Alexis Tsipras au Parlement Européen de Strasbourg ou la démocratie en action

Le premier ministre grec Alexis Tsipras était au parlement européen le 8 juillet 2015, la veille de la réunion, décisive, de l'eurogroupe, appelé à se prononcer sur le plan de sauvetage de son pays et son maintien dans la zone euro.

Alexis Tsipras à la tribune du Parlement Européen. Photo CE.
Alexis Tsipras à la tribune du Parlement Européen.
Photo CE.


Conspué et encensé tour à tour par les parlementaires européens, légitimes représentants de plus d'un demi milliard de citoyens, Alexis Tsipras n'a pas paru le moins du monde déstabilisé. Ses adversaires avançaient des arguments économiques pour fustiger l'action de son gouvernement. Ses partisans le soutenaient par de vibrants plaidoyers politiques.
Prenant note et répondant à ses détracteurs, quelquefois en les nommant, sans jamais se départir de son sang froid, de sa fermeté et de sa courtoisie, Alexis Tipras s'est montré en homme d'État grec digne de ses hautes fonctions et un dirigeant européen habile.
A mes côtés, Stéphane Revel, journaliste au quotidien « La Marseillaise », présent à Strasbourg comme votre serviteur à l'invitation du Bureau d'information du Parlement Européen pour le Sud-Est de la France, s'est extasié sur la liberté de ton et la dignité des interventions de tous bords, souvent énergiques. "Une séance historique !", selon le journaliste marseillais. À tout le moins, une grande, très grande leçon de démocratie administrée par le Parlement européen !
L'eurogroupe n'avait qu'à bien se tenir. S'il tint bon sur la présence du FMI dans le règlement des négociations sur le sauvetage de la Grèce, il s'est incliné au final sur la gestion des fonds pour les privatisations grecques. Ces fonds ne seront pas administrés du Luxembourg mais par Athènes.
Athènes va pouvoir bénéficier d'un troisième plan d'aide dont le montant se situerait entre 82 et 86 milliards d'euros.
Reste que l'accord, âprement négocié, reste suspendu à la validation par le parlement grec et 8 autres parlements nationaux dont le « terrible » Bundestag allemand. « Pas de problème » a répondu la chancelière Angela Merkel.
La France soutient la Grèce mais le blocage d'un "petit" pays n'est pas à exclure, l'Europe fonctionnant sur la base du compromis de Luxembourg (1966), suite à la politique de « la chaise vide » du général de Gaulle. Le vote à l'unanimité est requis. La dynamique initiée en 1966 n'est pas celle qui mène à "l'Europe Unie" des pères fondateurs mais à une usine à gaz. Qu'un seul parlement national fasse opposition et l'eurogroupe devra revoir sa copie... Si c'est encore possible.
En attendant les banques grecques restent fermées.
L'Europe solidaire et généreuse de Jean Monnet, invoquée par Alexis Tsipras, va-telle une nouvelle fois mordre la poussière en raison de « l'égoïsme sacré des nations », cher au général de Gaulle ? Les "fédéralistes" croisent les doigts !

 

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