L'exposition aux faibles doses de radioactivité des travailleurs de l’industrie nucléaire augmente le risque de cancers solides

Après avoir montré une augmentation des risques de leucémie chez les travailleurs du nucléaire, des nouveaux résultats de l'étude épidémiologique à très grande échelle INWORKS (plus de 300 000 travailleurs en France, USA & GB) publiés le 20 octobre 2015 suggèrent que l'exposition aux faibles doses de radioactivité est aussi accompagnée d'une augmentation du nombre de cancers solides.

Basé sur le plus grand jeu de données d'expositions aux faibles doses jamais analysé, cette étude publiée en libre accès dans la revue British Medical Journal renforce  la pertinence du modèle "linear no-threshold model (LNT)". Ce modèle, initialement essentiellement basé sur les expositions aux fortes doses des survivants de Hiroshima, suppose qu'il n'y a pas de dose limite en dessous de laquelle les radiations n'ont plus d'impact sur la santé (l'impact peut être faible, mais non nul). En effet, dans cette dernière étude INWORKS, le risque de cancer solide chez les travailleurs du nucléaire semble proportionnel aux doses de radioactivité reçues et enregistrées par les dosimètres des travailleurs, et ce quelque soit la dose (alors que le principal modèle alternatif propose que les risques ne commencent qu'à partir de fortes doses). Voir la note de l'IRSN, ainsi que le post précédent "Augmentation du risque de leucémies chez les travailleurs du nucléaire".

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