Montebourg, Liêm Hoang Ngoc : nous renégocierons le traité européen du 1er mars

 Pour le député européen, l'économiste Liêm Hoang Ngoc, le mécanisme européen de stabilité amorce un mouvement vers la mutualisation de la dette européenne.C'est donc une avancée positive pour le député socialiste.

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Pour le député européen, l'économiste Liêm Hoang Ngoc, le mécanisme européen de stabilité amorce un mouvement vers la mutualisation de la dette européenne.

C'est donc une avancée positive pour le député socialiste.

Hélas, l'article 5, en suggérant l'adhésion à une règle d'or budgétaire, ne fait qu'imposer la politique décidée par le couple Merkozy (Merkel-Sarkozy).

 

En considérant qu'il ne faut pas rejeter ce qu'il y a de positif, tout en s'interdisant d'en cautionner l'aspect négatif, Liêm Hoang Ngoc considère que l'abstention est la meilleure attitude à adopter :

"Début 2011, avecmesamisduPSE, nous nous sommes battu pour l’instauration d’une mutualisation de la dette. Sans attendre l'avènement souhaitable d'un Trésor européen, ce mécanisme offre de fait la possibilité à l’Union de concevoir des embryons d’eurobonds permettant, par exemple, de financer les dettes souveraines à bas taux.

 (…)

Nous ne pouvons voter contre un texte qui instaure un mécanisme de solidarité financière entre les Etats. Malheureusement, le couple Merkozy a fait  inscrire dans le considérant 5dutraitéinstituant leMESque l'accès des Etats à ce mécanisme soit conditionné à l'adoption d'un autretraitéintergouvernemental, qui sera signé le1ermarset qui imposera aux Etats d'inscrire l'austérité budgétaire au fronton de leur constitution. C'est pourquoi nous ne pouvons pas voter pour un tel texte.  En nous abstenant, nous envoyons un signal pro-européen mais critique à l'endroitducouple Merkozy, indiquant que nous renégocierons letraitédu1ermarsen cas de victoire de la gauche"

(propos recueillis par Marianne)

C'est aussi la position de l'équipe de François Hollande :

Par leur abstention de réorientation, les parlementaires socialistes :

 

• rendent possible dans l’urgence tout ce qui est positif : la solidarité avec les peuples,

• indiquent pour demain leur refus de ce qui est négatif, l’austérité aggravée en Europe.

 

L’abstention des parlementaires socialistes aujourd’hui sur leMESrend possible la renégociationdutraitéd’austérité par François Hollande demain afin de le compléter par des mesures favorables à la croissance et à l’emploi :

 

• Elle montre aux peuples notre attachement à la solidarité européenne.

• Elle indique à nos partenaires un chemin pour sortir l’Europe de la récession etduchômage (comme l’ont relevé les sociaux-démocrates allemands).

• Elle s’inscrit dans une stratégie globale pour l’Europe afin qu’elle puisse investir

(nouveau rôle de la BCE, euro-bonds, budget européen 2014-2020 pour les grands projets d’avenir) et protéger (règles strictes de réciprocité en matière sociale et environnementale, contribution climat-énergie aux frontières de l’Europe, rééquilibrage monétaire euro/dollar américain/yuan chinois).

 

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Et Arnaud Montebourg est sur la même ligne :

 

LeMESlivré par le Gouvernement au débat parlementaire comporte des clauses parfaitement inacceptables : la conditionnalité de la solidarité ainsi créée à l’austérité perpétuelle et à la ratificationduTraitéd’austérité imposée par la Chanceliere d’Allemagne, l’ingérenceduFMI, et surtout l’absence de transformationduMESen outil de monétisation de la dette par la Banque Centrale Européenne.

 

LeMEScontient également des éléments que nous ne pouvons qu’approuver : son existence même, que nous avons sans cesse réclamée, outil de nature -s’il est bien employé- à briser la spéculation en permettant aux Etats de la zone Euro de racheter avec leMESles dettes publiques attaquées par les marchés ; la possibilité de faire payer les banques, ce pour quoi je milite depuis longtemps (ce sont les « participations privées » prévues dans leMES).

(…)

Que la gauche vote contre ou s’abstienne n’a de surcroît aucune espèce de conséquence concrète, car la droite est elle-même est parfaitement unie comme dans un bloc pour faire adopter sonTraitéMerkelien. 

Le débat entre l’abstention et le vote contre est donc parfaitement inutile et indifférent à l’issueduvote de ratification, puisque la gauche est minoritaire à l’Assemblée Nationale pour -espérons le- quelques semaines seulement.

L’enjeu n’était donc pas de faire basculer la majorité sur ce vote. 

 

Il ne s’agit que d’une division recherchée dans la gauche par la droite, inutile et contre-productive dans la période actuelle.

 (…)

La renégociation vient donc d’être inévitablement inscrite à l’ordredujour par nos votes.

(Blog d'Arnaud Montebourg)

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