Une bonne fois pour toutes : A bas le Parti socialiste !

Aussitôt terminés les pains et les jeux d'outre-Manche que le réel revient cogner. Il cogne avec une telle intensité que la télévision, aux ordres des fondés de pouvoir parlementaires de la rapacité capitaliste, que la télévision, donc, ne peut dissimuler ce qui revient régulièrement lors des étés torrides de nos vieilles contrées rabougries livrées sans fard au jeu du profit et de la privatisation du bien commun par quelques oligarques.

Il y eut les Minguettes dans les années 1980, Vaux en Velin en 1991, la Seine Saint Denis en 2005, Amiens aujourd'hui... Et malgré ça, malgré des années de mépris improductif des pouvoirs publics, on a toujours le même discours sur "les quartiers". UMP et F"N" sont ignobles, certes, mais le PS du flic spécialisé dans la chasse aux Roms, Manuel Valls et du sécuritaire et bling bling léger Hollande n'est pas en reste.Très simplement, la ligne de ces deux-là, c'est : copier la droite et faire le lit de la réaction. Ce qui a pour corollaire : mépris du peuple et des sauvageons, comme disait l'ancêtre Chevènement, puisque ledit peuple rejette la police (voir l'article de Mediapart).

Depuis plus de 20 ans, les organisations étatiques que sont l'UMP et le PS nous servent sempiternellement le même discours : la sécurité, envoyer la police, punir les délinquants, discuter de centres fermés, ... Etre entre le répressif et, pour la PS touch, la dame patronesse sociale-libérale un peu hautaine.

La première chose, pourtant, à noter, c'est que ces émeutes ont lieu dans des quartiers et/ou des villes populaires de notre pays et qu'à moins de considérer, comme Terra Nova contaminant le P"S" tout entier, que le prolétariat n'est plus - ou à peine - digne d'intérêt et, osons le mot, de compassion, il faut entendre et porter la colère de ces révoltés-là. Cela implique bien sûr de briser un consensus ancien mais c'est la condition première pour construire, avec les masses réelles de ce pays, une authentique politique émancipatrice.

De cela, le P"S" est évidemment incapable puisque sa nature politique véritable est d'assurer la continuité des ajustements capitalistiques réactionnaires quand la droite, affaiblie ou détestée, ne le peut plus. En outre, cette fonction de voiture-balai de la droite fait que le PS ne peut qu'être homogène à la droitisation de la droite : en l'espèce, l'outrance lepéniste du président précédent permet, dans un repli hexagonal, au gouvernement actuel de la gauche de renouer avec le molletisme ou, plus tôt encore, avec ce qu'on pourrait appeler... le mochisme (du sinistre Jules Moch) !

Ce pouvoir-là, comme les précédents, n'a aucune espèce de considération pour les pauvres, les humbles de ce pays. On est loin de Saint Just disant : "Les malheureux sont les puissances de la terre ; ils ont le droit de parler en maîtres aux gouvernements qui les négligent". Il s'agit au contraire de les faire taire en racontant à des médias dont les serviteurs sont des camarades de classe des oligarques au pouvoir que l'on va ouvrir une médiathèque, réparer un ascenseur, ... Pour le reste, seul compte désormais l'Etat, sa classe et ses hauts serviteurs...

Nulle part dans les canaux discursifs officiels il n'est question de la pauvreté matérielle des gens dont sont issus les émeutiers, des semaines qu'ils ne savent pas comment finir, des vacances au balcon dans la cité. La seule chose sur laquelle l'Etat crache volontiers, c'est l'Ecole (en l'espèce, le PS a allègrement passé les bornes de la décence) alors que celle-ci, quoi qu'en dise le consensus dans lequel saute joyeusement la direction de Mediapart, ne fonctionne pas si mal. Problème pour l'Etat : elle coûte cher. C'est bien son seul souci. Pourtant, une médiathèque sans école, c'est comme une bobine de film sans caméra...

Sans considération pour le peuple de ce pays, sans choix assumé entre le peuple et le profit, les discours lénifiants et socialistes-papistes sur les émeutes populaires ont de l'avenir. Il ne faudra toutefois pas oublier ceci : aucune émeute n'est propre ni pacifique et les barbares de la civilisation font plus pour l'édénisation du monde, comme dirait Hugo, que les civilisés aux voix feutrées de la barbarie capitaliste. Comment en outre s'étonner de la violence du peuple quand celui-ci, quand il fait grève par exemple, est considéré avec mépris ?

Aussi violentes que puissent être les émeutes amiénoises ou londoniennes, nous ne pouvons même avec distance que nous réjouir qu'elles aient lieu. On ne voit plus de manifestations, disait Sarkozy ? On verra des jacqueries ! La marche vers une conscience politique structurée est longue mais si nous devions constater l'extinction de la rage chez les opprimés du quotidien, ce serait très franchement à désespérer.

Travaillons contre le pouvoir socialiste, homogène à ses jumeaux UMP, à construire une ligne de masse communiste. Seule la politique communiste ringardisera bandits et dealers, homogènes, eux, à la loi de la jungle qu'on ne cesse de nous présenter comme le seul ordre réaliste et démocratique.

Que le ferment de la révolte ne soit pas éteint dans la jeunesse populaire bafouée ne peut en aucun cas nous effrayer. Tant s'en faut.

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