Chroniques de la Colonialité : Les violences psychologiques policières

On casse du nègre et on nettoie les traces ! Paris – Les Halles, au cœur de la capitale nous sommes abusés mon camarade et moi pour nos corps et cœurs de Noirs, le 28 septembre 2020 vers 16h15. Ces violences policières invisibles et invisibilisées envers les Noirs questionnent le rapport colonial qui articule toujours l’exercice de l’autorité dans nos socialités contemporaines.

art-7-0-1

 

 

On casse du nègre et on nettoie les traces ! Paris – Les Halles, au cœur de la capitale nous sommes abusés mon camarade et moi pour nos corps et cœurs de Noirs, par une patrouille de police. Le 28 septembre 2020 vers 16h15, j'en témoigne. La narration ici de cette pratique si courante des violences policières les montre d’autant plus invisibilisées quand elles sont psychologiques.

     Nous discutons près de la fontaine en cette grise après-midi, à l’angle de la Rue Berger et de la Rue Saint-Denis, bordée ci et là par des groupes de personnes se retrouvant, sagement.

Nous voyons alors pointer une patrouille de nos forces de l’ordre, toutes rangées au service d’une filiation républicaine Blanche ascendante et toute-puissante, filer comme un rapace sur sa proie vers un groupe de jeunes Noirs. Leurs masques à la main suffisent au motif du contrôle de leur identité. S’ensuivent des fouilles au corps.

Contrôle d’identité injustifiable, corps malmené, tutoiement, piques, les violences psychologiques s’enchaînent dans ce huit-clos, étanche et propice à leurs poussées spastiques.

Les policiers dispersent finalement les jeunes pour isoler l’un d’entre eux et mieux l’entourer de leur harcèlement. Les expressions corporelles du jeune homme parlent des violences psychologiques qu’il subit. Il souffre, il l’exprime.

Je filme la scène et m’en approche jusqu’à m’y trouver à distanciation sociale oblige. La policière de patrouille me somme de cesser de filmer et d’aller faire des choses plus utiles que cela. Je lui rétorque qu’il en va de ma liberté d’expression.

Un de ses colistiers, le plus âgé, renchérit d’autoritarisme et m’ordonne de lui remettre mon téléphone. Je refuse. Il me menace, et saisissant mon téléphone en efface la vidéo toujours en cours.

Il ordonne à la policière de procéder à la fouille de mon corps, au beau milieu de cet espace très public.

L’interrogatoire se muscle et bande au son de ses éructations interminables, supportées par l’excuse sécuritaire et les attentats dits terroristes2. Les preuves sont détruites, je le constaterai trois-quart d’heure plus tard quand le policier me rendra mon téléphone nettoyé de la vidéo qui me vaut cette interpellation.

L’agent se durcit à mesure que je réponds. Ces agents d’une police française aux filtres perceptifs ethnicisés, et dont les immunités professionnelles couvrent les exhalaisons afrophobes, ne voient dans mes intentions que celle de « foutre leurs vies en l’air en publiant ma vidéo sur les réseaux sociaux ».

L’agent affirme agir par « réquisition préfectorale » pour s’arroger le droit de nous tourmenter. Je lui demande de me montrer cet ordre de réquisition, mais il fait le sourd et le féroce. Il me promet d’enquêter à mon sujet auprès de MEDIAPART. L’homme est toujours plus mordant.

Mon camarade, m’ayant rejoint, s’est aussi fait harponner par les trois autres policiers et notre opération coups de poing qui procède par brimades, intimidations, offenses, se poursuit.

Contrôle d’identité, fouille au corps, tutoiement, piques, sarcasmes, mépris. Nos agents ne renoncent à rien sous la jouissance de leurs pulsions. Et leur pouvoir discrétionnaire ne peut qu’en exalter l’orientation sadique.

Mon camarade leur précise qu’il est un militant anti-colonialiste, et remarque leurs méthodes héritées de la police de Vichy. Tandis qu’ils le poursuivent de leurs saillies rogues, dégradantes, mon inquisiteur se recentre sur moi. Le genre fan de J.M. Bigard et Zemmour avec. Il m’assomme de son propos moralisateur étayé de Valeurs Actuelles, se jouant à l’excès de ma personne - bien inoffensive pourtant - en la muselant. La proie est idéale si elle est faible.

La scène dure interminablement, la patrouille menace mon camarade de lembarquer au poste. Toujours pédagogue, mon ami parle de cet ancien fait social que sont les discriminations plurielles perpétrées envers les Noirs. Son intelligence lui vaut la chicote.

Il finit par écoper de 250 euros d’amende pour outrage à agent ! Alors qu’il n’a jamais exprimé quoique ce soit de l’ordre d’un outrage à agent. Sa seule faute est imputable au délit de faciès, et cela pour m’avoir rejoint afin de ne pas me laisser seule dans ces violences policières invisibles.

 

    Non loin des jeunes hommes Noirs se tenaient pourtant deux Blancs, dépourvus de masques, qui consommaient de l’alcool, alors qu’après 16 h cette consommation est prohibée dans les espaces publics. Mais ceux qui furent victimes du despotisme policier furent quelques jeunes ciblés pour leur phénotype africain, et nous-mêmes pour notre solidarité avec eux.

De ce que je viens de rapporter, je ne pourrai produire nulle image mais j’en garde mes images, le film, une trace mentale, qui reviendront de temps à autre. Le récit devait se faire.

Pour ces jeunes, l’impact psychotraumatique s’inscrit et s’accentue à mesure que se reproduisent ces interpellations arbitraires et les violences qui les administrent.

    Ces violences silencieuses sévissent à l’endroit du corps, en raison de préjugés négrophobes arriérés mais bien opérants. À l’endroit du corps, là où ça fait mal. Le corps, ce substrat du MOI. Là où l’image du corps construit l’identité personnelle. Là où le corps des Noirs historicisé par une société française colonialiste est toujours frappé d’exogénéité, au sein d’un monde qui fonctionne sûrement par un imaginaire collectif articulé d’une iconostase dressant le Blanc-supérieur face au Noir-inférieur.

À l’endroit du corps, ce corps qui ne cesse de les renvoyer à leur légitimité dans notre société, notre premier monde, où le racisme anti-Noir est structurel et systémique en sus de se produire sous les formes les plus décomplexées. Par le corps et les violences auxquelles il expose, les Noirs de France sont perpétuellement questionnés dans leur légitimité, ce qui d’un même mouvement ne manque pas de les délégitimer et de reconduire les préjugés afrophobes.

Ils se construisent alors dans un sentiment d'infériorité, à force de dévalorisations et d'humiliations répétées, surgissant toujours du physique, objectivé à coups de dénigrements et de discriminations.

Ces violences psychologiques policières agissent d’autant que la relation de domination articulée par le schème autorité/obéissance devient toujours une relation personnalisée, incarnée par le substrat-corps, en qui se matérialise les abus, mais … en silence ! Les corps Noirs les attirent particulièrement, en toute afrophobie et en tout racisme anti-Noir3.

  Cette mise en examen persistante des Noirs fonctionne dans un continuum suprémaciste, dont les policiers tire leur formatage et leur immunité à vie pour un exercice personnel de la violence d’État. Dans cet espace de leur exercice personnel, ils trouvent l’espace de fonctionnement d’un MOI idéal autoritariste voire tyrannique où leur recherche de toute-puissance est licite. Pleinement investis de violence légitime, ils ne connaissent que très peu de limites dans leur délégation.

Cette violence est en effet légitime, disait Weber pour qualifier la violence d’État et étudier son opérationnalité politique. Et la définition régalienne de l’État, qui soutient l’État comme axé sur des fonctions de sécurité et de sûreté dans la société, n’a jamais bien résisté à la violence légitime qu’elle produit. Du reste pour Marx et Engels, la légitimité est un faux problème car seul compte le rapport de force, inéluctable. C’est avec eux que se conçût une violence de l’État qui n’est pas plus légitime que celle de ses opposants.

Et jamais les Noirs n’ont été autant persécutés au moyen de cette violence légitime, invisible et invisibilisée, cela malgré l’existence depuis vingt ans de nombreux rapports. Déjà en 2006, dans un dossier de 46 pages intitulé France : Des policiers au-dessus des lois, Amnesty International analysait 10 cas, dont 7 d’entre eux étaient de jeunes Noirs4.

Ainsi depuis des décennies les Noirs sont exclus de l’intérieur, vivant dans ce rejet particulier les pires humiliations et dégradations qui peuvent être faite à un Homme, celles qui le désaffilient et le néantisent.

   Au type de violence, le facteur de la fréquence s’ajoute. La fréquence des violences psychologiques policières est telle, au point que les interpellations sans violences sont rares, qu’une blessure psychique se forme, se développe et souvent se calcifie au cœur de l’identité Noire, sous les coups de la répétition, à l’endroit de l’apparence, de l’image et de l’estime de soi.

Si le plus haut degré de cruauté et de criminalité est atteint par les violences policières physiques, les violences psychologiques doivent aussi être reconnues pour leur impact traumatique. Le Dr Muriel SALMONA définit en ces termes cet impact : « Comme l'ensemble des troubles psychiques immédiats, post-immédiats puis chroniques se développant chez une personne après un événement traumatique ayant menacé son intégrité physique et/ou psychique», dans un environnement où « les relations inter-humaines sont les plus grandes pourvoyeuses de psychotraumatismes. »

Nous devons connaître les turpitudes policières aux pratiques, dites méthodes, infâmes. Elles redoublent face aux Noirs de France, victimes de la transgression de l’interdit de discrimination raciale, transgression la plus normalisée sous l’arrogance de la grande part de ce corps professionnel. Les violences psychologiques constituent un moyen, acéré, dédié à la destruction psychique de l’autre, mais un moyen normalisé pour les forces de l’ordre. Ces violences particulières font l’opérationnalité de l’instrumentalisation psychologique et de ses renforcements, et ceux qui en usent le savent bien.

« Les violences psychologiques sont une arme très efficace pour soumettre, dominer, asservir et elles ont pour but d'imposer une domination pour avoir l'autre à disposition et pour l'instrumentaliser à loisir. »5

Notre situation de lundi dernier, montre encore comment la manipulation, l'intimidation, la menace, la terreur sont jouées pour obtenir l’interaction dominant/dominé recherchée. Soit autant d’intentions à la faveur de l’emprise et des dommages qu’elle provoque :

«  La domination passe par le rapport de force, par la manipulation, par l'intimidation, par la menace, par la terreur (…). Elles sont une véritable entreprise de démolition identitaire utilisée pour conditionner les victimes de façon qu’elles se ressentent comme inférieures, incapables, incompétentes, inintelligentes, coupables, n’ayant aucune valeur, réduites à une chose, pensant n'avoir aucun droit »6.

   Les agents de police, à tous les niveaux de la hiérarchie, trouvent dans cette violence sur délégation une satisfaction à leurs pulsions, dont le caractère primaire de l’assouvissement exalte le narcissisme. Notons que l’agent m’ayant interpellé s’est fondé sur une prétendue « Réquisition préfectorale », soit sur la délégation, pour m’arracher mon téléphone avec la vidéo en cours. L’accrochage à «la délégation » indique bien d’autre part une fixation sur sa représentation sociale de toute-puissance, dont il tire le bénéfice d’un MOI idéal.

Les équipes, soit le groupe de base constitué par les agents de police, deviennent cette bulle qu’ils forment pour favoriser leur inclinaison à se couper du réel. Et quand paraît le clivage procédant de cette coupure, la violence pointe comme la première réponse, dans un premier mouvement.

Cette coupure du réel se retrouve particulièrement à l’œuvre dans le huis-clos d'une famille, d'un couple, d'un lieu de travail, d’une équipe de travail, comme cet espace-temps qui laisse le tyran fonctionner en toute impunité.

Le métier d’agent de police excite la polarité narcissique tant dans les représentations sociales dont il jouit que dans les pratiques professionnelles qui lui donnent corps. Et les violences psychologiques dont usent ces agents, traduisent de fortes défenses contre les angoisses primaires, auxquelles ils trouvent une compensation narcissique dans la toute-puissance et ses abus.

Ces abus grossissent de la banalisation du racisme anti-Noir dont les violences policières ne sont que la petite partie à peine visible de l’iceberg. Saïd BOUAMAMA a récemment exprimé cette banalisation du racisme en ces mots :

« La succession de ces expressions du racisme fait courir le risque certain qu’une partie des habitant de l’hexagone s’habitue au mal, s’acclimate à l’inacceptable et s’adapte à l’invivable. (…) ces passages à l’acte raciste dont la succession indique le passage d’un seuil dans l’enracinement et la banalisation du racisme dans la société française »7

 

   Ces violences policières génèrent d’autant une captation aliénante des Noirs qu’elles participent de la structuration de la négrophobie et du racisme anti-Noir. Car le fonctionnement policier indique bien en France la présence d’un racisme anti-Noir structurel, mis en acte par les violences abusives régulièrement commises.

Grégory PIERROT professeur de littérature américaine à l’université du Connecticut, citoyen franco-américain, conteste Eric BRUNET au sujet de la police française en deux points. Le premier voudrait que pour BRUNET la police ne peut pas être raciste parce que la République française n’a pas d’histoire raciste. D’autre part, il en conclue à l’inanité de l’idée de racisme institutionnel en France.

Or Grégory PIERROT montre nombre d’institutions françaises, notamment celles nées avant la Révolution, qui portent toujours les marques des préjugés racistes, sur lesquelles elles furent fondées.

Bien d’autres secteurs du service public sont minés par le racisme anti-Noir en France, et souvent plus que l’on serait porté à le croire. Combien d’usagers de l’hôpital ou de la médecine de ville sont négligés quand ils sont Noirs, rejetés sous de fallacieux prétextes.

Et les raccourcis entre Noir et singe fleurissent toujours du terreau de l’inconscient, comme N. SARKOZY nous en a témoigné sur un plateau télé8.

L’état de droit organisé en vue de la sécurité publique est ultra-sécuritaire, et ses délégations aux agents de police échappent à tout contrôle interne, ce qui induit l’augmentation des conduites abusives. Ces « méthodes » qui ne sont que violences physiques et psychologiques caractérisées doivent cesser, prêter à des sanctions à la hauteur de ces délits; en matière de prévention, la formation des policiers aux bonnes pratiques de l’éthique professionnelle doit se faire. Mais un système de régulation doit aussi être installé, car il est la condition sine qua non du repérage de ces violences.

 

     Les violences policières besognent et se donnent comme un des symptômes majeurs du racisme anti-Noir structurel, dans un État français qui ne rompt pas avec sa colonialité. On casse du nègre et on nettoie les traces !

Malgré cela, la lutte contre le racisme anti-Noir est quasiment inexistante en France. Déjà en 2011 Amnesty International dénonçait que depuis dix ans ses alertes au sujet des violences policières étaient enfouies dans un silence généralisé. Cette organisation relevait le caractère structurel des violences policières : «  ces cas illustrent des problèmes structurels concernant le recours excessif de la force par les agents de la force publique et l’absence d’enquête effective. 9»

Edwy Plenel nous rappelle aux fondements de la colonialité française et à ses continuités, dans son dernier billet de cette semaine :

« Butte-témoin du colonialisme européen, avec 18 % de son territoire en outre-mer (pour 4 % de sa population), notre pays restera à la merci des idéologies de l’inégalité (des races, des peuples, des cultures, des civilisations, des religions) et des perditions politiques, racistes et impérialistes qu’elles ont enfantées, tant qu’il n’aura pas dénoué la question coloniale. (…) On ne met pas fin à un legs d’injustice, de conquête et de violence, sans rompre clairement avec les passions tristes de domination et d’appropriation qui l’ont enfanté.»10

Les violences psychologiques, qui procèdent de ces passions tristes en société post-coloniale, auront un bel avenir tant que le rapport maître/esclave gouvernera le rapport dominant/dominé qui fonde nos socialités contemporaines, soit nos relations intra-groupales comme nos interactions sociales, et tant qu’elles feront leur travail de stigmatisation des Noirs de France.

 

                                                                                                          ***

2 Le terme terroriste est devenu exclusif pour ne désigner que des bandes organisées par fondamentalisme religieux et/ou politique. Le terme devrait pourtant forcer la précision, et renvoyer aussi au terrorisme d’État tel qu’il existe. L’État sait pourtant instaurer un terrorisme sur tout ou partie de la population, sans jamais le reconnaître.

« Si on se réfère aux définitions courantes ou explicitement légales du terrorisme, qu’y trouve-t-on ? La référence à un crime contre la vie humaine en violation des lois (nationales ou internationales) y implique à la fois la distinction entre civil et militaire (les victimes du terrorisme sont supposées être civiles) et une finalité politique (influencer ou changer la politique d’un pays en terrorisant sa population civile). Ces définitions n’excluent donc pas le ‘‘terrorisme d’état’’ », rapportait ainsi Jacques Derrida en 2004.

https://www.monde-diplomatique.fr/2004/02/DERRIDA/11005

3 Je définis ainsi la négrophobie et le racisme ani-Noir ,

. Négrophobie : Idéologie justifiant l’exclusion et l’élimination des Noirs.

 . Racisme anti-Noir : Mises en acte de cette idéologie.

4 https://www.amnesty.org/download/Documents/EUR210032009FRENCH.PDF

5https://www.memoiretraumatique.org/violences/violences-psychologiques.html?PHPSESSID=8v50u3igku8u11j4s4dpcnvkv0

6 ibid.

7http://www.regards.fr/idees-culture/article/nouvel-age-et-nouvelles-figures-du-racisme?fbclid=IwAR0214PK-YZxGavNggGc495FXFKK6lK32lmnGvbcDFyffJmCIASeX3GZEcU

8 «Cette volonté des élites qui se pincent le nez, qui sont comme les singes, qui n'écoutent personne... Ohlala, qu'est-ce que je suis en train de dire... Je ne sais pas si... Bien sûr que je le sais. Je vais encore me faire traiter de raciste parce que j'ai dit “singe”. Les élites et les petits marquis, la gauche, les journalistes, ils vont recommencer, ils vont jurer qu'en disant “singes”, je vise les Noirs... Je n'y pensais même pas mais mais maintenant j'y pense, je ne pense plus qu'à ça: évidemment, les singes, les Noirs, ce qu'ils vont me faire dire... C'est ridicule, mais ils sont capables de tout. On a le droit de dire “singe” parce...? Je ricane, mais c'est dur. Je ne suis pas dupe de ce qu'ils préparent... ils vont dire que je pensais aux Noirs! On le droit de dire “singe”, aujourd'hui, quand tous les mots sont interprétés de travers? J'ai l'habitude, ces gens-là me détestent, mais il n'y a pas que moi... Il suffit de regarder ce qui se passe. On n'a plus le droit de dire... On n'a même plus le droit de dire –on n'a plus le droit d'écrire le mot “nègre” dans le titre d'un livre... Ce qui est arrivé à Agatha Christie, la pauvre... Comment s'appelle son bouquin maintenant? Avant c'était Dix petits nègres, je l'ai lu. Je ne vais pas dire “Dix petits nègres”, ça risque de faire raciste... Je ne devrais pas avoir peur quand même... On dit quoi? Les Dix petits soldats, maintenant, c'est ça? Non ce n'est pas ça. Zut. Ils ne vont pas comprendre. C'est quand même grave... Elle progresse, la société.

http://www.slate.fr/story/195077/nicolas-sarkozy-quotidien-negres-singes-accusation-racisme-aime-cesaire-egocentrisme

9https://www.amnesty.fr/actualites/violences-policieres-et-impunite-en-france

10https://blogs.mediapart.fr/edwy-plenel/blog/021020/la-decolonisation-est-l-enjeu-du-referendum-en-kanaky-nouvelle-caledonie

11 L’image de présentation est de : https://www.zelium.info/la-police-en-sevices-commandes/

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.