Quai de la Gare
Bus 62, 64, 89, 132, 325
Vélib’ 7/9 Quai François Mauriac

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