Une haine opiniâtre de Hollande et du Parti socialiste

Je n'ai aucune sympathie pour Vladimir Poutine et je serais bien incapable de prendre position dans la guerre civile ukrainienne qui oppose des nationalistes pro-UE à d'autres, pro-russes et nostalgique d'un empire qui, certes, fut soviétique mais dont l'adjectif a, pour nos poutinistes de Russie et d'Ukraine, vraisemblablement peu d'importance.

Il se trouve qu'hier et aujourd'hui sont célébrés les 70 ans de la victoire sur le nazisme et que la Russie postsoviétique organisait une cérémonie certes pompeuse mais légitime en hommage aux plus de 20 millions de morts soviétiques lors de ce que le pays de Staline appela La Grande guerre patriotique. Hollande était avec d'autres convié aux cérémonies ; il ne s'y est pas rendu - préférant se déplacer au lendemain du soixante-dixième anniversaire des massacres de Sétif et Guelma dans les derniers confettis de l'empire colonial français d'antan.

Pourtant, pendant que la France acclamait massivement le Maréchal Pétain, et ce jusqu'en 1944, les soldats soviétiques mais également la population civile de l'URSS affrontaient les nazis et permettaient au monde entier, y compris dans les camps nazis, d'entrevoir la défaite prochaine du fascisme hitlérien. Ils furent nos libérateurs !

Quoi que l'on pense de Poutine, ce boycott est une honte. Réduire la contribution sacrificielle soviétique à M. Poutine est une bêtise et une insulte aux familles des hommes et des femmes qui ont laissé leur peau dans le grand combat contre l'Allemagne nazie. Stalingrad représente un tel tournant dans la Seconde guerre mondiale que des lieux portent son nom à Paris même, station de métro comprise. Stalingrad est même l'objet de poèmes du grand auteur communiste chilien Pablo Neruda et il y a ainsi dans Résidence sur la terre deux Chants d'amour à Stalingrad dans le premier desquels le poète écrit

(...) parce que mon coeur n'en peut plus et que nos coeurs
n'en peuvent plus, n'en peuvent plus
dans un monde qui laisse mourir seuls ses héros (...)

Poutine est certes un tyran impérial peu ragoûtant et les néo-staliniens qui s'imaginent revivre avec lui l'épopée soviétique sont à tout le moins stupides. Il n'empêche que l'absence de Hollande à Moscou en hommage au sacrifice du peuple soviétique dans la lutte antinazie est une honte. Elle a toutefois une raison bien précise. Cette absence s'inscrit dans un tenace et opiniâtre anticommunisme constitutif de la généalogie politique "socialiste" du chef de l'Etat déjà illustré par Pierre Laval, Marcel Déat ou, bien que non pétainiste celui-là, Jules Moch. Elle est un pur scandale mais elle constitue un aveu supplémentaire sur la nature politique de ce pouvoir de gauche dont l'identité politique anticommuniste s'est déjà manifestée avec le parallèle fait par le Chef de l'Etat entre les tracts actuels du FN et ceux du PCF des années 1970. Tout cela est à relier au quasi-silence présidentiel sur les FTP-MOI lors de sa visite au Mont Valérien l'an passé (ici) mais aussi au refus hollandais de parler de la résistance communiste dans le Limousin, notamment dans les musées de Corrèze du temps où Hollande dirigeait ce département. On peut même relier cela aux propos présidentiels pleins de condescendance sur les gens "fragiles" dont Hollande ne pourrait pas vivre une seule de leurs journées d'existence ! Ce type, un anticommuniste qui a le prolétariat international en horreur, est abject. Le consensus qui le soutient et qui interdit de parler de la contribution de l'URSS à l'écrasement du nazisme aussi.

Military parade on Red Square 7.11.1941 © nafop

Tout anticommuniste est un chien.

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