Ma redevance n'est pas faite pour enrichir Alain Minc, Stéphane Courbit et Maurice Lévy

Le 3 février 2010, le Conseil d'administration de France Télévisions a donc mandaté Patrick de Carolis pour ouvrir des négociations exclusives avec le consortium formé de la Financière Lov, du producteur Stéphane Courbit, conseiller par Alain Minc, et du Groupe Publicis, présidé par Maurice Lévy, pour la cession de 70% du capital de la régie publicitaire de France Télévisions, France Télévisions Publicité.

Le 3 février 2010, le Conseil d'administration de France Télévisions a donc mandaté Patrick de Carolis pour ouvrir des négociations exclusives avec le consortium formé de la Financière Lov, du producteur Stéphane Courbit, conseiller par Alain Minc, et du Groupe Publicis, présidé par Maurice Lévy, pour la cession de 70% du capital de la régie publicitaire de France Télévisions, France Télévisions Publicité.

 

Cette décision est inopportune sur le fond car France Télévisions Publicité est un actif stratégique pour l'audiovisuel public dont il ne faudrait pas se séparer. Elle se déroule dans des conditions scandaleuses, marquées notamment par de multiples conflits d'intérêts et par une concurrence totalement faussée, comme a pu le relever à plusieurs reprises Laurent Mauduit sur Mediapart.

 

De mon point de vue, elle est pourtant surtout inacceptable du point de vue de la gestion des finances publiques et du principe de consentement à l'impôt. En effet, à court terme, quand la régie publicitaire de France Télévisions aura été privatisée et jusqu'à la suppression totale de la publicité prévue en novembre 2011, 70% des résultats de la régie seront versés à un groupe privé, qui tirera ainsi partie des recettes publicitaires du groupe public. Ces recettes publicitaires sont notamment tirées de la pertinence des programmes présentés sur les chaînes publiques, financées par la redevance. Ainsi, paradoxalement, c'est le contribuable qui, par le biais du financement de France Télévisions, enrichira un groupe de publicité privé!

 

Encore plus grave, il n'est pas du tout exclu que la publicité ne soit finalement pas supprimée sur France Télévisions, à la suite de la contestation par l'Union européenne de la taxe sur les chaînes privées créée pour financer la compensation versée par l'Etat à France Télévisions. En effet, le Gouvernement pourrait, comme le demande de nombreux parlementaires de la majorité et de l'opposition, renoncer à la suppression de la publicité de 6H00 à 20H00. Si ce scénario se confirme, un groupe privé s'enrichira durablement sur le dos du service public et des contribuables.

 

La redevance est aujourd'hui payée par une majorité de Français et pèse parfois lourdement sur leur budget. Il est donc choquant et inacceptable qu'elle soit détournée pour remplir les poches de quelques grands patrons du secteur privé.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.