Romney joue gros à domicile

Ce mardi ont lieu les primaires républicaines dans le Michigan et en Arizona, deux états primordiaux pour Mitt Romney qui y craint fortement le coming back de Rick Santorum… et que l’histoire ne se répète…

Romney-Michigan-for-Mitt.jpgCe mardi ont lieu les primaires républicaines dans le Michigan et en Arizona, deux états primordiaux pour Mitt Romney qui y craint fortement le coming back de Rick Santorum… et que l’histoire ne se répète…

 

Le 28 février 1968, en pleine campagne présidentielle, grosse surprise aux Etats-Unis. George W. Romney, gouverneur du Michigan, se retire  de la course à l’investiture républicaine, dont il était l’un des grands favoris depuis près de deux ans, face à la montée en puissance de son rival Richard Nixon. Son revirement de position concernant la guerre du Viet Nam n’aura que moyennement plu aux républicains de l’époque.

Le 28 février 2012, l’histoire pourrait bien se répéter pour la famille Romney. Le fils de George, Mitt, n’en mène pas large aujourd’hui face à la montée en puissance de Rick Santorum. Le supra conservateur qui grapille, depuis le mois de février des sièges importants dans la course à l’investiture, a finalement eu raison du sourire ultrabright de VRP de Mitt Romney. Tel son géniteur en son temps, les changements de cap idéologiques du fiston et plus récemment sa folie dépensière pour salir ses opposants semblent exaspérer dans les rangs du Grand Old Party…

Ce mardi, donc, Mitt Romney jouera gros. D’abord parce que le match aura lieu «à domicile», dans le Michigan. Romney a beau avoir fait sa carrière politique comme gouverneur du Massachussetts, à quelques centaines de kilomètres à l’est, c’est à Detroit qu’il a vu le jour. C’est là que son paternel y fut élu gouverneur et la famille y jouit toujours d’un prestige conséquent.  Son frère y fait des affaires, son ex belle-sœur s’y est présentée il y a quelques années pour devenir sénatrice… Bref, Romney considère le Michigan comme son chez-lui. Autant dire qu’une défaite y ferait vraiment tâche. D’ailleurs aucun candidat à l’investiture n’a jamais perdu son propre état…

Il l’a bien compris et depuis plusieurs semaines, le voilà qui inonde les rédactions de Detroit pour leur rappeler qu’il est bien le « fils de la ville », contrairement à ce Santorum qui le talonne dans les sondages (ils sont tous les deux autour de 37% selon les derniers sondages), et qu’il serait de bon ton pour ces habitants de s’en souvenir…

Mais le Michigan n’est pas le seul souci de Romney. La forte population mormone de l’Arizona, dont le gouverneur vient de lui apporter publiquement son soutien, aurait dû être une formalité… Là encore, c’est le coude à coude…

La chance de Romney, c’est Newt Gingrich. Le vieux briscard de la politique est toujours en course et chasse sur les mêmes terres que Santorum, à savoir l’électorat le plus conservateur sur les questions sociales… Un retrait de Newt pourrait faire mal à Romney mais il semble que l’ex porte-parole de la Chambre des Représentants n’ait pas l’esprit de revanche malgré les millions dépensés par Romney en janvier pour le faire passer pour un voyou…

De toute façon, à une semaine du crucial Super Tuesday qui verra 10 des 50 états voter au même moment (8 ont déjà voté auxquels s’ajouteront le Michigan et l’Arizona ce mardi), il faudra attendre un petit peu avant de voir le moindre abandon, si abandon il y a…

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