La justice viendra sur nos pas triomphants

L'Affiche rouge





Le président Hollande, à peine revenu de ses câlins libidineux au patronat français exilé outre-Atlantique, est allé au Mont Valérien rendre hommage, paraît-il, à la Résistance antinazie.

Nul doute que Jean Zay et Pierre Brossolette furent des héros et Germaine Tillion ou Geneviève de Gaulle des héroïnes mais enfin, un silence me chiffonne : notre socialiste Chef de l'État n'a eu aucun geste notable et respectueux pour ceux que "nul ne semblait [...] voir français de préférence". Manouchian et ses camarades n'ont eu droit à aucun hommage sur le fond. C'est scandaleux - mais guère étonnant de la part du sinistre Hollande. 

Sans doute est-ce là un aveu supplémentaire du fait que ce triste Hollande est un ennemi politique. Il est dans la continuité de la face sombre du Front populaire, peu amène - c'est rien de le dire - avec les "métèques" ou les Ostjuden dont le ministre Chautemps, en 1938, redoutait l'afflux en France. Pas de Panthéon pour les métèques, pensait Mitterrand dans les années 1930. Hollande reste fidèle à son mentor mité. 

Le Père Hollande nous aura gonflés avec sa "patrie", justifiant en creux nos expéditions postcoloniales au Mali et en Centrafrique en faisant un parallèle stupéfiant entre ce patriotisme-là et celui de la Résistance. Mais de Manouchian, Alfonso, Grzywacz et leurs camarades, rien ou si peu que les médias n'ont pas jugé bon d'en parler.

Ç'aurait été bien, pourtant, de dire de Shlomo Grzywacz qu'il écrivit à sa famille qu'il allait mourir dignement et debout, "comme un ouvrier juif".

Mais non, l'ennemi Hollande est tenace. Il a gommé la dimension communiste de la résistance limousine au musée de Tulle, il ne dira mot des "Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant". Son parti, faut dire, vota dans sa grande majorité les pouvoirs à Pétain et Valls nous rappelle aujourd'hui sa légendaire fraternité vis à vis des étrangers. 

On fera sans. On pensera à notre fidélité nécessaire à ces martyrs de la liberté et de la fraternité dont le plus connu disait mourir "sans haine pour le peuple allemand". On s'interrogera sur la justice telle qu'ils la rêvèrent pour la penser, aujourd'hui encore, envers et contre tout.

La mort, disait Aragon, n'éblouit pas les yeux des partisans. Hollande, lui, tremble du genou devant les patrons, les USA et le Front national. Et comme disait Sartre, "Tout anticommuniste est un chien".

Ceci explique peut-être cela.

Salut et gloire à la mémoire du Groupe Manouchian. 

 

(Texte du 21 février 2014 - date anniversaire de la mort des résistants FTP-MOI du Groupe Manouchian - réédité pour cause de haine écumeuse "socialiste") 

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