Édouard GLISSANT, feu Père-Vivant de la Nation Martinique ! 8 février 2011 Le Diamant

"Le poète inouï perceur du réel désapparût de notre côté de l'horizon le 3 février 2011 à Paris. Employant pour moitié la langue française et pour l'autre le Guyanais, j'avais pris soin de me présenter aux organisateurs et autorités de la Veillée Créole comme étant arrivé de Cayenne le soir même et porteur d'un poème".

Édouard Glissant. Tunis, Carthage en 2005. (Par Jean-Denis Bonan). Édouard Glissant. Tunis, Carthage en 2005. (Par Jean-Denis Bonan).
Cap 110, au pied du Morne Larcher. Le Diamant. Le 8 février 2011. Cap 110, au pied du Morne Larcher. Le Diamant. Le 8 février 2011.

 

"Il fallait obtenir leur consentement quant à l'opportunité d'y placer le drapeau de la Guyane en mémoire du Front Antillo-Guyanais. Le maire du Diamant me répondît en quatre mots : "Météy koté ou lé !" (Mettez-le où bon vous semblera !).

Il le plantait alors, sans plus se faire prier, dans le sol de la perle des Caraïbes où il ne cessa, dès l'instant, de claquer droit au vent juste à côté de la tente où reposait un feu Père-Vivant de la Nation.

Elle était placée en hauteur de flots sur le cap, à portée d'embruns et de paquets bouffés de vent. Tandis que les lames vôtives en escorte lui prêtaient serment de courir la terre, le feu, l'eau et les vents de mer par ce houleux cortège et souverain trident. Elles se précipitaient d'une ferveur dévote au croisement des lunes de la baie pour venir lui danser quelques armées de Laghia déchaînées sur les roches de mer.

Notre harponneur de force et d'eau-vive est désormais escorté par les immenses statues mémorielles de Laurent Valère, prosternées vers les eaux inestimables du rocher qui fût témoin du dernier naufrage d'un navire négrier".

(Extraits d'IRACOUBO, l'Épicentre des Eaux. Association Guyanaise d'Édition 2017, à paraitre).

Et sur MONTRAY KRÉYOL, le site d'infos Caribéo-Afro-Latinoaméricain de l'écrivain Martiniquais Raphaël Confiant ici :

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