POURQUOI NOUS NE POUVONS PAS SIGNER L’APPEL POUR UNE 6ème RÉPUBLIQUE FRANCAISE

POURQUOI NOUS NE POUVONS PAS SIGNER L’APPEL POUR UNE 6ème RÉPUBLIQUE FRANCAISE

18 septembre 2015 |  Par cathy LIMINANA-DEMBELE

 POURQUOI NOUS NE POUVONS PAS SIGNER L’APPEL POUR UNE 6ème RÉPUBLIQUE FRANCAISE

En France, en 2015, les Noirs demeurent toujours frappés d'un déficit d’humanité, du fait de l’existence et de l'entretien d’un racisme structurel. Car la société Française qui continue de porter l’héritage du trafic des noirs, de leur esclavage et de la colonisation fondateurs de son développement capitaliste, peine à franchir le pas d’une reconnaissance dynamique du multiculturalisme qui, de fait, l'enchâsse.

La France entretient ainsi une reproduction sociale de la hiérarchie des couleurs réglée sur l'indice mélanique des individus. La France résiste toujours à reconnaître par la LOI la nécessité des réparations du crime contre l'humanité de la Traite Négrière Transatlantique, et maintient de la sorte une société postcoloniale anxiogène pour l'homme noir, son statut d'affranchi, une afrophobie, dans laquelle il peine à recouvrer une considération et donc une humanité équivalentes à celles de l'homme blanc. Le trauma psychique dans toutes ses dimensions l'affecte au sein d'une société qui, restant victimaire dans le jeu républicain de la minoration des noirs, impulse une transmission intergénérationnelle de ce trauma. Les différences perdurent dans leur focalisation sur la couleur des hommes, tandis que les différences entre les hommes ne devraient être lisibles que dans le registre de la pensée.

Dans le communiqué ci-dessous dont en tant qu'activiste je me fais le relais, le Mouvement International pour les Réparations, MIR-FRANCE, dévoile les limites d’un appel à se mobiliser dans celui proposé par le « Mouvement pour une 6ème république ».

La lecture de cette analyse fait clairement paraître la posture des Noirs de France réfutant les normes sociales actuelles qui font perdurer leur statut d'affranchis, au sein d'une société Française qu’ils ont contribué à construire dans toutes ses étapes.
Les  Noirs de France ne se satisferont pas non plus d'une valorisation de la diversité culturelle de la nation au service de la vitrine politique française, qu'infirme leur placement social réel. Notons ici que la France et les États-Unis, où les violences de toutes sortes ciblent toujours les Afrodescendants, démontrent  les limites de la valorisation de la diversité et du multiculturalisme, qui ne suffit pas à elle seule à éradiquer le racisme anti-noir comme ses maux.

Ce communiqué du MIR-FRANCE, auquel sont associés le Collectif Vies Volées, le Cercle du Marronnage, et la Coalition 2011 pour la reconnaissance des crimes contre l'humanité, porte un regard incisif sur le fonctionnement politique du pays par les Noirs de France délaissés, totalement inaudibles dans le paysage public. Ce qu’ils démontrent méthodiquement ici, c'est que l’ensemble des formations politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite, jusqu'à des associations militantes contre le racisme, se retrouvent dans un inconscient collectif trituré par le déni de leur histoire sociale, dont les évènements présents font aussi la marche.

Ils affirment que ces formations politiques françaises restent calées à la Déclaration de 1789 qui exclut les personnes d’ascendance africaine, et que cela constitue pour eux un obstacle rédhibitoire à un engagement quelconque dans un projet commun.

Cathy Liminana-Dembélé

Intégralité de l'Appel sur http://blogs.mediapart.fr/blog/cathy-liminana-dembele/180915/pourquoi-nous-ne-pouvons-pas-signer-l-appel-pour-une-6eme-republique-francaise-0

 

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