Danielle Simonnet
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Municipales 2014

Suivi par 24 abonnés

Billet de blog 2 oct. 2013

Faire de Paris la capitale de la résistance à l’austérité

Danielle Simonnet, élue du XXe arrondissement de Paris et secrétaire nationale du Parti de gauche, répond à la socialiste Marie-Noëlle Lienemann, qui invitait lundi les communistes à « soutenir Anne Hidalgo dès le premier tour ». Pas question, affirme la candidate du PG pour les municipales à Paris : « Nous devons faire de ces élections un vote sanction de la politique gouvernementale. »

Danielle Simonnet
Conseillère de Paris,Coordinatrice du Parti de Gauche
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Danielle Simonnet, élue du XXe arrondissement de Paris et secrétaire nationale du Parti de gauche, répond à la socialiste Marie-Noëlle Lienemann, qui invitait lundi les communistes à « soutenir Anne Hidalgo dès le premier tour ». Pas question, affirme la candidate du PG pour les municipales à Paris : « Nous devons faire de ces élections un vote sanction de la politique gouvernementale. »


Alors que la politique antisociale et anti-écologique de l’actuel gouvernement désespère celles et ceux qui ont contribué à battre Sarkozy dans les urnes, chacun-e doit prendre conscience de son immense responsabilité politique.

Oui, le prochain scrutin des élections municipales sera un grand rendez-vous politique national. Je l’assume, et la gauche des écologistes, comme la gauche du PS, ainsi que toutes les composantes du Front de Gauche et le NPA doivent l’assumer : nous devons faire de ces élections un vote sanction de la politique gouvernementale et démontrer qu’une majorité alternative aux politiques d’austérité est possible. D’autant plus à Paris, ville capitale !

Comment empêcher la droite de reprendre le pouvoir à Paris et le Front National d’y gagner des positions ? En étant honnête et cohérent. On ne peut manifester contre la réforme des retraites du gouvernement et se retrouver dès le premier tour sur les mêmes listes que les amis de ce gouvernement. On ne peut dénoncer l’escalade sécuritaire et raciste anti-Rroms et se retrouver dès le premier tour sur les mêmes listes que celle qui ose déclarer que « Paris ne doit pas devenir un campement géant de Rroms ». On ne peut refuser les alliances de la sociale démocratie avec la droite partout en Europe et se retrouver dès le premier tour sur les listes de celle qui prône une stratégie d’alliance avec le Modem.

Ensemble dans les luttes, construisons le même rassemblement dans les urnes. Pourquoi interpeller les communistes pour qu’ils rejettent cette option et ne pas le faire en direction des écologistes qui ont d’ores et déjà choisi l’autonomie ? Marie-Noëlle Lienemann, au vu de tes engagements, tu devrais au contraire interpeller avec nous toutes celles et ceux qui partagent ce refus des politiques austéritaires et productivistes pour qu’ensemble nous fassions listes communes. Nous pouvons renverser la table des renoncements, passer en tête de la gauche à Paris ou au moins viser des mairies d'arrondissement. Nous devons porter l’ambition de faire de Paris la capitale de la résistance à l’austérité !

Notre tâche est de ramener aux urnes les abstentionnistes et, plus nombreux encore, celles et ceux qui ne s’inscrivent plus sur les listes électorales, se sentant trahis par ceux qu’ils ont élus. Pour l’accomplir nous devons défendre nos orientations, nos propositions, nos valeurs. Et au deuxième tour, si nos listes de rassemblement anti austérité ne sont pas en tête, alors les fusions démocratiques permettront de battre la droite et l’extrême droite, de façon bien plus efficace car nous aurons remobilisé les nôtres en imposant dans la campagne les vrais débats.

Comment caractériser les enjeux municipaux à Paris ? De la même façon qu’au niveau national. Bien sûr, à Paris, de grandes choses ont été réalisées, comme l’augmentation des logements sociaux ou le service public de l’eau. Mais l’exode social des classes populaires n’a pas été enrayé et la spéculation immobilière continue de chasser celles et ceux qui ne peuvent plus assumer leurs loyers. Les inégalités sociales à Paris ne cessent de se creuser avec plus de 14% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Les nouveaux services publics ne sont assurés que par des redéploiements de postes sans création et la précarité reste conséquente parmi les agents de la ville. L’aide sociale à l’enfance n’assume plus les prises en charge de toutes les familles à la rue avec enfant et des jeunes majeurs isolés étrangers, alors que nos politiques devraient servir de bouclier social anticrise. L’hôpital public est directement attaqué par les mêmes politiques conduites hier comme c’est le cas pour l’Hôtel-Dieu ou l’hôpital Bichat. Les équipements culturels et les associations subissent des coupes sombres quand ils ne sont pas carrément abandonnés. Les intérêts privés gagnent du terrain. Des projets antiécologiques sont imposés comme celui de la tour Triangle, énergivore car de plus de 180 mètres de haut, vouée à la spéculation immobilière de bureaux.

Anne Hidalgo comme Bertrand Delanoë ont accepté les baisses des dotations de l’Etat et effacé la dette de l’Etat aux Parisiens qu’ils revendiquaient pourtant sous Sarkozy. Se faisant, ils soumettent les politiques municipales parisiennes à l’accompagnement de l’austérité. Ils se vantent d’avoir faiblement recours à l’emprunt et s’interdisent de développer les investissements utiles socialement et écologiquement responsables. Anne Hidalgo s’en remet dans sa campagne aux partenariats publics privés pour développer le logement. Et alors que le patronat cherche à déréguler le travail via le commerce et les grandes enseignes, la candidate PS souhaite rouvrir le dossier des zones touristiques concernant le travail du dimanche.

Parce que c’est Paris, parce que c’est la capitale, nous devons organiser le front large du peuple qui résiste à l’austérité et à ces renoncements libéraux. Nous devons démontrer qu’une autre politique est possible et qu’une majorité alternative est disponible pour la mettre en œuvre. Voilà le formidable signal que nous avons à envoyer à celles et ceux qui attendent tant de nous. 

Oui, les militants communistes ont entre leurs mains un choix important. Je ne doute pas qu’ils seront, une fois encore, au rendez-vous de l’Histoire. Et toi ?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Social
Dans les Ehpad du groupe Orpea, des CDI introuvables
D’après nos informations, des recrues du groupe privé de maisons de retraite doivent, en France, se contenter de signer des CDD au motif qu’il s’agirait de remplacer des salariés en CDI. Or, dans bien des cas, ces salariés n’existeraient pas. Le groupe dément toute irrégularité, assurant qu’« il n’y a jamais eu d’emploi fictif au sein de l’entreprise ».
par Leïla Miñano avec Benoit Drevet (Investigate Europe)
Journal
Quand le comité d’éthique de France TV prend le parti de Korian
Fin 2020, France 3 a diffusé un documentaire sur les morts du Covid dans les Ehpad qui a déplu au groupe privé Korian. Celui-ci a notamment saisi le comité d’éthique de France Télévisions. Une instance présidée par Christine Albanel qui a jugé « à charge » le travail, pourtant approfondi, des journalistes.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
L’action des policiers a causé la mort de Cédric Chouviat
D’après l’expertise médicale ordonnée par le juge d’instruction, la clé d’étranglement et le plaquage ventral pratiqués par les policiers sur Cédric Chouviat, alors que celui-ci portait encore son casque de scooter, ont provoqué l’arrêt cardiaque qui a entraîné sa mort en janvier 2020.
par Camille Polloni
Journal — Droite
Le député Guillaume Peltier visé par une enquête
Le parquet de Blois a annoncé, lundi 24 janvier, l’ouverture d’une enquête préliminaire à la suite des révélations de Mediapart sur l’utilisation des fonds publics du député Guillaume Peltier, porte-parole de la campagne d’Éric Zemmour.
par Sarah Brethes et Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
Génocide. Au-delà de l'émotion symbolique
Le vote de la motion de l'Assemblée Nationale sur le génocide contre les ouïghours en Chine a esquivé les questions de fond et servira comme d'habitude d'excuse à l'inaction à venir.
par dominic77
Billet de blog
La cynique et dangereuse instrumentalisation du mot « génocide »
La répression des Ouïghours existe au Xinjiang. Elle relève très probablement de la qualification juridique de « crimes contre l’Humanité ». Mais ce sont les chercheurs et les juristes qui doivent déterminer et les faits et leurs qualifications juridiques, et ce le plus indépendamment possible, c’est à dire à l’écart des pressions américaines ou chinoises.
par Bringuenarilles
Billet de blog
Agir pour faire reconnaître le génocide ouïghour. Interview d'Alim Omer
[Rediffusion] l’Assemblée Nationale pourrait voter la reconnaissance du caractère génocidaire des violences exercées sur les ouïghour.es par la Chine. Alim Omer, président de l’Association des Ouïghours de France, réfugié en France, revient sur les aspects industriels, sanitaires, culturels et environnementaux de ce génocide.
par Jeanne Guien
Billet de blog
Stratégies de désinformation et de diversion de Pékin sur la question ouïghoure
[Rediffusion] Alors que de nombreux universitaires sonnent l’alarme quant au risque génocidaire en cours dans la région ouïghoure, Pékin s’évertue à disqualifier tout discours alternatif et n’hésite pas à mobiliser ses réseaux informels en Europe pour diviser les opinions et couper court à tout débat sur la question ouïghoure. Une stratégie de diversion négationniste bien familière. Par Vanessa Frangville.
par Carta Academica