Bonaire : Le discours intégral de l'Organisation Guyanaise des Droits Humains (OGDH)

L’OGDH rassemble et notamment appelle au courage politique et à la dignité historique, tous les élu.e.s locaux, et parlementaires guyanais.es à Paris, à intercéder auprès des Nations Unies pour faire valoir notre inaliénable droit à l’autodétermination exprimée dans le Projet Guyane porté par le Front Guyanais Pour un Changement Statutaire suites aux manifestions de mars-avril 2017...

La Délégation guyanaise : R. Charlotte, M. Pindard, S Fabien, P Carpentier. Town Square. Bonaire. 06.12.2019 La Délégation guyanaise : R. Charlotte, M. Pindard, S Fabien, P Carpentier. Town Square. Bonaire. 06.12.2019

À gauche : M Juan Thisen, Président du Parlement d'Aruba, M James Finies, Président de la Fondation "We Want Bonaire Back !", Dr Bernad Whiteman, ex Premier Ministre de Curaçao, M Charles Woodley, Président de "We Want Statia Back !" . À gauche : M Juan Thisen, Président du Parlement d'Aruba, M James Finies, Président de la Fondation "We Want Bonaire Back !", Dr Bernad Whiteman, ex Premier Ministre de Curaçao, M Charles Woodley, Président de "We Want Statia Back !" .

              GUIANA, A COLONIAL ANACHRONISM IN SOUTH AMERICA

GUYANE, UN ANACHRONISME COLONIAL EN AMÉRIQUE DU SUD

 

Tout d’abord, au nom de l’Organisation Guyanaise des Droits Humains (OGDH), je tiens à remercier chaleureusement la Fondation « Nos Ke Boneiru Bèk Punto ! » [Rendez-nous Bonaire, un point c’est tout ! Ndlr] par l'intermédiaire du président James Finies, et de Mme Davika Bissessar, présidente de la fondation « We Dare To Care », pour leur aimable invitation à cette encourageante  initiative sous le haut patronage du Dr Carlyle G. Corbin. Il s'agit là d'un appel mondial qui constitue une formidable expression actualisée du Droit des Peuples Coloniaux des Caraïbes et des Guyanes à des Réparations et à leur Autodétermination effective.

La question amérindienne ayant été raturée ici-même par le génocide de la Conquête chrétienne des Amériques, la traite négrière ayant peuplé la Caraïbe, la prise de conscience de nos droits fondamentaux nous a été directement transmise par la résistance des grandes luttes amérindiennes et du marronnage. Ainsi, en notre jour, la Guyane doit à ses peuples autochtones une grande partie de sa vitalité militante à repousser les agressions multiscalaires permanentes de l’assimilation française, et de son pouvoir central qui tentent d’anéantir notre plurinationale Guyane depuis la loi de colonisation légale de 1946.

Plus de quatre siècles de présence française qui possède la terre et à qui appartient le Droit, sans que nous ne puissions obtenir la moindre parcelle des 90.000 km2 du domaine privé de l’État. La France ne nous a jamais donné l’accès à la terre pourtant soufferte par le sang versé de ses peuples « originels », et/ou par le déracinement du pays d’avant pour les personnes d’ascendance africaine. La négation de l’identité guyanaise est politiquement programmée sous tous les gouvernements « métropolitains » successifs, Une et Indivisible obscénité coloniale. Étant donné que le colonialisme est un fait culturel ; en France, le principe vertueux de décolonisation, à prolonger de l’esprit aux actes, peine à retrouver sa légitimité au plus profond des intégrismes républicains.

Selon le Mouvement International pour les Réparations (MIR-Guyane), la question des Réparations se présente sous l’angle de l’héritage. Le problème est que cet héritage de valeurs possédées par nos ancêtres est aujourd’hui mis au service de l’État français colonialiste. Cet héritage se présente d’une part sous la falsification de l’Histoire. Pour dominer un peuple on le prive de son Histoire et par conséquent les guyanais ou les habitants de Guyane, les personnes d’ascendance africaine sont privées de leur Histoire et sont logées au rang de ceux qui n’ont pas d’Histoire. Le deuxième aspect de la question de l’Héritage, c’est l’aspect de l’Héritage économique. Lorsque l’on vous dépossède de vos terres puisque vous subissez la Déportation, vous étiez bien sur une terre en Afrique, cette dépossession de terre se poursuit pour les terres mises en valeur par nos ancêtres et qui ont permis l’enrichissement de l’Europe. Le troisième aspect serait la théorie de confrontation qui est développée selon laquelle le peuple guyanais est confondu avec le peuple français, et que par conséquent, si nous sommes confondus, il n’y a pas de Réparation qui deviendrait légitime. Mais les réalités sont que le peuple guyanais évolue, en Guyane, sur des plans totalement différent que ceux des ressortissants européens et français. Parce que nous, nous devrions démontrer notre humanité alors qu’eux ils ont cette humanité tout naturellement parce qu’ils possèdent tous les postes directoriaux des administrations etc., ce sont eux qui gèrent tout.

Si on se réfère aux réponses positives qui ont été accordées aux pays de la Caraïbe, ces réponses sont liées essentiellement au fait que ces pays sont des pays indépendants. Peut-être pas souverain parce qu’ils dépendent du Commonwealth, mais ce sont des pays indépendants. Tandis qu’en Guyane, on accepte mal que la justice française, la justice d’un état puisse reconnaitre le droit aux Réparations, parce que l’on nous situe sur le plan français qui est de négation de notre identité. Donc, c’est la raison pour laquelle la question de la Réparation est consubstantielle à la question nationale, à l’accès du peuple guyanais à sa souveraineté. La réponse à la question nationale n’est plus réservée à la République française.

Donc aujourd’hui la question est clairement posée notamment en Martinique et en Guadeloupe. En Guyane, sur le plan juridique, il n’y a pas encore de saisine du tribunal français sur cette question parce c’est une question de moyens militants qu’il faut se donner, de sorte à trouver des avocats qui soit capables d’être en conflit avec l’État, parce qu’il s’agit aussi d’être des avocats engagés, de façon plus large encore, là où l’avocat guyanais s’arrête pour ne pas finir en prison, c’est là que commence le Combat du Droit contre la vigueur de la loi étrangère française sans droits ni titre en Guyane. Si en Martinique et en Guadeloupe la confrontation juridique avec l’État a déjà eu lieu, c’est bien parce que Martinique et Guadeloupe possèdent des avocats militants qui sont capables d’entrer directement en conflit avec l’État français. Cela ne se dit pas ouvertement en Guyane, la question est claire, parce que cette question n’est pas encore résolue en Guyane. Nous retenons toutefois, à titre d’exemple tout récent, qu’en Écosse, (le 23 aout 2019) l’Université de Glasgow, versera 20 millions de Livres de Réparations afin de racheter ses liens historiques avec la traite négrière transatlantique. Notons également que sans Réparations, le Crime Paie !

À deux reprises, dans l’histoire guyanaise contemporaine, en septembre 1958 et en décembre 2010, la France a organisé un référendum bilatéral interne afin que le peuple reste, à l’évidence, sous son plein pouvoir administratif. Deux fois, le consentement de notre peuple à la domination ne reflétait en rien une quelconque autodétermination. Le soulèvement pacifique de mars-avril 2017 de notre peuple exaspéré du néo-colonialisme et de l’exploitation était une expression spontanée de la naissance d’une nation. Le « Projet Guyane » du Front Guyanais pour un Changement Statutaire revendique un autodétermination effective au moyen d’une Autonomie gouvernementale.

Comme vous le savez, au sortir de la IIème guerre mondiale, la Guyane (et les autres « vieilles colonies » Martinique et Guadeloupe) est métaphysiquement intégrée à la France par un subterfuge juridique (sans referendum), et admis par l’ONU, pour la soustraire à la menace de son accaparement par les États-Unis qui, ayant construit l’aéroport avaient commencé de s’y installer.

En 1958 le Général de Gaulle demande aux peuples sur les 7 mers et les trois océans « français », donc aux guyanais. de se prononcer, par voie de referendum sur la nature des relations qu’ils entendent avoir avec la Métropole afin qu’il puisse endosser, au moyen d’une démocratie dite « non négligeable », la constitution d’une Vème République affublée de considérables marges coloniales.

Dans ce contexte, 1958 est l’année de la toute première tentative résolue des guyanais d’obtenir un « Statut Spécial » de la « métropole ». « L’indépendance, On verra ! l’Autonomie, Jamais ! ». Cette phrase que l’on attribue au Général de Gaulle en réaction à la revendication expresse de la population guyanaise via son député Justin Catayée, persiste à travers le temps comme un réflexe colonialiste bien intégré. En effet, c’est un héritage de coercition de l’expression démocratique qui se pratique et se relaie de générations en générations au sein des haut responsables des grands intérêts de l’État français. D’ailleurs, tragédie du destin politique, Justin Catayée et l’État-Major du Front Antillo-Guyanais pour l’Autonomie sont physiquement sacrifiés lors du mystérieux crash du Boeing d’Air France sur le Morne Deshayes en Guadeloupe le 22 juin 1962…

Plus proche de nous, en 2010 a eu lieu un présumé référendum qui n'en était pas un, car il avait été conçu directement par le chef de l'État français à l'époque, Nicolas Sarkozy, et fut rejeté par 71% des électeurs inscrits. Le référendum consistait à choisir entre le statu quo et une sorte d’autonomie indistincte qui, pour une population surdéterminée par la puissance administrante, dans les conditions données à l’époque, avait été perçue comme effrayante.

En mars-avril 2017 la question de l’évolution statutaire revient donc comme un boomerang sur le devant de la scène guyanaise. En effet, la lutte syndicale en pays colonisé étant étroitement liée à celle menée politiquement contre l’occupant ; retrouvant le chemin de son Histoire en passant à l’acte de grève général à l’appel de la Centrale Syndicale indépendantiste de l’Union des Travailleurs Guyanais (UTG)., 50.000 personnes/300.000 de la population dépassent les conditions de l’Assimilation, en actes dans tout le pays, et clouent au sol le lanceur européen de la ville militaro-spatiale de Kourou.

De même les mouvements d’initiative citoyenne des 500 frères et Tròp Violans poursuivent depuis plus d’un an leurs actions visant à suppléer aux carences de l’État notamment en matière de sécurité publique jusqu’à ce jour. (42 homicides en 2016. 5 dans la même semaine dont celui de M. Patrice Clet, ancien élu du Conseil Général de la Guyane).

Le 21 avril 2017, après 37 jours de mobilisations populaires intenses, Les Accords de Guyane sont signés de haute lutte entre l’État français et les 400 associations du Kolektif Pou Lagwiyann Dékolé (KPLD). Un an et demi après le gouvernement métropolitain est saisi le 27 novembre 2018 par le Congrès des élus de Guyane, d’un projet de changement statutaire dans le cadre de l’article 72 de la Constitution française.

À de rares exceptions près, l’aliénation, la trahison des élites guyanaises en représentation politiques aux ordres de Paris est une vraie calamité qui nous empêche de sortir de cette impasse politique. Aujourd’hui le niveau d’autonomie désiré est clairement précisé, détaillé par « Le Projet Guyane-2018 » du Front Guyanais pour un Changement Statutaire.

S’appuyant sur trois axes : Sociétal, Économique et Gouvernance ; il stipule dans son préambule que :

« Le régime colonial, la départementalisation, puis les lois de décentralisation ont montré les limites des politiques publiques de développement de notre territoire (…)

Depuis les premiers temps de la départementalisation jusqu’aux mouvement populaires de mars- avril 2017, le mal développement se traduit par de nombreuses luttes qui ont dénoncé l’insuffisance voire l’échec des politiques menées par l’État et ont affirmé la volonté d’obtenir des compétences et une responsabilité locale accrue et en adéquation avec ses réalités.

La Guyane est effet administrée en permanence, sous un régime d’identité législative (nationale et communautaire) qui ne permet pas de répondre aux problématiques puisqu’elles sont conçues (…) par un État physiquement et culturellement éloigné du réel guyanais et de ses réalités.

Une loi organique reconnaitra à la Guyane un cadre adapté qui devra respecter (…) la prise en compte de l’aspiration du peuple guyanais à contrôler ses institutions, pour protéger ses modes de vie, son identité, ses langues [maternelles], et contribuer à la diversité culturelle dans le monde pour une harmonie sociale, matérielle et spirituelle dans le cadre d’une protection maîtrisée de l’environnement, une communauté de destin pour une société responsable et solidaire.

La réponse du pouvoir central au Projet Guyane 2018 du Front Guyanais Pour Un Changement Statutaire ne se fait pas attendre. Neuf mois plus tard, le 28 août 2019, le président MACRON, réorganise par décret, les missions des services de l’État en augmentant significativement les pouvoirs et attributions du préfet de Guyane (aujourd’hui assisté d’un seul sous-préfet), en lui adjoignant 4 sous-préfets ou préfets, responsables de la sécurité entres autres directeurs généraux des services déconcentrés de l’État... C’est une véritable Reprise en Main du territoire qu’exerce la France sans droit ni titre en Guyane, que de dépossession intempestive impudique à légitimité coloniale, qui entrera en vigueur dès ce 1er janvier 2020.

Plutôt disposé à s’aligner sur le lent calendrier de la réforme constitutionnelle engagée pour la France par le Président de la République, l’actuel président de la Collectivité Territoriale de Guyane, M Rodolphe Alexandre a tendance à entraver le processus de consultation populaire qui vise à adopter le « Projet Guyane » d’évolution statutaire prévue aux dispositions des Accords de Guyane.

Ce qui a pour effet de contraindre les membres du Front Guyanais pour un Changement statutaire à bloquer l’accès à l’édifice public de la Collectivité Territoriale de Guyane ce 25 novembre à Cayenne, afin que M Alexandre convoque le Congrès des élus Guyane à se prononcer sur Le Projet Guyane. À cet égard, l’assemblée plénière de la CTG du 18 décembre prochain promet d’être agitée.

Au quotidien, les guyanais se battent pour avoir un bout de terrain contre une quantité d’administration déconcentrées de l’État comme : l’Office Nationale des Forêt (ONF), Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), la Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE), la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) etc. qui décident d’attribuer ou de ne pas attribuer de terre.

Tous les jours, des interdictions d’usages coutumiers culturels précoloniaux et ancestraux comme la récoltes d’œufs de tortues, le défrichage d’arbres pour la pratique de l’abattis, la collecte de feuilles de palmes pour notre habitat bioclimatique traditionnel, les confections artisanales faites de plumes et d’ossements, la capture d’oiseaux de concours à répertoire, la pêche hauturière etc. tombent sous les coups incessants de lois métropolitaines, d’arrêtés, de circulaires ministérielles et/ou préfectorales provenant de directives européennes.

Ainsi, le droit d'ingérence mis en avant par l'état français pour justifier par exemple ses interventions à l'étranger, est revendiqué par Organisation Guyanaise des Droits Humains, en faveur des pays du bassin panamazonien signataires de la convention n° 169 de l'OIT, et en conformité avec la résolution prise lors du forum panamazonien en 2014, afin qu'ils pressent Paris de reconnaitre les droits fondamentaux de nos peuples originels en ratifiant enfin la convention 169 de l'OIT relative aux droits des peuples autochtones.

De-même, voici deux ans que le gouvernement n’a toujours pas restitué pour la première fois, les 400.000 hectares de terre à nos frères de luttes Amérindiens, tel que prévus par les dispositions l’Accord de Guyane du 21 avril 2017. Ils demandent cette rétrocession à titre de Réparations des méfaits de la colonisation et afin de maintenir leurs modes de vies et coutumes qui sont dépendant de la nature.

L'Autochtone dans sa définition qui émane de l'ONU, est protégé dans le monde entier, non seulement parce qu’il est rendu à un stade de survie ultime face aux colonialismes résiduels et aux menaces que fait peser sur lui la modernité, mais surtout parce qu’il est le garant le plus sacrifié de notre conscience collective liée à notre environnement naturel. C'est en quelque sorte un "privilège" qui lui est reconnu pour le bien de notre conscience commune. En Guyane, c’est un préalable et un engagement que tout élu.e guyanais.e, ou simple compatriote doit prendre en haute considération, il est indispensable de le comprendre, de le reconnaître et de le défendre.

C'est un préalable capital qu'il est important de respecter dès aujourd'hui pour construire l’avenir de notre plurinationale Guyane.

De même y-a-t-il beaucoup à dire sur les gardiens des frontières du pays ; les populations autochtones des fleuves que sont les Noirs-Marrons ou Bushinengués, forts de leur équipages nautiques, qui sont souvent oubliées quand on parle de la Guyane.

L'Écart déterminant (expression que nous empruntons au poète martiniquais Édouard Glissant) géophysique et culturel du réel des Guyanais d'avec celui des « Métropolitains » qui est directement lié à notre destinée politique distincte de celle de la France, apportera nécessairement la dignité à laquelle nous avons droit. C´est l´entretien et la défense par nous-mêmes de cet Écart Déterminant, qui exaspère tant la puissance française (comme d'autres puissances), et parce qu’au fond il nous rend insaisissables, qui fait que des pays démocratiques se livrent à des agressions, à des maintiens colonialistes.

Un pays démocratique ne devrait pas pouvoir être un pays colonialiste. C’est par cet Écart Déterminant que nous nous maintenons contradictoirement à la France, dans l'Histoire de la Guyane. Il est enfin ce qui nous permet d’opposer à l'Autre nos valeurs de mise en relation, il est l'incorruptible horizon démocratique de notre nation future.

Reprenant à notre compte la citation du poète guyanais du mouvement de la Négritude, Léon Gontran Damas : « La Guyane, développez-là ou bien quittez-là ! » Reprenant aussi à notre compte la citation du Dr Corbin : « Même consenti, le colonialisme demeure du colonialisme ».

Pour toutes ces raisons, et compte tenu du vaste domaine de dépossessions qui est le nôtre en Guyane, l’OGDH appelle instamment la IVème Commission de l’Assemblée Générale de l’ONU « Politiques Spéciales et Décolonisation » à établir un groupe d’experts en charge d’analyser les conditions :

(Plan d'Action et Plan de Mise Œuvre [POA & POI Ndlr] des  Nations Unies).

 

D’interdiction d’accès à la terre,

De négation de l’identité guyanaise,

De discrimination raciale aux postes directoriaux de tous les grands service de l’administration publique d’État,

De militarisation du territoire,

D’extrême dépendance économique,

D’interdiction d’évolution statutaire librement déterminée par le peuple vers la moindre autonomie gouvernementale.

Etc.

L’OGDH appelle au courage politique et à la dignité historique, tous les élu.e.s locaux, et parlementaires guyanais.es à Paris, présents et futurs, à intercéder auprès des Nations Unies pour faire valoir notre inaliénable droit à l’autodétermination exprimée dans le Projet Guyane porté par le Front Guyanais Pour un Changement Statutaire suites aux manifestions pacifiques de mars-avril 2017.

De plus, l’OGDH réclame la labellisation des 20.300 km2 du Parc Amazonien de Guyane (PAG) en vue de son inscription au Patrimoine Mondial mixte naturel et culturel de l’UNESCO. Offrant aux guyanais droit et garantie de maîtrise et de gestion directe de ce patrimoine. Ceci afin de le protéger, sous des auspices internationaux du pillage légal de nos ressources non renouvelables et bio-génétiques, auxquelles se livre impunément l’État français via ses agences et multinationales par voie de brevetage du Vivant et de l’exploitation des savoirs des tradithérapeutes autochtones sans partages des avantages acquis, agissant ainsi en parfaite violation de l'article 8 J de la Convention de la Diversité Biologique des Nations Unies.

Enfin, l’occasion offerte par le symposium international de Bonaire implique que tous les États de la Caraïbe et de l’Amérique du Sud sensibles à notre appel de détresse, appuient fermement la demande d’assistance du peuple guyanais à l’ONU via le Comité des 24 pour presser la France d’admettre Le Projet Guyane du Front Guyanais en vue de sa Réinscription sur la liste des pays non-autonomes.

La question de l'évolution statutaire repose sur la volonté populaire de s'administrer en tant que pays, entité distincte de la France et de l’État français. Ainsi le mouvement populaire du 28 mars 2017 a dessiné les contours définitifs du peuple guyanais avec une communion de destin entre toutes les composantes de la société.

Une Guyane (composée de plus de 200.000 personnes d'Afro-Ascendance et de + de 12.000 Amérindiens) que tous doivent reconnaître comme leur seule Patrie, marquant le XXIe siècle.

Cela constituera une première étape pour ce qui concerne les Réparations, nous appuyant sur la Décennie Internationale des Nations Unies 2015-2024 consacrée à la Reconnaissance, à la Justice et au Développement des personnes d'Afro-Ascendance ; ainsi que sur la Troisième Décennie Internationale 2010-2020 du Comité des 24 issu de la IVème Commission Politique Spéciales et Décolonisation de l'Assemblée Générale des Nations Unies pour l’Élimination du Colonialisme.

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