Pas de mansuétude pour le molletisme en temps de paix !

De quoi le PS s'est-il montré capable dans son histoire ? De quoi se montre-t-il capable aujourd'hui ? Non pas de rien - ce serait trop facile - mais de dureté politique au service exclusif de la réaction et du capital carnassier. Ce parti, depuis fort longtemps mal nommé, est l'éternelle voiture balai de la droite.

De quoi le PS s'est-il montré capable dans son histoire ? De quoi se montre-t-il capable aujourd'hui ? Non pas de rien - ce serait trop facile - mais de dureté politique au service exclusif de la réaction et du capital carnassier. Ce parti, depuis fort longtemps mal nommé, est l'éternelle voiture balai de la droite. A tel point qu'il arriva dans l'histoire, que ladite droite soit finalement moins calamiteuse. De Gaulle, notamment, et en 1940 (quand la majorité des élus Front populaire votait les pleins pouvoirs à Pétain) et lors de la guerre d'Algérie où la politique gaulliste, sans évidemment être progressiste, releva la France de l'épouvantable colonialisme de Guy Mollet, véritable girouette parlementaire devenue fondé de pouvoir des colons.

Dire, donc, que le PS est mou, qu'il ne fait rien,... est plus qu'inexact. Si seulement... Hélas, c'est carrément faux. Le PS est un parti réactionnaire qui se drape dans l'idée vide et mitée de la gauche pour faire avaler ses ignominies, sa xénophobie de fait et sa soumission zélée au capital. Après 1981, il liquidait la sidérurgie après avoir annoncé le contraire, glissait le vocable immigré en lieu et place de celui d'ouvrier et imposait l'infâme intégration européenne qui, aujourd'hui, a déjà mis les peuples d'Espagne et de Grèce à genoux. A part cela, qu'a-t-il fait ? La retraite à 60 ans (déjà liquidée) ? L'abolition de la peine de mort (elle était dans les cartons de tous les partis, extrême droite exceptée) ? Les 39 heures (qui annonçaient la flexibilité aubryste) ?

Il n'y a rien à attendre du Parti socialiste sauf à tomber dans la frustration et le ressentiment. Ce que fait aujourd'hui ce parti est, comme toujours, indigne : il drague via Manuel Valls l'électorat des bistrots lepéniste en chassant les Roms de leurs camps de fortune. Telle est essentiellement sa politique. Il ne recule du reste jamais devant un petit couplet électoraliste poujadiste : il suffit se se rappeler Allègre à la fin des années 1990 tenant sur les enseignants de ce pays des propos de comptoir.

Le Parti socialiste est dur avec les faibles et faible avec les forts. En cela, il fait du sarkozysme sans Nicolas. Il vient se vautrer aux pieds du MEDEF à Jouy en Josas, il recule devant la grande bourgeoisie qui refuse l'imposition à 75% et il soutient Merkel contre les Grecs exsangues. A côté de cela, il arrête de pauvres émeutiers amiénois, fait du zèle (voir ici) au service des pires bureaucrates maastrichtiens et se joint à l'axe atlantico-salafiste pour soutenir une intervention militaire en Syrie.

Le PS est donc xénophobe - au moins en creux -, au garde à vous devant les boursicoteurs et les loups cerviers du capital et défend une politique étrangère inféodée à celle de l'OTAN (ou de l'ONU occidentaliste).

Bien sûr, ce n'est pas ce que déclare le PS - jamais ! C'est l'école Guy Mollet, du nom de ce grand socialiste très "à gauche" (mais à gauche de quoi ? D'Aussaresses ?) qui fit, dans la réalité, une politique violemment réactionnaire.

C'est toujours la même histoire avec nos socialistes. Hollande au Bourget en janvier déclarait la finance son ennemi pour envoyer quelques mois après des ministres faire des courbettes à Laurence Parisot.

Ce qu'il y a à craindre, pour la période, c'est que le candidat Hollande s'étant si peu engagé, la catastrophe politique soit rapidement au bout du sentier.

Rompre avec la gauche est une nécessité impérieuse. L'émancipation politique passe aussi par une liquidation subjective et politique de la réaction qui a le toupet de se dire "socialiste".

La réaction de gauche, en effet, est le fourrier du fascisme de demain.

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