Billet de blog 23 mai 2012

De la logistique en général dans nos clubs !

 Un orchestre cacophoniqueChaque dimanche de match, la partie visible se déroule sous les yeux difficiles de spectateurs exigeants à coup de touches, de d'envolées au grand large ou de combats au près. De victoires glorieuses ou de défaites désolantes !

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Un orchestre cacophonique

Chaque dimanche de match, la partie visible se déroule sous les yeux difficiles de spectateurs exigeants à coup de touches, de d'envolées au grand large ou de combats au près. De victoires glorieuses ou de défaites désolantes !

Les joueurs foulent la pelouse, les supporters s'installent en ignorant tout du grand bazar que constitue la réception dominicale dans un club de Rugby.

La symphonie débute bien plus tôt dans la semaine. Les tenues de lumière sont bien ternes après la joute précédente. Il faut récupérer la collection au complet et ce n'est pas chose simple tant le désordre règne en maître absolu dans un vestiaire d'après match. Le joueur est oublieux de ce maillot qu'il a pourtant convoité le vendredi. Mais, il y a peu de l'habit de gloire à 15 heures au paillasson de substitution de 17 heures … Le fourrier de service se met en quatre pour tenter de plier un lot complet de défroques éparses. La récolte de 44 maillots est un sport complexe entre la mauvaise foi et l'irrespect atavique du joueur. Puis, il faut confier les paletots souillés à une bulle de savon miraculeuse qui restitue le plus souvent des couleurs qui espèrent gagner.

Porter les maillots, les récupérer, les ranger : des fourmis de l'ombre s'activent dans la semaine.

Quelques fois, de fils en aiguilles, les déchirures sont effacées par une main d'ange.

Au bureau, le centre de décision, le secrétaire, transmet mails et fax, cartes et adresses pour les visiteurs à venir : équipe adverse, arbitres, délégué – pardon directeur de match - ... Il faut pour certains joindre une carte de France pour préciser qu'il y a une vie sportive au Nord de la Loire ...

Les équipes municipales s'affairent pour donner à la pelouse son aspect de jeune fille, pour rendre aux vestiaires un aspect insoupçonné à qui les a visités un dimanche à 18 heures. Il faut encore trouver un gymnase pour cet entraîneur exigeant qui veut répéter les gammes à l'abri de la météo et des regards forcément introspectifs.

Le ventre à ses raisons que le bénévole ne peut ignorer. Des petites mains passent commande dans la semaine pour affronter la tâche immense de nourrir 60 personnes (joueurs – dirigeants – arbitres et officiels ) avec une cuisine minuscule. Elles se mettent au piano à 9 heures et ne quitteront ce local exiguë qu'à 18 heures après avoir essuyé autant de verres que de critiques tant le sportif est tendu et difficile à quelques heures de l'affrontement.

La buvette est l'âme du sport associatif ( et une source de financement qui se savoure sans modération malgré les assauts de quelques préfets tatillons). Il faut servir côté club house et côté stade stade. Les femmes règnent en maître en ces lieux pour surveiller des mâles toujours assoiffés sans doute. Il y a une armée de « petites mains précieuses » qui ne voient pas grand chose du match et entendent une multitude de propos plus ou moins amènes sur l'équipe et son encadrement. Elles gardent pour elles ce que la main courante et buvante déclare un jour pour l'infirmer la fois suivante.

Et l'administratif dans tout ça. C'est l'inflation galopante ! Bientôt, les clubs se lanceront à la recherche d'un énarque pour remplir les feuilles de match et mettre à jour les licences. Des passionnés pas encore écœurés, vieux de la vieille s'y attellent avec des maux de crânes et beaucoup de disponibilité.

Il faut encore accueillir la « gest star » du jour : l'arbitre du match. Un délégué aux arbitres porte le chapeau et assume la brosse à reluire, poste indispensable pour éviter les foudres de l'homme au sifflet. Pendant ce temps le trésorier veille aux tickets et le président dirige d'une baguette autoritaire cet orchestre cacophonique mais au combien sympathique !

Logistiquement vôtre.

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