Esclavages : de l'esclavage arabe à la traite atlantique, ruptures et continuités

Les discussions sur l'esclavage atlantique ne peuvent avoir lieu sans qu'une querelle arrive aussitôt, qui rappelle "les horreurs" de la traite arabo berbère en direction de l'afrique de l'est et de l'ouest. Le livre d'Olivier Pétré Grenouilleau est souvent cité par ceux et celles qui prétendent relativiser une traite par une autre. Pourtant, il existe nombre d'ouvrages sur le sujet

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Dans les nombreuses sources existant sur la question de l'esclavage et de la traite "négrière" il faut commencer par les ouvrages généraux sur l'histoire de l'afrique. Deux méritent la lecture, tout d'abord "le rhinocéros d'or" qui traite du "moyen age africain" du VIII au XV siécle.  Dans cette période ou les européens sont pratiquement absent (sauf vers la fin) se fixent tout un ensemble d'échanges entre des pays et des cultures différentes L'autre est un petit "digest" écrit par Catherine Coquery Vidrovitch "Petite histoire de l’Afrique" qui traite plus globalement de l'histoire "de l’Afrique au sud du Sahara, de la préhistoire à nos jours. On y retrouvera plus précisément les rapports souvent complexe entre l'islam et cette partie de l'afrique. D'autres nous apportent des éléments de connaissance sur des sujets plus précis, ainsi l'ouvrage de Robert C Davis sur "Esclaves chrétiens, maitres musulmans" ou celui de Jacques Heers "les négriers en terre d'islam" VII XVI siécle"mais aussi l'ouvrage fameux de Tidiane Ndiaye sur "le génocide voilé", et les atrocité commises par la traite "musulmane". On pourra lire en pendant "A bord du négrier" de Marcus Rediker/ Et aprés avoir lu la somme de Catherine Coquery Vidrovitch "Les routes de l'esclavage", on conclura sur le livre de Malek Chebel qui frappe par la colére suscité chez l'auteur par le fait que l'islam ai pu servir d'idéologie pour justifier la réduction en esclavage.

Traite raciale ou traite raciste ?

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Un des premiers question qui se pose dans le cadre d'une histoire comparatiste entre les deux histoire consiste a déterminer les rapports existant entre racisme et traite. Or de ce point de vue, il y a une différence essentielle entre "la traite orientale" (ie arabe) et la traite atlantique (ie occidentale) : alors que la seconde n'a visé que des noirs, la traite arabe a concerné des Africains de l'ouest, du centre et de ceux touchant l'océan indien, mais aussi des européens en nombre pas du tout négligeable. De ce point de vue, on pourrait dire que le racisme anti noir persistait dans la conscience européenne, et que c'est celle ci qui a entrainé la traite exclusive des noirs, mais en fait l'explication la plus rationnelle me semble plutot l'inverse : ce n'est pas parce qu'il y avait du racisme qu'on a esclavagé les noirs, mais bien parce qu'on a esclavagé les noirs que le racisme à leur encontre s'est développé. Il suffit de penser que le "racisme scientifique" comme idéologie, parait justement à une période ou l'occident est dans une phase d'abolition de l'esclavage. De ce point de vue, on peut partager le point de vue d'Olivier Pétré Grenouilleau quand il affirme (p22) "Les anciens poncifs (du type la traite est la conséquence d'un racisme a l'encontre des noirsil serait utile de les remplacer par des hypothéses plus scientifiques" tout en trouvant son point de vue insuffisant, parce que des hypothéses plus scientifiques, il n'en donne pas vraiment.

De même rappelle t il quelques pages plus loin que l'esclavage atlantique a commencé bien aprés

la traite arabe. C'est tout a fait exact, mais il omet de préciser que l'europe du moyen age connait fort mal l'afrique, qui ne commence à etre véritablement explorée qu'a partir du 14 siécle par les portugais qui pensent y trouver un chemin alternatif pour aller en inde (tentative qui sera couronnée de succés avec Vasco de Gama)

La traite arabe n'est pas exempte de préjugés plus ou moins "racistes" sur les esclaves "noirs". Peut etre faut il aussi tenir compte de la différence de méthodes pour se procurer des esclaves "noirs" et "blancs" Dans un premier temps, les arabes vont se procurer nombres d'esclaves blancs "slaves" mais ce "filon" va se tarir. Il y aura ensuite les voyageurs raptés par la "flotte barbaresque" Ceux ci sont un nombre considérable, et le spécialiste de la question Robert C Davis estime à 1,250 millions le nombre de victimes de ce trafic. C'est qu'il n'y a pas à proprement parler de "traite" dans ce cas, même si leurs victimes sont indubitablement  réduites en esclavage...

Assez rapidement, ils se procureront les esclaves noirs de façon "traditionnelle" en les achetant a des marchants et formerons les premiers comptoirs de traite (bien avant les européens) . La dessus, je pense que le chapitre consacré au début de la traite musulmane par Olivier Grenouilleau  (p33 "le role de l'expansion musulmane")  Car traditionnellement, il y a trois façon de se procurer des esclaves : les acheter, les réduire en esclavage suite à une guerre, et la reproduction de l'esclavage (le maitre héritant des enfants des esclaves) Or dans la période de première expansion de l'islam, il me semble que le "jihad" est une occasion bien plus favorable que la traite pour se procurer des esclaves... C'est plutot dans la phase de consolidation de l'islam que la traite a pu se substituer à la guerre perpétuelle pour se procurer des esclaves. D'autant plus que se fondent alors des entités politiques africaines (l'empire du Ghana puis celui du mali par exemple) converties a l'islam et qui font un (fructueux) commerce avec les pays arabe. Rapidement, le commerce des esclaves se substitue a celui de l'or.

Par contre, le meme olivier Pétré Grenouilleau à tout a fait raison de dire que (p35) l'islam n'exprimait aucun préjugé racial en tant que tel, mais que (p36) "entre le stéréotype même particulièrement négatif et le racisme, il y a cependant un pas important Il me semble que ce qui contribua à le franchir fut l’essor de la traite des noirs, le fait que les habitants de l'empire prirent l'habitude de voir des noirs asservis". D'ou une série de témoignages montrant le peu de considération comme le témoignage d'Ibn Kaltoum, le grand géographe arabe du XV siécle (cité p 37 du livre de OPG) Mais on peut également citer des propos du même Ibn Kaltoum montrant des préjugés tout aussi violents vis a vis "des arabes" (qui sont selon lui "des pillards et des destructeurs. Ils pillent tout ce qu'ils trouvent sans combattre ou sans s'exposer."

Il me semble que l'ouvrage de Pétré Grenouilleau fait l'impasse sur une différence fondamentale entre l'esclavage et la traite "orientale" et "occidentale", le fait que la traite "arabe" ne vise pas uniquement des populations noires, mais tout autant des esclaves "chrétiens" et "blancs". Cet esclavage a souvent été sous estimé, d'autant que par sa nature il se prétait assez peu aux statistiques. Il n'empéche que le spécialiste de la question, Robert C Davis estime à 1250000 le nombre d'esclaves concerné par la "traite des blancs par les barbaresques, de 1500 à 1800. Et c'est sans compter les esclaves des croisades et ceux pris dans la population chrétienne en espagne musulmane (avant la "Requonquesta")

les esclaves blancs en méditerrannée

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La traite esclavagiste arabe n'a pas concernée que les population d'afrique de l'est et du centre, il a aussi concerné des populations "blanches" selon le vocable raciste. Plusieurs populations ont été concernée par celui ci, tout d'abord les populations "slaves" de slavonie  (d'ou le mot "esclavage" est tiré) puis ensuite les populations chrétiennes de l'espagne andalouse. La troisiéme source de cet esclavage est la méditerannée parcouru par des pirates barbaresques a la recherche de populations à réduire en esclavage. Selon les sources, cette pratique a concernées de 1 à 2 millions de personnes entre 1500 et 1800. 

On trouve d'ailleurs trace de ces trafics dans l'ouvrage essentiel consacré par Braudel à la Méditerranée. Le livre de référence sur le sujet n'en reste pas moins le travail de Robert C Davis (cité dans la bibliographie) En particulier il est le premier à donner des comptes sinon précis (selon les modalités de ce processus, il n'y a que peu de chance pour que cela ne soit jamais le cas)

 Le développement de la "piraterie" des "barbaresques" suit de pret la période de la "requonquesta" espagnoles, et il est probable que la mise en esclavage systématique de l'ensemble des "chrétiens" qu'ils parvenaient à capturer avait un gout de vengeance, mais assez rapidement d'autres considérations, en particulier économiques, se sont mélées aux motivations initiales.

Un auteur a d'ailleur précisé la forme que ce "brigandage" officiel pouvait prendre Roland Courtinat dans son ouvrage sur la "piraterie barbaresque" précise : « L’essor pris par la piraterie étant devenu redoutable, les pirates s’associent entre eux, puis avec le souverain turc d’Alger. Avec l’accord du souverain concerné, la piraterie devient alors une guerre maritime de prééminence religieuse entre l’islam et la chrétienté. Mais ce n’est pas la seule motivation, car apparaît aussi la notion de profit. La Régence d’Alger ne possède aucune économie publique et ne peut subsister que par la piraterie qui lui procure l’équilibre de son budget par la vente des marchandises capturées sur les navires arraisonnés, et, bien sûr, la vente des esclaves.  La piraterie barbaresque, comme la piraterie chrétienne, s'intègre dans le contexte des opérations guerrières menées de part et d'autre. C'est par la suite que les écumeurs des mers saisissent tout le profit que la Méditerranée peut leur apporter.»

Les pirates "barbaresques" contrôleront la méditerranée du XV au XVII siècle. Au XIX siécle, leur domination sera remise en cause par l'intervention des européens, en particulier des américains (qui sont victime de razzia et de rackets incessants  ) mais aussi et surtout par les Français. Mais pour ces derniers cette volonté de mettre fin au piratage se confond avec une volonté coloniale qui culminera avec la conquete d'Alger en 1830

 

l'économie de la traite : l'exemple de nantes

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 Pour mémoire rappelons quelques chiffres sur la traite en france :

Principaux ports Nombre d’expéditions
Nantes                1714
Le Havre            451
La Rochelle       448
Bordeaux           419
Saint-Malo        218

La prééminance de Nantes dans la traite atlantique ne se discute pas, d'autant qu'elle a commencé aprés un certain nombres de ports, et terminé bien avant d'autres (la traite a été offficiellement interdite en france en 1817, Nantes a cessé toutes ses opérations en 1830, le havre en 1847)

Olivier Pétré Grenouilleau consacre un long chapitre de son ouvrage (opus cité) à "la rentabilité de la traite" (p384 à 405) Or il me semble que pour "refuser une instrumentalisation de la traite" il "tord le bâton dans l'autre sens" et on ne comprend pas pourquoi une activité si peu rentable a suscité tant de vocations. Il me semble qu'il néglige tout un ensemble de facteurs qui lui donne une vision faussée de la dynamique économique de la traite atlantique.

Il cite assez longuement le cas de Nantes (dont il est originaire, et dont par ailleurs, il a écrit plusieurs livres sur le rapport Nantes et esclavage). Or la réalité de l'économie Nantaise à l'époque esclavagiste, c'est qu'en général il n'y avait pas de gens qui pratiquaient uniquement "la traite"  mais aussi le négoce et la construction navale. Ces trois activités étaient trés souvent étroitement liées, le négoce nantais étant un négoce exclusivement tourné vers l'afrique et les "colonies" caraïbes

C'est un peu comme si on ne prenait comme mesure du profit dans l'industrie des semi conducteurs, uniquement le secteur de la construction des "wafers" (ce sont les "tranches" de sillicium hautement purifié qui servent à la construction des dispositifs électroniques) 

Le secteur le plus rentable a toujours été le négoce. Mais le négoce  dans le cas de Nantes, est presque exclusivement tourné vers le secteur colonial. .

L'armement des navires négriers est également une source de profit considérable, qui n'est jamais envisagée dans l'ouvrage de Pétré-Grenouilleau or c'est une des sources de la prospérité de Nantes, grand centre de construction de navires, et de navires négriers (ceux ci étant pour la traite atlantique spécifique)

voila les statistiques sur l'armement des navires négriers :

Nombre annuel de navires armés pour la traite à Nantes8

1713          1715           1716       1717       1718       1719    1720     1721      1722        1723     1727     1728

14               20               2              11            12            9         20         16           11            24         6          10

Il ne faut pas oublier que Nantes jusqu’en 1856  (date de construction de Saint Nazaire comme port en eau profonde) est un grand centre de construction de navire, qui bénéficie d'un énorme marché due à la traite et de tout ce qui va avec. Parce que les armateurs qui font de la traite participent aussi au négoce : c'est eux qui ramènent le sucre des iles, c'est eux qui transportent dans les deux sens toutes les marchandises indispensables aux échanges (tabac, sucre et indigo dans un sens, armes, textiles et biens de consommation diverses dans l'autre)

Or si on compare la dynamique de Nantes et celle d'Alger dominé par les "barbaresques", on voit bien qu'une dynamique économique et sociétale profondément différente s'établie entre ces deux situations.

Et cette différence à un nom : le capitalisme !

Esclavage et capitalisme

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 La encore, la question est discutée parement dans l'ouvrage de Pétré Grenouilleau, qui vise a fournir une vision très relativiste de la question : jusqu’à quelle mesure l'esclavage a t il été indispensable à l’avènement du capitalisme moderne en Europe ? Sa façon de présenter la question frise la mauvaise foi : il présente dans un premier temps les textes "issus du marxisme" ou de Marx lui même visant a établir comment l'esclavage a été central dans le développement du capitalisme anglais, le premier du nom. L'ouvrage fondateur de Eric William (esclavage et capitalisme)  est ensuite cité, pour l'opposer a des "critiques modernes" qui remettraient en cause la justesse de son analyse. Or cette façon de procéder est profondément malhonnête : cette question a toujours été âprement discuté et le courant "marxiste" n'a jamais été "hégémonique". Mais procéder comme il le fait permet de présenter des choix idéologiques et politiques comme un accord sur une vision "scientifiques"C'est que assez bizarrement, les spécialistes que OPG convoque à l’appui de sa thèse ne sont pas non plus totalement vierge sur un plan idéologique. 

Paul Bairoch par exemple (cité p 417) représente un courant idéologique bien représenté actuellement, qui nie l'apport du pillage des pays colonisés dans le développement des pays colonisateurs. et c'est le cas de l'ensemble des intervenants que Petré Grenouilleau cite, et qui tous relativisent le poids de l'esclavage et de l'économie de plantation dans la survenue du capitalisme. Or la façon de présenter les débats est fonciérement biaisée, puisqu'il fait comme si "de nouveaux éléments" permettaient de remettre en cause des savoirs anciens. Alors qu'il s'agit plus fondamentalement de débats idéologiques entre historiens.

En ce qui concerne les rapports entre esclavage et capitalisme, personne ne pense qu'il y a un passage "naturel" de l'un à l'autre. Sinon l'esclavagisme arabo berbère aurait fait qu'un capitalisme se serait développé avant celui de l'europe de l'ouest. De même peut on remarquer que le premier pays a développer "le capitalisme" fut l’Angleterre, et non l’Espagne ou le Portugal (qui furent pourtant les premiéres nations esclavagistes) Et de même on peut remarquer que la troisième puissance à installer un capitalisme "fort" à savoir l'Allemagne n'a jamais développé de structures esclavagistes (et s'est même voué plutôt tardivement aux délices de l'empire colonial, puisqu'une partie des conflits qui allaient secouer l'europe avait justement cet enjeu en perspective.

Mais dire qu'il n'y a pas de relation "simple" entre esclavage et capitalisme ne signifie pas, loin de là, qu"il n'y a pas de rapports entre les deux, et d'ailleurs Olivier Pétré Grenouilleau ne le prétend pas. Par contre il tente sans arret de relativiser l'importance de cette période et de cette situation dans la constitution de notre société. De fait, pour l'ensemble des "grands facteurs" d'évolution des populations, sinon de l'humanité, il parait extrêmement peu probable que ces évolutions soient systématiquement mono causale. Il n’empêche que de ce point de vue, le constat s'impose : l'esclavage atlantique a enrichi les pays d'europe de l'ouest qui s'y sont livré, ce qui n'est absolument pas le cas de l'esclavagisme arabo-berbére qui n'a pas eu du tout les mêmes conséquences économiques.

Il faudrait revenir plus longuement sur "l'économie de plantation", sur ce qu'elle signifiait, sur ses modalités, etc.

Quand a l'horreur de la traite, elle ne souffre aucun relativisme. Or c'est bien là qu'est l'enjeu de certains (et certaines) qui dés qu'ils entendent parler de la traite atlantique raméne celle ci a "l'horreur de la traite arabo musulmane"

Récemment, un article est publié sur la question de l'esclavage atlantique : aussitôt la première réponse fuse :

Vaudioux : Vous oubliez -évidemment-,les grandes razzias des esclavagistes arabes entre le XIIème et le XVIème siècle

Karinal : Pas besoin de remonter si loin, si on parlait de la traite négrière passée et  actuelle des subsahariens au Maghreb?

La traite arabe a été la plus longue et la plus régulière des trois traites, ce qui explique qu'elle ait globalement été la plus importante en nombre d'individus asservis : 17 millions de personnes selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, du VIIème siècle à 1920. Certains pays n'ont adopté une législation interdisant l'esclavage qu'au XXe siècle (Maroc, Irak, Arabie Saoudite, Mauritanie).

Portfirio : Bien dit, surtout en ce qui concerne la citation du bouquin de Pétré-Grenouilleau que je conseille à toute personne qui veut avoir une idée un peu structurée de la traite négrière.

Le problème est que ces sujets constituent des enjeux de discours politiques qui, selon leurs orientations, mettent en évidence ou occultent certains aspects et certaines dynamiques.

La traite, qu'elle soit orientale ou atlantique est, selon les mots mêmes de Pétré-Grenouilleau, monstrueuse par son sujet et par son étendue. C'est un phénomène qui s'étend sur presque quatorze siècles. Il est donc à la fois assez mal connu du grand public et objet de représentations simplistes et déformées.

Le problème est que ce type d'exposition, s'il a un effet bénéfique sur les consciences en ce qui concerne la monstruosité du traitement, ne présente qu'une version parcellaire par le choix même de se restreindre à la traite atlantique. Partant de là, il est difficile d'échapper à l'idée d'un discours expurgé et orienté politiquement.

Bref; dés qu'on rappelle l'horreur de l'esclavagisme des plantations on est aussitôt ramené aux "traitres arabo musulmanes"

Et faussement à Olivier Grenouilleau, puisque il le rappelle clairement, ces traites ne sont pas en rapport avec la religion musulmane. Religion  musulmane qui ne les condamne pas plus que ne les condamnait l'église catholique. Ce qui n'empéche pas la tunisie d'avoir interdit l'esclavage en 1846 et la France d'y avoir mis fin définitivement en 1848.

Que cet historien soit utile pour briser les "conforts intellectuels" qui ne nous permettent pas appréhender vraiment en profondeur un phénomène complexe, c'est entendu. Mais est ce pour oublier comment il peut etre instrumentalisé pour des fins pour lesquelles il ne se reconnaitrait certainement pas.

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Bibliographie

Concernant les versions successives d'un même texte : je donne l'édition que je posséde. Les citations (ou je donne le numéro de page dont est tiré cette citation) sont tiré de celle ci

Malek Chebel L'esclavage en terre d'islam Fayard 2007 496p

Catherine Coquery Vidrovitch Petite histoire de l'afrique La découverte 2017 226p

Catherine Coquery Vidrovitch les routes de l'esclavage Albin Michel 2018 575p

Robert C Davis Esclaves chrétiens, maitres musulmans Babel 2007 420p

François Xavier Fauvelle le rhinocéros d'or Gallimard 2016 378p

Murray Gordon l'esclavage dans le monde arabe Tallandier 2009 265p

Jacques Heers les négriers en terre d'islam Perrin 2008 307p

Tidiane  Ndiaye Le génocide voilé Gallimard 2008 311p

Olivier Pétré Grenouilleau Les traites négriéres Gallimard 2004 733p

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