Marc Tertre
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Mille communismes

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Billet de blog 25 nov. 2015

Marc Tertre
Education populaire (science et techniques), luttes diverses et variées (celles ci qui imposent de "commencer à penser contre soi même") et musiques bruitistes de toutes origines
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Grapus en deuil : la mort de Pierre Bernard

D'aussi loin que je me rappelle, j'ai l'impression de les avoir toujours connu : Grapus, ce collectif de graphistes proche du parti communiste, mais surtout lié d'une façon dynamique au mouvement social, aux mobilisation, et tout ça avec une imagination, une clairvoyance extraordinaire.Pierre Bernard un des pillier du collectif faisait partie de nos références sensible viens de décéder. Hommage !

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 Je connaissais surtout Gérard Paris-Clavel (qui continuait aprés que "Grapus" ne se soit dissout dans l'association "ne pas plier") mais Pierre Bernard était lui aussi un créateur extraordinaire : inventeur, doté d'une imagination et d'un sens de l'humour superbe, d'une lucidité à toute épreuve, il faisait partie de ceux avec qui on a le coeur à se battre. D'ou la tristesse à l'annonce de sa mort.

Grapus et Mai 68 : entretien dans Télérama :

" Je suis rentré de Pologne en 1966. De 1966 à 1968, j’étais jeune papa, et je ne trouvais rien qui me convienne. J’ai travaillé trois mois à faire des publicités pour la Woolmark, dans une agence où je m’ennuyais à mourir. C’était la naissance de la publicité moderne. Le graphisme d’utilité publique, qui concerne tout ce qui n’est pas le commerce, est né à ce moment-là. Comme la société vise à ce que le commerce envahisse tout, l’image est un terrain de lutte permanent. Dans le contexte des années 1970, le commerce estimait que la culture était un lieu qui ne rapportait rien et n’était pas sous son emprise. La publicité ne s’en occupait donc pas. C’est sur ce terrain de la culture que Grapus, après avoir commencé dans la politique, s’est mis en phase avec la création graphique. Moi je m’emmerdais depuis deux ans. J’ai trouvé une place à Jeune Afrique, où j’étais maquettiste, puis directeur artistique, mais je m’y ennuyais. J’ai donc décidé de reprendre des études, d’arrêter le graphisme, et d’essayer de me former au film d’animation. En octobre 1967, suis revenu aux Arts déco, où existait une formation à l’animation et au dessin animé. Et du jour du jour au lendemain, je me suis retrouvé à faire des affiches pour Mai 68. Gérard Paris-Clavel, que je connaissais de loin, nous a rejoints. Ce mois-là, avec Gérard, nous avons travaillé ensemble dans le même atelier et sommes devenus copains. C’est aussi là que nous nous sommes liés à François Miehe, le dirigeant étudiant des Arts déco. Il était communiste, et avait du mouron à se faire car rue d’Ulm, en 68, quand on était communiste, c’était pas facile. Mais il a assez bien géré la situation. C’est probablement à ce moment-là que je me suis dit qu’il fallait que je travaille avec les communistes. Ils avaient la force et la détermination pour faire la révolution, alors que, chez les autres, ça partait dans tous les sens."

Pierre Bernard et l'engagement politique : entretien dans télérama

« Voilà pourquoi je disais que, pour moi, l’engagement politique est ce qu’il y a de plus fort pour penser le graphisme. Comme c’est une pratique sociale, il faut savoir qui on sert. Car on sert forcément quelqu’un. Un graphisme gratuit n’existe pas. Alors que la démarche artistique la plus intéressante se réclame de l’acte gratuit. Et cela ça se résoud individuellement. C’est pour cela qu’il est intéressant d’être graphiste, et je rejoins là Tomaszewski : vous devez résoudre une problématique de classe, d’intérêt social à analyser, parce que rien n’est pur, tout est dans les luttes et dans les rapports de force entre les groupes d’une société. Mais vous devez le faire avec votre désir d’acte gratuit, c’est à dire de don artistique. C’est le plus difficile. Car l’acte social il faut toujours en discuter, alors que le don artistique ne se discute pas, y compris avec vous-même. Il relève de l’impulsion. »

Le communisme n'est pas une idée, c'est un mouvement, une lucidité, une générosité. Ca, Grapus a permis de le rendre sensible à des tas de gens : merci a eux et à Pierre Bernard

On pourra également consulter le site des productions de pierre bernard, l'atelier de création graphique : http://www.acgparis.com/

et l'affiche la plus connue de Grapus (qui n'est pas à ma connaissance de Pierre Bernard)

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