Annie Stasse
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Palestine

Suivi par 177 abonnés

Billet de blog 22 nov. 2014

Conseil régional IDF : voeu pour la reconnaissance de la Palestine

Annie Stasse
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce samedi 22 novembre à 2 heure du matin, au conseil régional IDF, le Vœu présenté par les élus EELV a été adopté par les élus PS, PC, PG, PRG et naturellement par les élus et élues EELV. Les élus UMP et UDI n’ont pas pris part au vote.

Conseil régional du 21 novembre 2014
VOEU
 
Pour une reconnaissance de l’Etat Palestinien


L’escalade meurtrière des violences commises à Jérusalem n’est que la conséquence de la situation que connaissent cette ville et l’ensemble des territoires occupés. L’assassinat de civils n’est pourtant jamais acceptable et ce quelles qu’en soient les raisons. Nous nous inclinons devant toutes les victimes et nous condamnons tous les attentats touchant les populations civiles, en particulier les lieux de culte. La France ne doit pas inverser les causes et les effets mais reconnaître sans délai l’Etat palestinien.
Voilà plus de 60 ans que le conflit israélo-palestinien gangrène et a des conséquences sur tout l’espace politique euro méditerranéen.
Alors que tout le Moyen-Orient connaît actuellement une multiplication des luttes et des tensions, de Gaza jusqu’aux frontières turques, la reconnaissance de la Palestine serait un acte majeur sur le chemin d’une stabilité durable de la région.
A ce jour, cent trente-quatre pays ont fait déjà fait le pas de la reconnaissance de la Palestine. Derniers en date en Europe, la Suède – par décret – et le Parlement britannique ont fait ce choix, ainsi, qu’il y a deux jours, le Parlement espagnol à la quasi-unanimité. Et ce, alors que la nouvelle Haute Représentante pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité de l’Union Européenne, Madame Frederica Mogherini, s’est elle aussi prononcée en faveur d’une telle reconnaissance.
Notre collectivité peut, à l’instar de ce qui s’est passé lors du vote de l’admission de la Palestine à l’Unesco puis comme observateur à l’ONU, envoyer un signal fort au gouvernement français. Sans s’opposer à Israël, cette reconnaissance par la France permettrait un soutien symbolique à la viabilité et au principe même de l’existence d’un Etat palestinien aujourd’hui menacé.
Les plus hautes autorités françaises et les parlementaires sont entrés dans cette démarche. Ainsi :
M. Laurent Fabius, Ministre français des Affaires Etrangères, a résumé la position française sur le sujet à la Conférence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza, le 12 octobre 2014 : « L’objectif est clair : un Etat palestinien indépendant, démocratique, contigu et souverain, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël, sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats ».
Tout récemment, Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale, porteuse d’un des projets de résolution, évoquait au journal le Monde « la préoccupation des députés face à la recrudescence des violences, au blocage total des négociations de paix et à la proposition de résolution palestinienne au Conseil de sécurité des Nations unies »…
Au Sénat, Esther Benbassa pour EELV, ainsi que les sénateurs du Front de Gauche, ont chacun déposé des résolutions allant dans le même sens.
Enfin, Alain Juppé a déclaré le 4 novembre dernier « une décision conjointe des pays de l’Union Européenne reconnaissant l’Etat de Palestine serait bienvenue ».
Pour autant, cette reconnaissance ne pourra être qu’une étape vers la paix effective. Il faudra que les deux Etats trouvent un accord affirmant la fin de la colonisation israélienne, du blocus de Gaza, traitant de la question des réfugiés palestiniens et garantissant le droit à la sécurité des deux Etats dans des frontières sûres et reconnues.
La Région Ile-de-France avait déjà, en mettant en place une coopération décentralisée avec Jérusalem-Est, affirmé une position claire et marqué un acte significatif en faveur de la Palestine.
Par ce vœu, nous invitons le gouvernement français à mettre tout en œuvre pour faire aboutir la solution négociée de deux Etats indépendants et à défendre cela au niveau international, alors qu’une résolution palestinienne sera prochainement débattue au Conseil de sécurité de l’ONU.
Une prise de position déterminée et affirmée de la plus grande région d’Europe enverra en effet un message fort, alors que l’Assemblée Nationale et le Sénat se prononceront très prochainement sur cette question.
Pour toutes ces raisons, le Conseil Régional émet le vœu que :

  • le gouvernement français reconnaisse sans délai la Palestine comme un Etat indépendant, souverain et démocratique, sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats.
  • la France mette tout en œuvre pour faire aboutir la reconnaissance de la Palestine au niveau international et pour arriver à un accord politique de paix juste et durable entre deux Etats indépendants et viables.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Défense
Néonazis dans l’armée : l’insupportable laisser-faire du ministère
Un militaire néonazi, dont le cas avait été évoqué il y a huit mois par Mediapart, a été interpellé en novembre par des douaniers. L’armée, elle, ne l’avait sanctionné que de vingt jours d’arrêts. Ce cas pose une nouvelle fois la question de la grande tolérance de l’institution vis-à-vis de militaires fascinés par le Troisième Reich. D'autant que Mediapart a encore découvert de nouveaux cas.
par Sébastien Bourdon et Matthieu Suc
Journal — Droite
À droite, mais à quel point ? Valérie Pécresse sommée de placer le curseur
La candidate LR à l’élection présidentielle est confrontée à une double injonction : retenir les électeurs d’Éric Ciotti, tentés par un basculement à l’extrême droite, sans rebuter pour de bon la droite « modérée » qu’embrasse Emmanuel Macron. Le premier défi de sa campagne. Et le principal ?
par Ilyes Ramdani
Journal
Condamné par la justice, le ministre Alain Griset quitte le gouvernement
Le ministre délégué chargé des PME a démissionné, mercredi, après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité avec sursis pour avoir menti dans sa déclaration de patrimoine et d’intérêts. Emmanuel Macron lui avait maintenu sa confiance, malgré des éléments accablants. Alain Griset a fait appel de cette décision.
par Sarah Brethes et Ellen Salvi
Journal
Cécile Duflot : le manifeste d’Oxfam pour une fiscalité juste
Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, ancienne ministre et ancienne secrétaire nationale d’EELV, est notre invitée. Elle nous présente, en exclusivité, le manifeste de l’ONG pour une fiscalité juste à l’attention des candidates et candidats à la présidentielle. 
par à l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
Remettre l’école au milieu de la République
Parce qu'elle est centrale dans nos vies, l'école devrait être au centre de la campagne 2022. Pourtant les seuls qui en parlent sont les réactionnaires qui rêvent d'une éducation militarisée. Il est urgent de faire de l'école le coeur du projet de la gauche écologique et sociale. Il est urgent de remettre l'école au coeur de la Nation et de la République.
par edouard gaudot
Billet de blog
Dépense moyenne par élève et étudiant : quand un élève en « vaut » deux
Les choix de dépense publique illustrent une politique : on dépense pour un.e élève de classe prépa plus que pour une écolière et un collégien réunis. Vous avez dit « égalité des chances » ?
par Jean-Pierre Veran
Billet de blog
Au secours ! le distanciel revient…
Le spectre du distanciel hante l'Europe... Mais en a-t-on dressé le bilan ? Les voix des « experts » (en technologies numériques, plutôt qu'en pédagogie) continuent de se faire bruyamment entendre, peut-être pour couvrir la parole des enseignant-e-s... et des élèves.
par Julien Cueille
Billet de blog
On nous parle d'école et de crayons. Nous répondons par Écoles et Crayons
Beaucoup méconnaissent l’enseignement professionnel sous statut scolaire. Ils en sont encore à l’image d’Epinal de l’école où l’élève est assis devant son bureau, un crayon à la main. En cette semaine des Lycées professionnels, Philippe Lachamp, professeur de productique en erea, nous fait partager sa passion et ses craintes pour son métier de Professeur de Lycée Professionnel.
par Nasr Lakhsassi