Négociations avec la Palestine, un but en soi ?

C'est un billet qui était paru le 24 avril 2014 sur mon blog et que je transferts ici où il a plus sa place. C'est une actualité "éternelle" (le supprimant sur mon blog)_________________John Kerry ne vient plus lui-même, mais il continue d’envoyer son représentant personnel Martin Indyk. Une fois de plus une réunion a été organisée entre les représentants du gouvernement d’Israël et l’Autorité Palestinienne, un effort de plus pour obtenir au moins la prolongation des négociations, et une fois de plus ce fut un échec et une fois de plus une annonce par les Américains que les efforts vont se poursuivre. Il n’était pas facile de trouver cette information – les éditeurs de la plupart des médias électroniques ou imprimés ne la considérant pas comme vraiment digne d’intérêt, ce dont on peut difficilement les blâmer.

C'est un billet qui était paru le 24 avril 2014 sur mon blog et que je transferts ici où il a plus sa place. C'est une actualité "éternelle" (le supprimant sur mon blog)

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John Kerry ne vient plus lui-même, mais il continue d’envoyer son représentant personnel Martin Indyk. Une fois de plus une réunion a été organisée entre les représentants du gouvernement d’Israël et l’Autorité Palestinienne, un effort de plus pour obtenir au moins la prolongation des négociations, et une fois de plus ce fut un échec et une fois de plus une annonce par les Américains que les efforts vont se poursuivre. Il n’était pas facile de trouver cette information – les éditeurs de la plupart des médias électroniques ou imprimés ne la considérant pas comme vraiment digne d’intérêt, ce dont on peut difficilement les blâmer.

Dans l’édition du week-end de Yediot Ahronot, Nahum Barnea, a publié cette analyse ironique : “ Tout le monde est malade et fatigué des discussions. Pardon : presque tout le monde. Kerry s’y accroche comme un joueur de casino qui persiste à risquer son argent à la roulette dans l’espoir que, pour une fois, la boule s’arrête sur son numéro. Quand il a accepté la mission, il croyait obtenir un Accord de paix. Puis il a réduit ses ambitions à un Accord cadre, après quoi il les a encore réduites à “une proposition américaine pour un Accord cadre“ et ensuite à de simples “idées“. A la fin, tout le prestige américain s’investit dans un marchandage marginal et douteux (prolonger les négociations pendant quelques mois supplémentaires), qui ne ferait que prolonger la torture mutuelle. Initialement moyen de sceller un accord, les négociations sont devenues un but en soi“.

Pour le Premier ministre Netanyahu il n’y a pas de problème à voir les négociations comme un but en soi, des discussions qui dureront, dureront et ne mèneront nulle part. C’est précisément ce qu’il voulait au début et qu’il veut encore aujourd’hui – être à même de repousser toutes les exigences et critiques et les pressions internationales en murmurant “chut, du calme, nous sommes en négociations avec les Palestiniens, il y a un Processus de paix en cours, s’il vous plait, ne pas déranger“.

Et pas seulement Netanyahu. Il y a aussi le ministre Uri Elitzur, du parti de la Maison juive qui constitue l’extrême droite du cabinet Netanyahu, qui vient de déclarer que lui et son parti ne voient aucun inconvénient à prolonger les négociations “ un an de plus.“ Et pourquoi y verraient-ils un inconvénient ? A l’occasion de Pâques, le leader de la Maison juive, Naftali Bennet a envoyé ses vœux aux membres du parti, se vantant fièrement que pendant la dernière année – dont 8 mois ont été consacrés aux négociations avec les Palestiniens – “ les constructions dans les colonies de Judée Samarie ont augmenté de 123%“. Et le ministre du Logement Uri Ariel, un autre des principaux ministres du même parti, va passer son congé de Pâques en tant qu’invité d’honneur d’un évènement de masse destiné à marquer le rétablissement de la colonie de Homesh au nord de la Cisjordanie qu’Ariel Sharon avait évacuée au cours du “désengagement“ de 2005. Pourquoi alors ne pas continuer les négociations un an de plus, ou même dix ou vingt ans ?

Depuis le tout début des négociations sous les auspices de Kerry, la plupart des Israéliens – comme des Palestiniens- n’entretiennent pas de réel espoir d’un véritable résultat. Le Palestinien inconnu armé d’un fusil et vêtu de gris qui a tendu une embuscade sur la route réservée aux colons près du village d’Idna, était très probablement de ceux qui n’ont jamais vu les négociations comme le moyen de libérer son peuple de l’occupation israélienne.
C’est le superintendant en chef Baruch Mizrahi, qui, après avoir servi plusieurs décennies comme officier dans l’armée, faisait carrière avec succès dans les services de renseignement de la police israélienne qui, passant par là en voiture, fut tué dans l’embuscade, devenant la dernière en date des si nombreuses victimes d’un conflit ininterrompu depuis l’époque de l’empire ottoman dans ce pays.

Mizrahi n’était pas en service, ni militaire ni de police. Il se rendait dans sa voiture personnelle avec sa femme et ses cinq enfants passer la fête de Pâques dans sa belle-famille. Comme de nombreux Israéliens pour qui c’est un des principaux évènements familiaux. “Une attaque terroriste sur le chemin de la fête“ criaient les gros titres. La fête à laquelle Mizrahi et sa famille se rendaient devait avoir lieu chez les parents de sa femme à Kiryat Arba.  

Kiryat Arba n’est pas seulement une communauté de plus. Ce n’est même pas une colonie israélienne de plus en Cisjordanie. Kiryat Arba est un symbole – l’endroit qui vit la naissance du projet colonial dans son ensemble. Kiryat Arba est l’endroit où, durant la première année de l’occupation, le gouvernement travailliste de l’époque céda au rabbin Moshe Levinger et ses compagnons, expropria dans leur intérêt de grandes étendues de terres palestiniennes autour d’Hebron et y établit la première grande colonie de Cisjordanie. C’est là que s’épanouit l’idéologie radicale religieuse-nationaliste. A partir de là, elle prit de l’ampleur au sein de Gush Emunim, le “Bloc de la Foi“ qui se développa en “Conseil de Judée Samarie“ englobant des douzaines puis des centaines de colonies. Et à Kiryat Arba même, les colons ont vécu jusqu’à maintenant, y compris les parents de la femme de  Baruch Mizrahi, et célèbrent chaque année la Pâque et lisent dans l’obscurité profonde l’histoire de la sortie d’Egypte des anciens Hebreux délivrés de l’esclavage. Ils n’en tirent aucune conclusion sur leur propre situation actuelle et leur propre séjour dans une enclave armée étroitement gardée par des soldats au cœur d’un territoire occupé.

La presse israélienne n’a pas accordé beaucoup d’attention à l’histoire et au rôle politique de Kiryat Araba dans sa large couverture de l’attaque dans laquelle Baruch Mizrahi fut tué. Au lieu de cela, les articles se sont concentrés sur les aspects humains, le garçon de trois ans demandant “est-ce que Papa est au paradis maintenant ?“ et la veuve se demandant “ Qui fera rire les enfants maintenant ?“. Qui pourrait garder les yeux secs en lisant ces douloureuses expériences humaines occupant des pleines pages des journaux à grand tirage ? Aucun des soixante cas de Palestiniens tués par des tirs de l’armée l’année passée, l’année des négociations, n’avait incité la presse israélienne à donner la parole à leurs veuves et orphelins. Le maximum qu’on ait pu espérer était que leurs noms soient correctement orthographiés dans les articles.

Le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a dit cette semaine, au cours d’une rencontre avec des parlementaires des partis travailliste et Meretz, qu’il était prêt à prolonger les négociations avec Israël – mais à condition que ce ne soit pas négocier pour négocier mais pour s’attaquer vraiment aux questions concrètes. En particulier, les négociations devraient se focaliser sur les futures frontières entre l’Etat d’Israël existant et l’Etat de Palestine à créer et le Premier ministre Netanyahu devrait enfin daigner commencer à dessiner des frontières sur une carte. Ce serait une idée tout à fait logique – à supposer que Netanyahu parlait sérieusement lors de son fameux discours de Bar-Ilan – au cours duquel il a en 2009 pour la 1ère fois évoqué un Etat palestinien ndt- et en plusieurs autres occasions. On peut logiquement attendre de quelqu’un qui se dit d’accord pour l’établissement d’un état palestinien qu’il indique où exactement cet état doit être établi, n’est-ce pas ? Apparemment non.

Le seul médiateur?

Depuis le milieu des années 1970, les Etats Unis ont assumé le monopole de la médiation entre Israéliens et Arabes, Israéliens et Palestiniens. Nous nous y sommes habitués comme à un fait acquis essentiel – bien qu’à y regarder objectivement, ce soit un phénomène des plus étrange. En aucun cas dans un différend commercial l’associé d’une des parties ne pourrait accéder au statut d’arbitre impartial.

Les Etats Unis avaient un avantage et un seul, sur tout autre négociateur possible : ils étaient considérés comme le seul acteur dans l’arène internationale ayant le pouvoir d’imposer un arbitrage à Israël, son proche allié. A la différence des médiateurs de Scandinavie, ou des NU ou de l’UE  dont la seule option serait de faire la navette entre les parties, parlant aux Israéliens et aux Arabes, et de proposer la solution qui leur paraîtrait raisonnable et équitable – qui rejoindrait finalement dans les archives les textes jaunis de douzaines de propositions antérieures faites par des douzaines de médiateurs précédents. Les Etats Unis étaient supposés appartenir à une catégorie toute différente. D’ailleurs ils avaient prouvé qu’ils étaient capables de faire sortir Israël d’un territoire occupé.

En 1957, le Président Eisenhower avait obtenu le retrait de l’armée israélienne de la péninsule du Sinaï et de la bande de Gaza au moyen de pressions exercées ouvertement et affichées publiquement. C’était la préhistoire, avant qu’Israël n’ait conclu une solide alliance politique et militaire avec les USA et n’ait achevé la construction de leviers puissants au sein du système politique américain. Plus tard, les Etats Unis obligèrent Israël à quitter le Sinaï pour la deuxième fois, par un processus plus graduel et subtil qui débuta en 1974 avec Henry Kissinger et se termina en 1978 avec Jimmy Carter. Le prix payé par l’Egypte pour récupérer le Sinaï était évident : le plus grand et plus puissant pays du monde arabe, qui avait été durant des décennies un allié essentiel de l’Union Soviétique, changea de camp pour devenir un allié essentiel des Etats Unis.

La Syrie se vit offrir plusieurs fois un marché similaire, récupérer le Golan occupé par Israël en échange d’un serment d’allégeance à Washington. Assad Senior et Assad Junior ne rejetèrent jamais d’emblée ces approches, mais n’acceptèrent jamais, en fin de compte, de changer fondamentalement les allégeances internationales de la Syrie. Ainsi, les hauteurs du Golan sont restées entre les mains d’Israël jusqu’à maintenant, à l’exception de la ville de Quneitra que Kissinger rendit aux Syriens à titre de hors d’œuvre en 1974. Aujourd’hui, bien sûr, personne ne peut deviner quel sera le futur gouvernement de la Syrie et quelles pourraient être ses orientations internationales.

En ce qui concerne les Palestiniens, l’expérience des vingt dernières années en général et des derniers mois en particulier indique clairement que les Etats Unis soit ne veulent pas, soit ne peuvent pas “tenir leurs promesses“ et faciliter la création d’un état palestinien qui serait un allié loyal des Américains au Moyen Orient. Il faut noter, bien sûr que les Palestiniens – au moins la direction de l’OLP et du Fatah -  se sont en fait déjà mis en 1993 dans la poche des Etats Unis, en échange d’un gain mineur, l’établissement d’une Autorité Palestinienne sans pouvoir, dans l’ombre de l’occupation israélienne permanente.

Si les Américains avaient voulu offrir aux Palestiniens la pleine libération du joug de l’occupation, ils avaient la possibilité d’entrer plus profondément dans les racines de la société palestinienne, peut-être guérir les jeunes Palestiniens de leur habitude de brûler régulièrement le drapeau américain. Mais apparemment, ces considérations n’avaient pas assez de poids aux yeux de générations de décideurs politiques pour justifier une confrontation avec le gouvernement d’Israël et ses soutiens au Congrès…  

Quelles que soient les considérations et les raisonnements, la vérité est tout à fait claire. Le gouvernement US – quels que puissent être le Président et le Secrétaire d’Etat – est clairement incapable d’offrir aux Palestiniens ce que Kissinger et Carter ont donné à l’Egypte. Et ceci annihile son unique justification pour être le seul médiateur entre Israël et les Palestiniens. Il faudra trouver autre chose.  

Des questions – et quelques réponses
 
- Quelles sont les chances pour que John Kerry parvienne à rafistoler l’accord permettant de prolonger les négociations (ou ce que l’on désigne sous ce terme) jusqu’à la fin de l’année ? Dans la situation présente, les chances sont très faibles – mais dans notre région tout est possible.      

- Et si, après tout, les négociations reprennent, quelle chance y a-t-il pour que Kerry parvienne à profiter des 7 mois supplémentaires pour élaborer un Accord cadre, le faire accepter par les deux parties, le transformer en un Accord de paix détaillé avec engagement sur un calendrier de mise en œuvre et le mettre en œuvre effectivement sur le terrain ? En toute logique, une chance encore beaucoup plus faible. Il est beaucoup plus probable que, si les négociations reprennent, elles se poursuivront de façon léthargique, inutilement pendant quelques mois pour finalement s’effondrer à la prochaine crise.

- Dans l’hypothèse où les efforts de Kerry aboutiraient à un échec sans équivoque et irréversible, quelle chance y a-t-il pour que le prochain Président fasse une nouvelle tentative pendant son mandat qui inclura la date symbolique de 50 ans d’occupation en 2017 ? Il est très difficile de prévoir qui peut gagner les élections présidentielles de novembre 2016, de quel parti, avec quel programme et quelle politique. Mais qui que ce soit, on peut logiquement supposer qu’il(elle) ne sera pas enthousiaste pour replonger dans ce bourbier.

- Quelles sont les chances pour qu’il y ait à nouveau en Israël un gouvernement recherchant la paix qui prendrait de son propre chef une initiative de paix indépendante et ferait aux Palestiniens une offre acceptable ? Telles que les choses se présentent, les chances sont très faibles. Les partisans d’une initiative de paix audacieuse constituent une minorité de gauche en Israël. La plupart des citoyens israéliens sont convaincus que la paix est tout simplement impossible. Dans le passé, ils ont porté au pouvoir Yitzhak Rabin - et il a été assassiné. Ils ont porté au pouvoir Ehud Barak qui se proclamait successeur de Rabin – et a clairement prouvé qu’il ne l’était pas. Ils ont fait confiance à la proposition d’Ariel Sharon d’un retrait unilatéral – qui n’a pas été spécialement couronnée de succès. Il n’y aura probablement pas d’autre occasion. On ne peut guère s’attendre à ce que les citoyens israéliens portent à nouveau au pouvoir un Premier ministre prêt à faire la paix et/ou à l’abandon de territoire.  

- D’un autre côté, si le gouvernement israélien était amené sous la pression internationale à signer un accord avec les Palestiniens, quelle chance y aurait-il pour que les citoyens israéliens soutiennent ce fait accompli via un referendum ou des élections ? Là, une chance raisonnable et même une forte chance. Toustes les enquêtes d’opinion en Israël indiquent qu’une majorité est prête à accepter un accord de paix comportant le renoncement à la totalité ou la plupart des territoires occupés en 1967 – tout en exprimant un très grand scepticisme sur la possibilité d’aboutir un tel accord dans la réalité. C’est une majorité très passive, une majorité qui ne lèverait pas le petit doigt pour promouvoir la paix, ni ne manifesterait ou n’irait voter pour des partis à la recherche de la paix. Mais si un accord devait être présenté aux citoyens israéliens comme un fait acquis, il y a de bonnes raisons de penser que seule une minorité religieuse-nationaliste de droite s’y opposerait sérieusement. Bien sûr, pour en arriver là, il faudrait une force extérieure volontaire et capable d’imposer cet accord. Qui, sinon les Américains ?

- Le chemin sur lequel le Président Mahmoud Abbas a engagé les Palestiniens en signant les documents pour leur accession à quinze conventions internationales mène à une collision frontale avec le gouvernement d’Israël – mais sous une forme différente de ce que nous avons connu auparavant. La confrontation devrait avoir lieu principalement dans l’arène internationale, accompagnée sur le terrain par la Résistance populaire – c’est à dire manifestations de Palestiniens au contact de l’armée et des colons, l’armée s’y opposant avec des gaz lacrymogènes et parfois des tirs à balles réelles, et les Palestiniens répondant avec des pierres et parfois des cocktails Molotov. Serait-il possible d’empêcher la répétition de ce qui s’est passé en 2000-2001, une escalade rapide vers un bain de sang ?

- La diplomatie internationale serait le fer de lance de l’effort palestinien – une tentative pour faire de l’Etat de Palestine un fait solide en droit international, dans l’espoir qu’il le devienne finalement, aussi sur le terrain. L’affrontement dans l’arène diplomatique internationale culminerait probablement avec un appel à la Cour pénale internationale, des poursuites contre des officiers israéliens pour des actes commis dans les territoires palestiniens, et contre les dirigeants du projet des colonies dont les activités violent le droit international. Et l’arme fatale des Palestiniens serait la menace – qui pourrait se révéler plus qu’une menace – de dissoudre l’Autorité Palestinienne et de “remettre les clés“ à Israël, lui imposant ainsi la charge financière et administrative de la gestion de la vie quotidienne des habitants, enlevant la feuille de vigne de “l’auto-gouvernement palestinien“ et mettant Israël devant le choix de se retirer des territoires occupés ou de les annexer et accorder les droits civils à leurs habitants.

- En même temps, on peut s’attendre à toutes sortes d’initiatives informelles et de pressions à l’échelle mondiale : élargissement de la campagne BDS, ses partisans appelant au boycott économique, culturel, académique et à toutes autres sortes de boycott d’Israël ; multiplication des initiatives contre les colonies et tout ce qui est lié aux colonies de la part de groupes appartenant aux secteurs traditionnels – y compris peut-être d’ entreprises respectables européennes ou autres. L’Union Européenne peut finalement franchir le pas de marquer systématiquement tous les produits des colonies entrant sur le marché européen, afin d’alerter les acheteurs – et peut-être prendre d’autres mesures plus drastiques. Quant au gouvernement des Etats Unis, on pourrait s’attendre de sa part à ce qu’on appelle une politique de “laisser faire indulgent“ – consistant à observer de l’extérieur tous ces mouvements et à s’abstenir d’utiliser les leviers dont il dispose pour les bloquer.  

- Est-ce que toutes ces pressions cumulées seraient suffisantes pour provoquer dans un avenir prévisible la fin de l’occupation, le retrait de l’armée israélienne des territoires occupés et la signature d’un accord de paix entre l’Etat d’Israël existant et l’Etat de Palestine à créer ?

- Ou allons-nous devoir marquer le cinquantième anniversaire de l’occupation en 2017, et le soixante-quinzième en 2042, et peut-être le centième en 2067 ? Bien sûr, on peut supposer qu’on ne l’appellera plus “occupation“ et qu’on ne fera plus semblant de  la considérer comme “temporaire“. L’occupation temporaire sera devenue un Apartheid permanent, bien qu’on puisse s’attendre à ce que quelqu’un invente un nouveau mot hébreu original pour “Apartheid“. S’il n’y a personne pour sauver Israël de lui-même, cette situation pourrait persister tant qu’Israël garde une supériorité militaire au Moyen Orient et tant que les Etats Unis dominent le monde et peuvent et veulent soutenir Israël et les politiques israéliennes. L’histoire montre qu’aucune hégémonie militaire, régionale ou globale, ne dure éternellement.

- Est-ce que nos efforts doivent être conditionnés à nos chances de succès ? Absolument pas. Nous tous – Palestiniens sous occupation, chercheurs de paix et opposants à l’occupation en Israël, et tous ceux qui se sentent concernés de par le monde, avons le devoir de faire tout ce que nous pouvons, quelle que soit notre contribution. Il n’y a pas d’autre choix.

Texte de Adam Keller, Israëlien, traduit par Philippe Luxereau - médecin Français, intervenant à ce titre en Palestine -, original en anglais sur le site d'Adam Keller, le 19 avril 2014, sa page facebook est en hébreu…

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