Irak, Syrie, Israël, Palestine leur Histoire commune -1

Voici quelques points historiques sur le Moyen-Orient. La crise de l'Irak actuelle nous interroge ; au bord de l'éclatement déjà depuis sa guerre contre l'Iran, puis l'intervention des EU, et maintenant l'intervention en cours de l'Europe.

Voici quelques points historiques sur le Moyen-Orient. La crise de l'Irak actuelle nous interroge ; au bord de l'éclatement déjà depuis sa guerre contre l'Iran, puis l'intervention des EU, et maintenant l'intervention en cours de l'Europe. La guerre cruelle qui déchire l’intérieur de la Syrie et se répercute sur les pays environnants, agit aussi par les revendications des communautés tant religieuses qu’identitaires s'identifiant à leurs voisins. Pour essayer de comprendre rien de mieux qu'un peu de révision historique. D'autant que la Palestine y est liée d'une manière ou d'une autre : création du nouvel état syrien en 1918, création d'Israël en 1948 par Ben Gourion, etc.

C'est une histoire longue qui remonte à l'Antiquité. Les textes que je vous propose ici sont reproduits d'autres sites, dont je vous donnerai toujours les origines en fin de texte.

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Origine de la Syrie

Du XVIIème au XIIIème siècle avant Jésus-Christ, l’emplacement actuel de la Syrie est une zone d’influence pour le commerce entre la Méditerranée et l’Inde par le golfe persique, composée de terres riches (une partie du croissant fertile) et de zones désertiques. Les populations sont essentiellement locales, à savoir les Cananéens, et des commerçants à proximité des ports, les Phéniciens. Cette population s’appelle syro-phénicienne.
Au XIIIème siècle, les Égyptiens et les Hittites se partagent la Syrie, qui devient un pays de migration avec les Hébreux, les Philistins, les Babyloniens, les Egyptiens, les Assyriens, les Perses et les Macédoniens.

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Grèce, Rome

Cette zone particulièrement stratégique se trouve au cœur des ambitions de l’Empire grec. À la mort d’Alexandre le Grand en 323 avant J.C., son lieutenant Séleucos entreprend de se tailler vers 312 un royaume entre le Golfe persique, la Méditerranée et la mer Noire, et sur la vallée de l’Oronte : le royaume Séleucide, dont la capitale est Antioche. Il devient le royaume de Syrie, s’étendant de la mer Égée à l’Inde et subissant des infiltrations de populations arabes venues du Sud et notamment de la péninsule arabique. Ce royaume dure jusqu’en 64 avant Jésus-Christ.

En 66 avant Jésus-Christ, Pompée entreprend de soumettre l’Orient et le royaume passe aux mains des Romains. La Syrie est constituée de cinq provinces en l’an 64. C’est une période de grande prospérité par la richesse des terres agricoles produisant des olives et du blé. Dans le même temps, le commerce et la culture assurent le rayonnement d’Antioche.

Au cours des siècles suivants, plusieurs empereurs romains sont d’origine syrienne, on peut citer notamment la dynastie émésérienne (218-235), et l’empereur Philippe l’arabe (244-249) qui est le premier empereur chrétien de Rome. En effet, durant cette période, la chrétienté est solidement implantée dans cette région.
Byzance devient la capitale de l’empire romain en 330 puis de l’Empire d’Orient en 395.

Entre 395 et 634, la Syrie est rattachée à l’Empire d’Orient, sous le joug des empereurs qui exercent leur autorité pesante, notamment en matière de religion et de fiscalité. Cependant la Syrie bénéficie d’un développement économique lié à sa place commerciale et d’un rayonnement culturel.

Au VIème siècle, la Syrie est envahie par les Perses.

Arrivée des Arabes

Héraclius réussi à chasser les Perses, mais épuisé, laisse la place aux Arabes qui écrasent ses armées entre 636 et 640. C’est le début de l’Empire arabe.

La dynastie des Omeyades (640-750) établie le centre du califat à Damas. Le calife Mu’Awiyya respecte les chrétiens. C’est une période de grands développements et de rayonnement pour la Syrie dont la religion est majoritairement chrétienne malgré la présence de musulmans. La langue est le syriaque, la poésie et la musique se fondent sur la culture arabe. Le rayonnement de la Syrie s’appuie également sur les sciences, la philosophie, la médecine, les arts plastiques et l’architecture. C’est le moment où Jérusalem se dote de la mosquée d’Al Aqsa et de la coupole du Rocher (mosquée d’Omar).

Cependant, les luttes incessantes contre Byzance et entre les héritiers, en même temps que des rivalités arabes entrainent la chute des Omeyades en 750, qui sont remplacés par les Abbassides. Cette dynastie descend de Ali, l’oncle du prophète et il est dit que 37 califes abbassides règnent de 750 à 1258.
En fait, c’est le début de la mise sous tutelle de la Syrie jusqu’à son indépendance.

Entre 847 et 861, le calife Muta Wakkil mène une politique de persécutions religieuses et la Syrie devient musulmane. Une série de dynasties exercent leur contrôle sur la Syrie jusqu’en 1098, date à laquelle les croisés chassent les Seldjoukides au service des Abbassides, et prennent Jérusalem.
En 1187, Saladin reprend le contrôle de la région. Mais ses héritiers n’arrivant pas à s’entendre, la Syrie passe sous le contrôle de l’Égypte en 1200. À partir de 1291, une période sombre commence dans l’histoire syrienne et dure 250 ans environ.

Rappelons qu’après la prise de Constantinople en 1453, la domination ottomane s’exerce sur la Syrie à partir de 1515 et dure quatre siècles. La Syrie devient province de l’Empire ottoman, partagé en quatre pachaliks : Damas, Tripoli, Alep, Saïda. C’est une période où les populations subissent de nombreuses exactions de la part d’un pouvoir corrompu. Cependant les Syriens développent leur commerce avec les pays méditerranéens, avec la Grande-Bretagne et les pays germaniques, mais restent sous domination ottomane alors que dans le même temps le Liban réussit à retrouver une autonomie.

En 1832 le vice-roi d’Égypte Mehemet Ali, qui a réussi à s’affranchir de la tutelle des Turcs, conquière la Syrie avec son fils, par la force et par la négociation avec le sultan. Cependant en raison de soulèvements et de révoltes des populations, les grandes puissances européennes s’inquiètent de cette situation et Mehemet Ali abandonne ses prétentions sur la Syrie en 1840, date à laquelle la Turquie exerce une reprise en main ferme sur cette région.

Naissance du nationalisme arabe

De 1832 à 1840, la Syrie est occupée par les troupes d’Ibrahim Pacha qui met en place une administration calquée sur le modèle européen. En1841 et 1860, les troubles qui éclatent dans la montagne libanaise entre les maronites et les druzes s’étendent jusqu’à l’hinterland syrien. En 1864, la Syrie devient un vilayet par la loi de réforme provinciale édictée dans le cadre d’une vaste campagne de réformes entreprise par l’Empire ottoman sous la pression de l’Occident. Elles culminent en 1876 avec l’adoption d’une Constitution qui achève la modernisation de l’Empire. Mais, à l’avènement du sultan Abdel Hamid, le processus est interrompu. La répression sur les Arabes de Syrie contraint bon nombre d’entre eux à l’exil et permet de rapprocher les points de vue entre chrétiens et musulmans sur une définition commune de l’arabité dont sont exclus les Turcs, considérés comme inaptes à gouverner les Arabes.

En 1908, les Jeunes Turcs du Comité Union et Progrès contraignent le sultan à rétablir la Constitution de 1876, provoquant un soulagement dans les provinces arabes de l’Empire. Pourtant la perte définitive des Balkans et l’annexion de la Tripolitaine par les Italiens font basculer ces jeunes dirigeants dans un nationalisme turc : dans les provinces arabes, l’imposition forcée de la langue turque accroît l’hostilité des Arabes contre les Turcs. L’année suivante, afin de lutter contre cette politique, les Arabes créent des sociétés secrètes comme al-Fatat fondée à Paris et al-Khatamiya fondée à Istanbul. Le 17 juin 1913, ces sociétés tiennent un Congrès arabe à Paris, où s’illustrent les Syriens qui réaffirment leur attachement à l’Empire ottoman tout en réclamant que les Arabes puissent jouer un rôle plus grand dans la vie publique. Ce congrès est la première véritable manifestation du nationalisme arabe, un nationalisme laïc qui n’atteint pas les populations et demeure réservé aux intellectuels. La Première Guerre mondiale qui éclate un an plus tard ne lui laissera pas la chance de s’exprimer.

à suivre la guerre de 1914 et ses conséquences sur la Syrie et les pays du Moyen-Orient

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Texte Les clés du Moyen Orient, Par Daniel Charentais et Yara El Khoury.

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