Un public républicain qui fait peur

Aux Etats-Unis, les débats entre les candidats à la primaire républicaine ont lieu face au public. Peine de mort acclamée, soldats gays hués… Leurs réactions font parfois peur à voir… ou plutôt à entendre…

t1larg.gop.crpowd.jpgAux Etats-Unis, les débats entre les candidats à la primaire républicaine ont lieu face au public. Peine de mort acclamée, soldats gays hués… Leurs réactions font parfois peur à voir… ou plutôt à entendre…

Hier soir avait lieu sur la chaine CNN le 20e débat télévisé entre candidats républicains. Oui, oui, vous avez bien lu, le 20e. Le seul but étant la recherche de la petite phrase assassine qui vous offrira la une des journaux le lendemain, ne comptez pas trop dessus pour vous faire une idée claire du programme de chacun d’entre eux. Autant vous dire que ces grand-messes conservatrices ne réunissent pas autant de téléspectateurs que le Super Bowl ou que le dernier épisode de New York, Police Judiciaire…

Pourtant, la réaction du public présent dans le studio de télévision, inquiète au plus haut point… Hier, lorsque le présentateur John King évoque la question de la contraception et du rôle de l’Etat sur ce point précis, toute une partie des fans conservateurs venus écouter leurs candidats respectifs se sont mis à huer comme un seul homme.

Si la réaction n’est pas passée inaperçue, elle est surtout assez habituelle dans ce genre d’événements. Le 12 septembre dernier, déjà sur CNN, le candidat Ron Paul, opposant virulent à la réforme de santé du président Obama prévoyant une couverture sociale étendue, se voit demander par un journaliste s’il pense qu’une personne n’ayant pas d’assurance privée et se retrouvant dans le coma sans pouvoir payer ses frais d’hospitalisation doit être abandonné à son sort et si l’on doit donc le laisser mourir… « Oui », s’écrit une partie de l’audience, provoquant même quelques regards gênés parmi les candidats, pourtant tous opposés à la réforme de santé démocrate…

Quelques jours plus tard, sur la chaine Fox News cette fois, c’est un soldat gay, ayant fait la guerre en Irak, qui interpelle Rick Santorum pour lui demander s’il réinstallerait l’interdiction faite aux homosexuels de servir dans l’armée, à laquelle Obama avait mis un terme. A nouveau, c’est la bronca dans le public qui n’hésite pas à siffler le soldat pour son orientation sexuelle.

Lorsque l’on rappelle que le gouverneur du Texas, Rick Perry, alors candidat, est à la tête de l’état ayant fait exécuter le plus de prisonniers, ce sont cette fois les applaudissements que cela déchaine. Même la proposition de Newt Gingrich de réviser la législation pour abaisser l’âge minimum du travail des enfants est accueillie par des encouragements retentissants.

Par contre lorsque l’on rappelle que le père de Mitt Romney est né au Mexique, là c’est le tollé complet dans la salle. Et les huées n’ont rien avoir avec le fait que ses grands-parents, mormons polygames, ont quitté le pays pour échapper aux lois américaines. Non c’est bien l’étranger que l’on conspue…

 

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