Billet de blog 7 avr. 2020

Pierre Carpentier
MÉMOIRES DE L'EAU. "Les songes de nos vivants prennent à l'eau, la source et le sel ! À la terre, le sang et la force ! Au vent, nos sacrifices livrés en confiance. Assez de ces supplices ! Les poèmes ne sont pas fait pour les chiens ! Ils portent nos libertés souveraines ! lls sont le parfum de nos royaumes ! Sois vaillant à la tâche attaquante que nous te confions ! Les dominations nous mitraillent encore mais tu répondras à ce juste tourment du devoir ou détourne toi à jamais de notre appel ! En toutes directions que tu choisisses tu nous reviendras et nos comptes te seront remis ! Pour notre générosité, tiens en partage le calme des eaux !". (Extrait "d'IRACOUBO. L'Épicentre des Eaux", 2014). " MAIS ALORS, LA GUYANE ? Une infinité que nous imaginons gorgée d'eaux et de bois. Les Guyanais demandent que les Martiniquais et les Guadeloupéens les laissent en paix. Nous avons pas mal colonisé de ce côté. C'est pourtant comme une attache secrète que nous avons avec le Continent. Une attache poétique, d'autant plus chère que nous y renonçons. D'autant plus forte que fort sera le poids des Guyanais dans leur pays. Des chants comme des rapides à remonter, des poèmes comme autant de bois sans fond." ÉDOUARD GLISSANT in LE DISCOURS ANTILLAIS (P 775).
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Îles Marquises. Découverte inattendue de pétroglyphes et d'une sépulture troglodytes

Le jeune Ranger de la Direction de l'Environnement de la Polynésie Française à Nuku Hiva, Christian TAMAHAUTINI, auto-entrepreneur-guide de randonnée pédestre de sa société TAATA, est l'heureux révélateur de puissantes traces précoloniales sur le Henua Enana (la Terre des Hommes). Cette découverte est le fruit d'une rude passion.

Pierre Carpentier
MÉMOIRES DE L'EAU. "Les songes de nos vivants prennent à l'eau, la source et le sel ! À la terre, le sang et la force ! Au vent, nos sacrifices livrés en confiance. Assez de ces supplices ! Les poèmes ne sont pas fait pour les chiens ! Ils portent nos libertés souveraines ! lls sont le parfum de nos royaumes ! Sois vaillant à la tâche attaquante que nous te confions ! Les dominations nous mitraillent encore mais tu répondras à ce juste tourment du devoir ou détourne toi à jamais de notre appel ! En toutes directions que tu choisisses tu nous reviendras et nos comptes te seront remis ! Pour notre générosité, tiens en partage le calme des eaux !". (Extrait "d'IRACOUBO. L'Épicentre des Eaux", 2014). " MAIS ALORS, LA GUYANE ? Une infinité que nous imaginons gorgée d'eaux et de bois. Les Guyanais demandent que les Martiniquais et les Guadeloupéens les laissent en paix. Nous avons pas mal colonisé de ce côté. C'est pourtant comme une attache secrète que nous avons avec le Continent. Une attache poétique, d'autant plus chère que nous y renonçons. D'autant plus forte que fort sera le poids des Guyanais dans leur pays. Des chants comme des rapides à remonter, des poèmes comme autant de bois sans fond." ÉDOUARD GLISSANT in LE DISCOURS ANTILLAIS (P 775).
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Illustration 1
Sépulture troglodyte découverte par Christian Tamahautini le 06.01.2020
Illustration 2
Vallée de Taiohae
Illustration 3
Tamahautini Rando. tamahautinirando@gmail.com
Illustration 4
Myconia invasive originaire du Costa Rica

À Nuku Hiva, Christian Tamahautini (32 ans) est un partenaire de choix réputé pour les archéologues et les membres de l'Association d'Ornithologie de Polynésie Française (SOP Manu) de passage en quête de l'oiseau préhistorique U'pe  [Carpophage, Columbidae] ou du Monarque de Nuku Hiva  [Pomarea nukuhivae], deux espèces endémiques des Îles Marquises.

En septembre 2018 première rencontre : Christian est en mission botanique d'éradication de la Miconya, une plante endémique du Costa Rica qui fût introduite comme "arbre ornemental" à Tahiti, au Jardin botanique de Papeete par l'étasunien Harrison Smith en 1937. Une espèce agressive appelée "le cancer vert" qui se révèle par la suite férocement envahissante dans tous les petits archipels de la Polynésie Française, et notamment aux Îles Marquises lors des grands travaux d'aménagements routiers au début des années 80. Dans les faits, à cette époque les entreprises de BTP basées à Tahiti expédient directement à Nuku Hiva, par navires cargo, leurs pelles et gros engins spéciaux : bulldozers, scrapers etc. souillés de terre contaminée.

Cheminant en direction du plateau de Toovii, Christian remonte la rivière Mahu Iki qui sépare la vallée de Taipivaï de celle de Hatiheu dans la partie orientale de l'île, il y découvre l'entrée d'une toute petite grotte dont les entrailles lui offriront les ultimes pétroglyphes enata. (Voir photographies ci-dessous).

Illustration 5
Entrée depuis l'extérieur. Rivière Mahu Iki.
Illustration 6
Petroglyphe. Toovii, rivière Mahu Iki. Septembre 2018
Illustration 7
Entrée depuis l'intérieur et Pétroglyphe. Rivière Mahu Iki.

Il y a trois mois tout juste, le 6 janvier 2020, deuxième rencontre : Christian crapahute dans les rochers et les lignes de crête de la vallée septentrionale de Hapa'a, située entre celle de Taiohae et celle de Taipivaï, lorsqu'aux abords d'une petite falaise de 4 ou 5 mètres de haut, il accède à un Tohua Kohika (plateforme ancestrale d'enrochements dédiée aux rassemblement de la population) d'une soixantaine de mètres de long pour cinq-six mètres de large.

Le vestige archéologique est dominé sur son coin gauche par un grand Banian qu'il contourne, en constatant un éboulement rocheux (probablement survenu à la force-patiente des racines, ou au passage des chevaux sauvages ou du bétail à proximité, ou peut-être encore aux assauts de la houle du Pacifique qui font trembler toute l'île, pourtant enracinée dans son abyssal plancher océanique, certains soirs de pleine lune...), de grosses pierres et des racines aériennes que Christian enjambe pour tomber nez à nez avec un crâne « ventilé » à ciel ouvert !...

C'est alors le grand frisson des Pa'a ioio et des Tupuna (des Esprits et des Ancêtres) qui envahit Christian par la joie de la lumière et du grand jour !...

La Fédération d'Associations Culturelles et Environnementales MOTU HAKA en charge d'obtenir la Labellisation de l'archipel des Îles Marquises au Patrimoine Mondial de l'Humanité (patrimoine mixte : naturel et culturel) UNESCO est désormais informée de la Découverte afin que ces nouveaux sites y soient instamment répertoriés.

KOTOU NUI Christian !

(Un Grand Merci Christian ! En langue Eo Enana)

Pour contacter Christian Tamahautini par mèl : tamahautinirando@gmail.com

Et sur Facebook : Tamahautini Rando https://www.facebook.com/tamagautini

Voir aussi : « La Garde rapprochée de "Toti" porte les Îles Marquises au Patrimoine mondial UNESCO », billet de la même édition, ici :

Illustration 8
Crâne d'un Tupuna. 06.01.2020. Vallée de Hapa'a. Nuku Hiva. © Christian Tamahautini

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