Ce soir il n'y a pas eu de poésie

Perséfone cautiva del Hades © Benjamin IBARRA DEL CANTO Perséfone cautiva del Hades © Benjamin IBARRA DEL CANTO

                       

Cette nuit il n’y a pas eu de poésie

Elle est partie en courant avec l’ultime lune derrière toi

N’a laissé que des sillages de syllabes inachevées

Comme un amour mi-commencé mi-terminé

Cette nuit il n’y a pas eu de poésie

Elle est sortie en courant après la dernière lune

Et ton nom s’est endormi sur mes lèvres

Qui attendent que ton intérêt les réveille

Les feuilles de ma peau peu à peu se sont déshydratées en attendant ta sueur

 

                        Cette nuit il n’y a pas eu de poésie

Elle s’en est allée en courant après la dernière lune

Tandis que mon corps se rappelait le va-et-vient de tes versets

Comme un vaisseau se laisse balancer par les vagues

Les étoiles ont laissé sans écho les chansons de Gardel

Sur la table de nuit ton seul chapeau effraie la solitude

Et mon oreiller froid regrette tes caresses

 

                        Cette nuit il n’y a pas eu de poésie

Elle est partie en courant avec la dernière lune

Mon temple est resté vide

Déjà les anges ne chantaient plus

Mes lèvres endormies embrassaient ton nom

Cette nuit il n’y a pas eu de poésie

Elle a filé en courant avec la dernière lune.

Marlene Feeley, traduite par Stéphanie-Alice Sepschaski

Perséphone captive d’Hadès, FEUX, 2015

ABC’éditions Ah Bienvenus Clandestins !

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