Le projet d'accord de libre-échange entre l'UE et les USA en débat public à Ajaccio

"Accord Union Européenne - États-Unis  : une opportunité pour tous ?" On va débattre au Palais des Congrès d'Ajaccio (18 juin - 18 h 30) du projet d'accord entre l'Union européenne et les États-Unis qu'on nomme PTCI - partenariat transatlantique de commerce et d’investissement" ; en anglais : TTIP - Transatlantic Trade and Investment Partnership. Pour les adversaires du traité, c'est le "TAFTA"...

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l'Europe, première puissance commerciale du monde, ne négocie pas en position de faiblesse.
(Illustration : médiathèque CE)

Après les Marseillais en 2014, les Ajacciens s'apprêtent à débattre du projet d'accord entre l'Union européenne et les États-Unis au palais des Congrès d'Ajaccio, le 18 juin prochain (dès 18h 30).
Les enjeux ne sont pas minces : les Européens incitent les Américains à lever leurs barrières, NON TARIFAIRES, les plus contraignantes et les plus nombreuses. Et les plus pénalisantes pour nos entreprises.  Il s'agit de stimuler les échanges et la croissance économique. Un accord aboutirait à la création de la plus grande zone de libre-échange, représentant à elle seule 45% du PIB mondial.
Avec les traités de libre échange, l'UE apporte sa contribution au recadrage d'une économie mondialisée, débridée et dévastatrice, qui a suivi l'échec de Cancun (un échec souhaité par les Altermondialistes.)

Le bureau d'information du Parlement Européen à Marseille et la Représentation Régionale de la Commission européenne en France sont main dans la main afin que le public le plus vaste soit informé sur les tenants et les aboutissants de ce projet d'accord avec nos partenaires américains. Mieux informés, les citoyens corses vont avoir tous les éléments en main pour débattre de l'opportunité du projet.
L'organisation de ce débat (encore un !) mettra-t-il fin à ce mythe de « l'opacité », dénoncée par les adversaires du traité qui reprochent à nos autorités de conclure un traité « dans le plus grand secret, sans en aviser les citoyens » ? Ne nous faisons pas trop d'illusions...
Les adversaires de ce projet transatlantique le désignent sous l'acronyme de TAFTA - Transatlantic Free Trade Area ; en bon français : « traité de libre-échange transatlantique.» Ils formulent des questions intéressantes (vidéo sur Youtube : « le tafta expliqué par Attac) , mais les réponses semblent souvent relever du fantasme. Avec des prémisses fondées sur des hypothèses, ils aboutissent le plus souvent à des conclusions fallacieuses. 

Les gens d'Attac n'ont manifestement pas compris les raisons qui motivent les Européens à conclure des traités de libre-échange. On reste médusés quand  un de leurs représentants affirme que "l'UE signe des accords de libre-échange pour introduire de la concurrence dans les échanges internationaux"! Comme si la concurrence, sous toutes ses formes, y compris celle faussée et déloyale, n'existait pas déjà dans ces échanges !

On ne peut pas interdire au monde d'échanger ! Par contre, il faut mettre de l'ordre dans les échanges ! Il faut que les États s'accordent sur des règles justes et respectées de tous.
En refusant les accords de libre-échanges,  Attac fait le jeu des multinationales, des nationalistes mais aussi des mafias de toutes sortes (des États sont authentiquement mafieux), qui profitent de l'absence d'une réglementation mondiale respectant les droits humains dans la production et les échanges économiques.

La voie multilatérale, celle du cycle de Doha a échoué, hélas ! pour établir un nouvel ordre économique mondial, dans le cadre de l'OMC, sur une base d'égalité entre tous les partenaires. Place au bilatéralisme... ou à un désordre encore plus grand.
L'échec de l'OMC à Cancun (Mexique) a sonné le glas du multilatéralisme, une ligne chère aux Européens. Résultat : dans le meilleur des cas, les Etats concluent des accords bilatéraux pour faire valoir leurs intérêts, dans le cadre d'échanges «gagnant-gagnant ». Sans accords négociés, l'histoire du monde prouve que les États tentent d'imposer leur loi, la loi du plus fort, pour définir de nouvelles règles, à leur avantage exclusif.
Dans ces conditions, mieux vaut un accord de libre échange avec les États-Unis... que pas d'accord du tout !
L'Europe, première puissance commerciale du monde, a des arguments à faire valoir à cet imposant partenaire dans le cadre d'une négociation. Mieux vaut un accord en bonne et due forme que l'économie du Far West, la surenchère protectionniste, la déstabilisation des marchés... en bref, la guerre économique ! 

Avec des accords de libre échange, l'UE veut faire lever les barrières non tarifaires et entend rééquilibrer les échanges, assainir la concurrence et contribuer à la sécurité, la santé et le bien-être des ressortissants de l'UE comme ceux de ses partenaires, consommateurs comme producteurs. Dans des pays du Sud, des travailleurs pauvres perdent leur santé, voire la vie... Ils sont traités comme de esclaves. Pour paraphraser Voltaire : "c'est à ce prix que nous améliorions notre niveau de vie". 

Cyril Robin Champigneul, chef de la Représentation régionale de la Commission européenne en France à Marseille participera au débat avec nos concitoyens Ajacciens, aux côtés de Marie-Christine Vergiat, députée européenne très active (groupe confédéral de la gauche européenne / gauche verte nordique), et de Sylvie Guillaume, vice-présidente du parlement européen (PS).
Thomas Brunelli, journaliste à « Radio Corse Frequenza Mora » (et chroniqueur à France 3) modèrera les débats. Philippe LEGER

[Palais des Congrès d'Ajaccio -18 juin 2015, à partir de 18 h 30]

 Vidéo du Parlement Européen :



 

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