M. Hollande, l'envoi de MOX au Japon nous fait honte!

Le réseau Sortir du nucléaire s'insurge contre l'envoi de combustible MOX au Japon, signe de « l'indifférence » de François Hollande au sort du peuple japonais, qui « manifeste son hostilité au redémarrage des réacteurs » depuis la catastrophe de Fukushima. A toutes les victimes, le réseau veut demander pardon.

Le réseau Sortir du nucléaire s'insurge contre l'envoi de combustible MOX au Japon, signe de « l'indifférence » de François Hollande au sort du peuple japonais, qui « manifeste son hostilité au redémarrage des réacteurs » depuis la catastrophe de Fukushima. A toutes les victimes, le réseau veut demander pardon.


En avril 2011, dans une lettre adressée aux Nations Unies, Yvonne Margarula, représentante de la communauté aborigène des Mirrar, a exprimé sa profonde tristesse face aux souffrances des victimes de Fukushima, rappelant que l’uranium qui avait alimenté les centrales accidentées venait d’Australie et probablement des mines situées sur le territoire de son peuple.

Cette délicate empathie ne semble pas vraiment étouffer les autorités françaises, bien que notre pays ait aussi sa part de responsabilité dans la catastrophe. Nul regret de la France pour avoir fabriqué et vendu au Japon le combustible MOX qui a fondu dans le réacteur n°3 de Fukushima. Au contraire, elle a récidivé avec un nouvel envoi de MOX, qui devrait arriver sur l’archipel nippon à la fin du mois de juin. En visite au Japon, François Hollande s’est comporté –tout comme son prédécesseur– en parfait VRP de l’industrie nucléaire, revenant avec de nombreux contrats. Et Luc Oursel, patron d’Areva, de tabler sur le redémarrage des deux tiers des centrales arrêtées d’ici à trois ans. 

Les affaires sont les affaires ! Même si, dans les accords en question, on ne jure plus que par la « sûreté », c’est pour mieux jouer le pompier-pyromane et c’est surtout la poursuite du nucléaire qu’il s’agit d’assurer. Oublié, le mot de l’ancien premier ministre Naoto Kan, qui avait conclu que la seule mesure de sûreté était de ne pas avoir de centrales du tout. La santé des entreprises nucléaires passe apparemment avant celle des enfants de Fukushima.

Car Hollande et Abe ont agi comme si de rien n’était.

Comme si le casse-tête de la centrale accidentée, avec ses tonnes d’eau radioactive qui s’écoulent, ne s’avérait pas chaque jour plus ingérable.

Comme si l’épée de Damoclès de la perspective d’un nouveau séisme, qui renverserait la piscine du réacteur n°4 et ses éléments de combustible encore brûlants, n’était pas toujours suspendue au-dessus de la tête des Japonais.

Comme si quatre enfants, et peut-être sept autres encore, n’étaient pas déjà porteurs du cancer de la thyroïde –deux ans seulement après la catastrophe, ce qui laisse craindre une multiplication des cas pire qu’à Tchernobyl– suite à leur exposition au panache mortel et à une politique d’évacuation catastrophique.

Comme si, dans tout le Japon, la population ne manifestait pas son hostilité au redémarrage des réacteurs et sa volonté de dire adieu à une technologie de mort. 

M. Hollande, à l’instar des Aborigènes, nous voulons présenter aux Japonais nos plus sincères excuses pour ce nouvel envoi de combustible nucléaire et ces accords que vous avez signés pour faire renaître de ses cendres cette industrie qui a déjà tant semé la ruine.

Nous avons honte de votre indifférence au sort du peuple japonais. Honte de votre ode à la croissance et votre refus de voir la catastrophe toujours en cours.

Aux enfants malades et à ceux qui vont le devenir, aux paysans qui ont perdu leurs terres, à ceux qui ne peuvent plus retourner dans leurs maisons comme à ceux qu’on laisse criminellement revenir dans des villes contaminées, nous demandons : Pardon.

Réseau Sortir du nucléaire

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.