Sur la mélenchonomania qui saisit une partie de la gauche

L'hypnose qui saisit de nombreuses personnes habituellement progressistes est autant saisissante que déprimante.

- Distinction entre "patrons étrangers" et patrons français en 2009.
- Propos méprisants contre les révoltés d'Amiens-Nord traités de "crétins".
- L'immigration, une chance ? "Pas toujours".
- "Pain volé" par les travailleurs détachés.
-"Rendre la France aux Français en la libérant de l'oligarchie" en conclusion du débat de lundi dernier.
-"Universalisme français" à propos des colonies d'Outre-Mer.
- Parler d'"accoutrements" à propos d'habits supposés rendre visible une confession (surtout musulmane).
-Burkini considéré comme une "provocation"...

Je suis atterré de voir tant de gens pourtant progressistes accepter ces nombreuses dérives mélenchoniennes sans sourciller. Pour certain.e.s, ça me cause une peine immense parce qu'ils/elles me sont proches. Voilà ce que j'aurai retenu de cette séquence électorale où le niveau de la connerie (pour reprendre Deleuze) n'est pas loin de ressembler à un tsunami. La question sociale n'est rien sans la considération première selon laquelle, comme le dit Alain Badiou, "Il y a un seul monde". Un.e ouvrier.e français.e vaut autant qu'un.e prolétaire du Bangladesh. C'est du reste ce que pensait ma grand-mère, ouvrière d'un trou perdu en Picardie, mais l'universel catholique (de gauche) avait une autre gueule que la révolte faisandée strictement nationale d'un François Ruffin.

Il n'y a de principe communiste que celui-là : Tout pour tous !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.