Immortalité de Glissant, et du Front Antillo-Guyanais pour l’Indépendance (Poème)

Du Panthéon Noir des nations interdites, l'auteur du IVème siècle nous contemple. Black Pantheon : Aux Grands Hommes leurs Patries futures reconnaissantes.

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Jou pou nou ajounou poko wè jou !

Fron Antiyo-Guiyàné !

To Rakaba-ya Fon, ké bokou-bokou,

É sa ki dèyè,

Pokò touché !

 

( Traduit de la langue créole de Guyane :

Le jour où nous capitulerons n’est pas prêt d'arriver !

Front Antillo - Guyanais !

Tes racines sont profondes et nombreuses,

Et ceux qui fermeront nos rangs ne sont pas prêts d’être en vue ! )

 

Dépi Nanni-Nannan,

Pi konba-a rèd,

Pi fok nou doubout pou rézisté,

Trapé tout’ libèté nou- an,

Antiy’ - Guiyàn,

Sé Bwa Fè, Acoma, ansanm épi Bwa Kanon,

Ka véyé lanasyon-nou,

Jistan i wè jou.

 

( Traduit de la langue créole de Martinique :

Depuis des lustres,

Plus le combat se durcit,

Plus il nous faut nous montrer résistants,

Pour obtenir notre liberté.

Les Antilles - Guyane,

Ce sont les Bois de Fer, l’Acoma et le Bois Canon,

Qui veillent,

À l’avènement de nos nations ! ) 

 

*

*     *

 

Les siècles du poète sont impatients d'enjamber leur course,

L'odyssée du mâcheur de temps est fixée,

Depuis le cap millénaire de nos libertés,

Droit sur l'éternité.

 

 

Rien ne vaut la peine de se rendre triste,

Que tu marches dans la ville pavée,

Ou sur les franches traces du rivage.

 

 

De la plage blanche du touriste,

Rouge, du Conquérant,

Brûlante de sable noir,

 

 

La mer se retire,

 

 

Pour te revenir,

D’ardente mémoire,

Par dessous les boucans,

Et les veines salées,

Du peuple volcanique.

 

 

Mais les vents de mer,

Sont aussi de nature à consoler,

Des deux côtés, 

De l'Atlantique Noir.

 

 

Et la caribéanité des pensées nous rattache,

Au continental Bouclier,

Des Guyanes transverses,

 

 Roches-Mères de toute pierre à naitre sur les feuilles alentours,

 Patries des Amérindiens, des Noirs Marrons, des Nègres dits « Créoles »,

Communautés historiques de base,

Triomphantes de la dépossession,

Et du déracinement.

 

 Depuis la Haute Colombie,

Source des grands fleuves, du golfe du Mexique et des océans,

Au Pan-Atlantique Brésil,

Où se partagent les Eaux de roches,

 

 Guyanes sœurs,

Unies à se défendre,

Du risque de mourir,

Solitaires.

 

  

Et de bonheur sur la terre,

Le poète nous indexa, 

L'étoile des peuples,

Et le proche horizon,

De leur nations,

Interdites pour un temps... Pour un temps seulement,

Sous le ciel français.

 

 

Le sang est plus épais que l'eau !

 

 

Glissant, 

 Le Front Antillo - Guyanais, 

Néo - intelligences,

Des lignées émancipatrices,

Solidaires en quête de libertés,

Sommes immortels !!!

 

 

Soley' ! 

 

 

Pierre Carpentier           

 

 

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