Faire de Paris la capitale de la résistance à l’austérité

Danielle Simonnet, élue du XXe arrondissement de Paris et secrétaire nationale du Parti de gauche, répond à la socialiste Marie-Noëlle Lienemann, qui invitait lundi les communistes à « soutenir Anne Hidalgo dès le premier tour ». Pas question, affirme la candidate du PG pour les municipales à Paris : « Nous devons faire de ces élections un vote sanction de la politique gouvernementale. »

Danielle Simonnet, élue du XXe arrondissement de Paris et secrétaire nationale du Parti de gauche, répond à la socialiste Marie-Noëlle Lienemann, qui invitait lundi les communistes à « soutenir Anne Hidalgo dès le premier tour ». Pas question, affirme la candidate du PG pour les municipales à Paris : « Nous devons faire de ces élections un vote sanction de la politique gouvernementale. »



 

Alors que la politique antisociale et anti-écologique de l’actuel gouvernement désespère celles et ceux qui ont contribué à battre Sarkozy dans les urnes, chacun-e doit prendre conscience de son immense responsabilité politique.

Oui, le prochain scrutin des élections municipales sera un grand rendez-vous politique national. Je l’assume, et la gauche des écologistes, comme la gauche du PS, ainsi que toutes les composantes du Front de Gauche et le NPA doivent l’assumer : nous devons faire de ces élections un vote sanction de la politique gouvernementale et démontrer qu’une majorité alternative aux politiques d’austérité est possible. D’autant plus à Paris, ville capitale !

Comment empêcher la droite de reprendre le pouvoir à Paris et le Front National d’y gagner des positions ? En étant honnête et cohérent. On ne peut manifester contre la réforme des retraites du gouvernement et se retrouver dès le premier tour sur les mêmes listes que les amis de ce gouvernement. On ne peut dénoncer l’escalade sécuritaire et raciste anti-Rroms et se retrouver dès le premier tour sur les mêmes listes que celle qui ose déclarer que « Paris ne doit pas devenir un campement géant de Rroms ». On ne peut refuser les alliances de la sociale démocratie avec la droite partout en Europe et se retrouver dès le premier tour sur les listes de celle qui prône une stratégie d’alliance avec le Modem.

Ensemble dans les luttes, construisons le même rassemblement dans les urnes. Pourquoi interpeller les communistes pour qu’ils rejettent cette option et ne pas le faire en direction des écologistes qui ont d’ores et déjà choisi l’autonomie ? Marie-Noëlle Lienemann, au vu de tes engagements, tu devrais au contraire interpeller avec nous toutes celles et ceux qui partagent ce refus des politiques austéritaires et productivistes pour qu’ensemble nous fassions listes communes. Nous pouvons renverser la table des renoncements, passer en tête de la gauche à Paris ou au moins viser des mairies d'arrondissement. Nous devons porter l’ambition de faire de Paris la capitale de la résistance à l’austérité !

Notre tâche est de ramener aux urnes les abstentionnistes et, plus nombreux encore, celles et ceux qui ne s’inscrivent plus sur les listes électorales, se sentant trahis par ceux qu’ils ont élus. Pour l’accomplir nous devons défendre nos orientations, nos propositions, nos valeurs. Et au deuxième tour, si nos listes de rassemblement anti austérité ne sont pas en tête, alors les fusions démocratiques permettront de battre la droite et l’extrême droite, de façon bien plus efficace car nous aurons remobilisé les nôtres en imposant dans la campagne les vrais débats.

Comment caractériser les enjeux municipaux à Paris ? De la même façon qu’au niveau national. Bien sûr, à Paris, de grandes choses ont été réalisées, comme l’augmentation des logements sociaux ou le service public de l’eau. Mais l’exode social des classes populaires n’a pas été enrayé et la spéculation immobilière continue de chasser celles et ceux qui ne peuvent plus assumer leurs loyers. Les inégalités sociales à Paris ne cessent de se creuser avec plus de 14% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Les nouveaux services publics ne sont assurés que par des redéploiements de postes sans création et la précarité reste conséquente parmi les agents de la ville. L’aide sociale à l’enfance n’assume plus les prises en charge de toutes les familles à la rue avec enfant et des jeunes majeurs isolés étrangers, alors que nos politiques devraient servir de bouclier social anticrise. L’hôpital public est directement attaqué par les mêmes politiques conduites hier comme c’est le cas pour l’Hôtel-Dieu ou l’hôpital Bichat. Les équipements culturels et les associations subissent des coupes sombres quand ils ne sont pas carrément abandonnés. Les intérêts privés gagnent du terrain. Des projets antiécologiques sont imposés comme celui de la tour Triangle, énergivore car de plus de 180 mètres de haut, vouée à la spéculation immobilière de bureaux.

Anne Hidalgo comme Bertrand Delanoë ont accepté les baisses des dotations de l’Etat et effacé la dette de l’Etat aux Parisiens qu’ils revendiquaient pourtant sous Sarkozy. Se faisant, ils soumettent les politiques municipales parisiennes à l’accompagnement de l’austérité. Ils se vantent d’avoir faiblement recours à l’emprunt et s’interdisent de développer les investissements utiles socialement et écologiquement responsables. Anne Hidalgo s’en remet dans sa campagne aux partenariats publics privés pour développer le logement. Et alors que le patronat cherche à déréguler le travail via le commerce et les grandes enseignes, la candidate PS souhaite rouvrir le dossier des zones touristiques concernant le travail du dimanche.

Parce que c’est Paris, parce que c’est la capitale, nous devons organiser le front large du peuple qui résiste à l’austérité et à ces renoncements libéraux. Nous devons démontrer qu’une autre politique est possible et qu’une majorité alternative est disponible pour la mettre en œuvre. Voilà le formidable signal que nous avons à envoyer à celles et ceux qui attendent tant de nous. 

Oui, les militants communistes ont entre leurs mains un choix important. Je ne doute pas qu’ils seront, une fois encore, au rendez-vous de l’Histoire. Et toi ?

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