Même mort, Chavez les fait trembler... C'est bon signe !

La mort puis les obsèques du camarade Hugo Chavez ont une nouvelle fois révélé la gueule hideuse et sans fard de la clique troïko (UE-BCE-FMI)-compatible qui voudrait se faire passer pour l'alpha et l'oméga de la pensée politique et du (seul) possible en la matière, au nom du principe thatchérien qui énonça un jour : There is no alternative (TINA).

La mort puis les obsèques du camarade Hugo Chavez ont une nouvelle fois révélé la gueule hideuse et sans fard de la clique troïko (UE-BCE-FMI)-compatible qui voudrait se faire passer pour l'alpha et l'oméga de la pensée politique et du (seul) possible en la matière, au nom du principe thatchérien qui énonça un jour : There is no alternative (TINA).

La France a cru bon d'envoyer un personnage a priori subalterne de l'Etat aux obsèques du Comandante mais, beau coup de pied de l'âne, le supposé subalterne Victorin Lurel aura sans doute été bien meilleur que l'opportuniste Fabius puisque, n'écoutant sans doute que le courage de dire la vérité telle qu'il l'a constatée à Caracas face à ce peuple éploré devant la disparition de son chef politique, l'élu antillais a mis en cause l'aspect "dictatorial" de Hugo Chavez et a comparé celui-ci à De Gaulle et à Léon Blum.

Cette sortie, juste honnête quelles que soient les réserves - après tout... - qu'on puisse avoir vis à vis de Chavez, a été suivie, en France, de réactions ahurissantes de la droite et du MEDEF mais aussi de la gauche. Mme Parisot allant jusqu'à dire que les déclarations de M. Lurel déshonorent la France...

En vérité, de Philippe Corcuff à Mme Parisot en passant par Cohn-Bendit et les médias officiels français (parmi lesquels Le Monde, avec l'ignoble dessin de Plantu), c'est toute la caste oligarchique flanquée de ses idiots utiles qui n'a même pas attendu la fin du deuil national vénézuélien pour salir un homme sur la dépouille duquel, pourtant, les humbles de son pays viennent, peinés, se recueillir. Le jour de l'enterrement du Commandante  - dont on peut très sérieusement se demander pourquoi la cérémonie n'a pas été retransmise sur une chaîne publique comme, en 1997, celui de Diana Spencer -, la journaliste de France 2, Maryse Burgot, expliquait que certes les pauvres du Venezuela pleuraient Hugo Chavez mais qu'ils avaient été... manipulés (Par qui ? Par quoi ? Comment ? Nul ne le sait...).

Au-delà du cas de Chavez, ce concours d'ignominies nous dit certainement quelque chose sur notre situation, en France et/ou en Europe. Pourquoi tant de haine ? Pourquoi de si gros et invraisemblables mensonges ? La chef du MEDEF sait bien que le Venezuela chaviste est mille fois plus démocrate qu'une UE incontrôlable via ses comités occultes d'experts et ses traités qu'on avalise sous un autre autre nom du moment qu'ils sont rejetés par un des peuples de "l'Europe". Et nos crânes d'oeufs de la télé qui ne disent pas moins la bonne parole officielle que les journalistes de feu la RDA ou de la Pologne jaruzelskiste... Qu'est-ce qui les pousse à mentir avec autant d'aplomb et à dire, alors qu'il est patent que feu Hugo Chavez était porté par tout un peuple, que les damnés de la terre au Venezuela sont manipulés ?

Ce délire anti-Chavez s'explique par une seule raison. La peur de notre oligarchie. La trouille ressentie par les ploutocrates, les parasites de la bourse et les brigands de la Troïka face à un monde qu'ils s'imaginaient, sinistres imbéciles, définitivement enterré. Dans ce monde qu'ils ne veulent plus voir et dont ils ne veulent plus entendre parler, la lutte des classes est tangible et le mot (pour eux maudit) de socialisme n'est pas remisé dans une malle estampillée Vingtième siècle.

En effet, pendant quelques jours et à la faveur - si l'on peut dire - de la triste nouvelle de la mort de Chavez, des noms propres qu'on aurait pensé ne plus jamais entendre ont été prononcés à la télévision et à la radio. C'est que Chavez sera embaumé "comme Lénine" a dit Maduro, "comme Hô Chi Minh et Mao Tsé Toung" a-t-il ajouté. Hasard ou pas, retour du refoulé vraisemblablement, il est à noter que l'orthographe même désignant le grand Timonier était revival puisqu'il y a belle lurette qu'on écrit "Mao Zedong" et non plus Mao Tsé Toung (comme pourtant on pouvait le lire dans Le Monde il y quelques jours). 

Qu'on ait des réserves sur Mao, cela s'entend et c'est évidemment - y compris au sein de cette édition Mille communismes - un sujet de discussion potentiellement houleuse mais enfin, quel aveu de faiblesse du monde dit "libre" où dès que les masses redeviennent solaires, nos oligarques et leurs factotums médiatiques ne peuvent plus se tenir et basculent dans l'injure gratuite et sans fondement. Il fallait voir Daniel Cohn-Bendit ("libertaire" comme M. Corcuff...) il y a quelques jours au Grand journal finissant, en creux, par comparer Chavez à Hitler. Tout cela, au fond, fait écho à l'inexpiable haine de Thermidor pour Robespierre et rappelle que dès que le peuple a un chef politique conséquent, les possédants ne peuvent dissimuler une gueule torve et haineuse.

Que ce soit en Tunisie, en Egypte ou en Amérique latine, force est de constater que l'Histoire est de retour et que le fait que cela ait lieu au moment où la monstrueuse Union Européenne - sorte de brejnévo-capitalisme - s'effondre est assez savoureux. Eh oui, oligarques et ploutocrates, les masses peuvent encore prendre le ciel et il n'y a pas de fatalité ne laissant d'autre choix qu'une alternative entre technocrates à la botte de l'UE et fascistes relookés.

Le communisme et le socialisme restent des idées d'avenir et le bonheur reste une idée neuve en Europe.

Qu'outre-Atlantique, au sud du continent, il y ait une politique organisée, populaire, émancipatrice, marchant sur une jambe électorale et sur une jambe mouvementiste est en effet une mauvaise nouvelle pour nos bourgeoisies à bout de souffle. Mais pour nous qui aspirons à un autre monde et à la gloire des pauvres et des exploités, c'est une excellente chose car, constituées, les masses révoltées risquent bien d'opposer à une UE à bout de souffle autre chose qu'une simple jacquerie désespérée et récupérable.

Pour tout cela, pour ce souffle, pour le socialisme envisageable, pour la révolution de retour, merci à toi, Commandante !

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