La fronde des Grands Prix du Festival d'Angoulême

L'an passé, déjà, le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême avait été secoué par une polémique autour du mode de désignation du Grand Prix... au moment du vote. Cette année, la fronde démarre deux semaines avant le début de la 41ème édition avec le refus de plusieurs auteurs membres de l'Académie des Grands Prix de participer au scrutin à venir.

L'an passé, déjà, le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême avait été secoué par une polémique autour du mode de désignation du Grand Prix... au moment du vote. Cette année, la fronde démarre deux semaines avant le début de la 41ème édition avec le refus de plusieurs auteurs membres de l'Académie des Grands Prix de participer au scrutin à venir.

Ce n’est pas une première. Depuis sa création en 1974, le premier festival européen consacré à la bande dessinée est régulièrement aux centres de vifs débats : en 2005, l’auteur Joann Sfar adresse une lettre aux organisateurs, reprochant à ces derniers une sélection d'albums inappropriée, composée en grande partie d'albums américains ou japonais datant de dix ou parfois vingt ans ; en 2009, Gilles Ciment interdit l'accès des mineurs non accompagnés à l'exposition des dessinateurs sud-africains du collectif Bitterkomix, qui présentait des images à caractère pornographique ; des soupçons pèsent sur son financement et sa légalité ; en 2010, le festival suscite la polémique à la fois sur le plan artistique et sur le volet financier (sur fond de désengagement de l’Etat et de querelle entre les collectivités locales et Neuvième Art+, la société organisatrice du FIBD), jusqu’à poser la question qui fâche : le festival aura-t-il lieu ?

En 2012, la question des subventions (sujet récurrent) allouées au festival crée de nouveau la controverse : alors que le président du conseil général de Charente avait décidé de réduire de 50% le montant de la subvention au festival de bande dessinée et de réinvestir l’autre moitié dans la Cité de la BD, l’opposition a vote contre cette attribution,  l’estimant insuffisante…

Cette année, à quelques semaines de son ouverture, le FIBD s’offre une nouvelle discorde liminaire… à ceci près qu’elle émane des membres de l’Académie des Grands Prix. Dont le Président du festival 2014, Willem. Depuis 2013, une pré-liste est soumise par les organisateurs aux membres de l’Académie des Grands Prix présents sur le festival. Mais cette année, un second collège formé de professionnels du secteur viendra compléter le vote, après pondération des suffrages. Des changements à répétition reprochés à la société organisatrice Neuvième Art+ par les plus illustres figures de la bande dessinée francophone.

Les « frondeurs » s’appellent Florence Cestac, Willem, Philippe Druillet... Ce dernier ayant le sentiment d’être « mis de côté » à cause des modifications successives du mode de désignation du Grand Prix.

Le texte:

 « Les auteurs signataires, membres de l'Académie des Grands Prix, regrettent la décision prise par les organisateurs du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême de modifier le mode de désignation du Grand Prix. Ils ont donc choisi de suspendre, cette année, leur vote dans le cadre de l'Académie. Ils restent néanmoins attachés au Festival d'Angoulême (et à la région Poitou Charente), et voteront ou s'abstiendront à titre individuel, avec l'ensemble de la profession. »

Les signataires : Florence Cestac, Willem, Philippe Druillet, José Munoz, Enki Bilal, François Schuiten, René Pétillon, André Juillard, Daniel Goossens, Frank Margerin, Philippe Vuillemin, Martin Veyron, Jean-C. Denis, Baru, François Boucq, Philippe Dupuy.

 

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